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Costa-Rica, Honduras : Fyffes viole les droits dans ses plantations de melon

Lundi, May 1, 2017 - 19:23

Aujourd'hui, 1er mai, journée internationale des droits des travailleur·se·s, nous lançons un appel pour faire pression sur la multinationale Fyffes afin qu'elle mette un terme aux violations graves des droits commises dans les plantations de melon de ses filiales au Costa-Rica et au Honduras. 

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Au cours de l’année passée, nous avons prouvé que les ouvrier.ères travaillant dans ces plantations étaient exposé.e.s à des produits chimiques dangereux. En décembre 2015, une centaine d’ouvrières a subi un empoisonnement et 14 d'entres elles ont été hospitalisées après avoir été exposées à des pulvérisations de chlore. 

Les menaces, le harcèlement et le renvoi de syndicalistes se sont également multipliés. Il y a quelques jours un dirigeant du syndicat des travailleurs de Fyffes au Honduras a échappé à une tentative de meurtre alors qu'il était en première ligne d'une lutte pour de meilleures conditions de travail. 

Intoxications aux produits chimiques

Les ouvrier.ères sont aussi exposé.e.s à des produits chimiques dangereux. Beaucoup signalent des maux de tête, des maladies ainsi que des fièvres. Les employé.e.s dénoncent un manque d’informations sur les dangers de l’exposition aux pesticides.

En décembre 2015, une centaine d’ouvrières a subi un empoisonnement et 14 ont été hospitalisées après avoir été exposées à des herbicides et des pulvérisations de chlore suite à un épandage dans un terrain adjacent alors qu’un vent fort soufflait dans la mauvaise direction.

Atteintes graves aux libertés syndicales

Au Costa Rica, à Anexco, les négociations entre les syndicats locaux et la direction organisées par le ministère du Travail costaricain ont échoué. Les syndicats constatent la mauvaise volonté de l’entreprise de se conformer aux normes fondamentales de travail inscrites dans la législation.

Dans le cas de l’entreprise Suragroh, au Honduras, Fyffes est accusée d’infractions au Code de conduite de l’Initiative pour un Commerce éthique (ETI) dont elle est membre mais refuse de participer à la médiation proposée pour remédier à cette situation. L’inspection du travail hondurienne dénonce également le non-paiement de salaires minimaux et autres avantages sociaux. De plus, les ouvrier.ère.s doivent fournir leur équipement (binettes, machettes, chaussures...) dont le coût peut représenter une semaine de travail.

La multinationale Fyffes doit réagir

Ces cas illustrent le fait que la multinationale Fyffes ne respecte pas les principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales, en particulier le droit des salarié.e.s à mandater des syndicats et des organisations représentatives de leur choix afin de les représenter lors de négociations collectives, et d’engager, soit individuellement, soit par l’intermédiaire d’associations d’employeurs, des négociations constructives en vue d’aboutir à des accords sur les conditions d’emploi. Jusqu’ici, malgré nos demandes et celles de nos partenaires, l’entreprise a échoué à prendre ses responsabilités au Costa Rica et au Honduras. Le fait que l’entreprise Fyffes vienne d’être rachetée par le groupe japonais Sumitomo, également connu pour les violations des droits des travailleurs.ses de la banane dans les plantations aux Philippines, n’est pas pour rassurer celles et ceux qui luttent pour le respect des droits humains. Plus que jamais, nos partenaires en appellent donc à la solidarité internationale pour se faire entendre et faire respecter les droits des travailleuses précaires des plantations.

Nos demandes

La multinationale Fyffes doit garantir le respect des droits dans les plantations où elle se fournit. 

Nous demandons que les actionnaires et les responsables de Fyffes permettent aux travailleurs et travailleuses des chaînes d’approvisionnement de l’entreprise d’adhérer à un syndicat et de pouvoir participer à des négociations collectives, notamment pour défendre le droit à un salaire décent. 

Nous déplorons le refus systématique de Fyffes de reconnaître ou de négocier avec des syndicats, représentants légitimes des travailleurs et travailleuses. L’enseigne a notamment discriminé des membres d’Anexco (une plantation d’ananas au Costa Rica) et Suragroh (une entreprise de melon au Honduras) en raison de leur appartenance syndicale.

Nous exigeons que Fyffes assure que la direction des plantations :

  • mette fin à la discrimination des salarié∙e∙s syndiqué∙e∙s à Anexco (Costa Rica) et Suragroh (Honduras)
  • reconnaisse les syndicats tant à Anexco (Costa Rica) qu’à Suragroh (Honduras) et s’engage dans des négociations collectives avec ces syndicats.

Nous demandons aux actionnaires et responsables de Fyffes d’établir et de mettre en œuvre une politique d’entreprise ambitieuse garantissant le respect des droits des ouvrières et ouvriers tout au long de la chaîne d’approvisionnement, notamment le droit de rejoindre un syndicat indépendant pour participer à des négociations collectives.

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