Peuples Solidaires a organisé, ce jeudi 8 décembre, une action de rue en plein cœur de Paris afin de sensibiliser le grand public aux conditions de travail des ouvrières de l’industrie du jouet. En chef de fil, Barbie ! Devant les journalistes, elle s’est dite « en colère ! » et demande des comptes aux multinationales responsables qui « doivent agir pour permettre le respect des droits des ouvrières et la sauvegarde de leur dignité ». Elle appelle les Français-ses à signer l’Appel Urgent que Peuples Solidaires a lancé dans le but de mettre tous les acteurs de la filière jouet autour de la table.
Retrouvez ici la vidéo de l’action !

Happening « Barbie fabriquée en enfer » organisée par Peuples Solidaires le jeudi 8 décembre à Paris.
« Barbie est en colère ! JE suis en colère ! NOUS sommes en colère ! TOUS les jouets fabriqués en Chine sont en colère !
« Pourquoi ? Parce que les ouvrières qui nous fabriquent à des millions d’exemplaires dans des usines en Chine sont exploitées et malheureuses ! Voilà pourquoi !
« Avec mes amis de Peuples Solidaires et de la SACOM, je viens vous exprimer ma colère et mon indignation. Et j’ai fait le voyage de très loin pour vous le dire. J’ai parcouru des plaines et des forêts entières, j’ai escaladé des montagnes et traversé des fleuves car je suis scandalisée ! Je viens d’une usine, en Chine, qui violent quotidiennement les droits des ouvrières. J’ai réussi à fuir cet enfer en m’échappant de cette usine où la dignité de mes mamans, les ouvrières, est constamment bafouée.
« Les ouvrières travaillent, à la chaîne, jour et nuit, tout en étant payée au lance-pierre. Leur revenu ne leur assure même pas le minimum vital ! Car elles ne gagnent en moyenne que 3,50 euros par jour pour des journées allant souvent jusqu’à 15h, et les heures supplémentaires ne leur sont pas rémunérées. Vous trouvez ça normal ? L’usine leur met illégalement des amendes pour ne pas porter de blouse, pour être arrivée en retard, et même rien que pour avoir parlé !
« Avec d’autres copines Barbies révoltées : on leur a demandé pourquoi est-ce qu’elles ne parlent pas ? Pourquoi toutes les ouvrières du jouet ne se réunissent pas pour se défendre ? Facile à dire ! La liberté syndicale n’existe pas… Lorsqu’un mouvement syndical commence à se constituer, il est immédiatement maté. La direction ne tolère aucune protestation et la plupart du temps elle a la mainmise sur le syndicat. Cette situation perdure depuis de nombreuses années. Les jouets sont produits à des millions d’exemplaires… mais à quel prix ? En Chine, plus de 100.000 personnes meurent chaque année de blessures survenues sur leurs lieux de travaillent, à cause de l’insuffisance des mesures de sécurité. Le harcèlement physique et moral est monnaie courante. Et ça va parfois très loin.
« En juin dernier, Nianzhen Hu, une ouvrière d’un des fournisseurs chinois de la multinationale Mattel, s’est donnée la mort sur son lieu de travail. Alors que fait-on ? On attend les bras croisés que les ouvrières meurent une par une par épuisement ? On laisse faire les usines et les multinationales du jouet ? Oui parce qu’il est bien là le problème ! Les usines ne peuvent pas faire respecter les droits des ouvrières : les conditions de production et les délais imposés par les multinationales sont tellement contraignantes ! Et ces conditions sont d’autant plus contraignantes à la veille de Noël, où les jouets sont vendus par millions. C’est à ces multinationales-là de prendre leurs responsabilités. Est-ce qu’on doit les laisser faire ?
« Eh bien moi et tous les jouets fabriqués en Chine nous avons décidé de nous révolter ! Nous demandons des comptes aux multinationales responsables ! Il est temps que les multinationales du jouet agissent pour permettre le respect des droits des ouvrières et la sauvegarde de leur dignité ! »
L’action a été précédée d’une conférence de presse pendant laquelle une ex-ouvrière de Mattel a apporté son témoignage. Également à l’ordre du jour de cette conférence : la publication des résultats d’un sondage exclusif réalisé par Peuples Solidaires.








