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Le témoignage de Karpagam, travailleuse domestique en Inde

Jeudi, June 15, 2017 - 19:25

Karpagam, 39 ans, vit avec son mari, son fils et sa fille à Perumbakkam, dans le district du Chennai, Etat de Tamil Nadu en Inde. Elle a commencé le travail domestique à l’âge de 18 ans.

"En 2003, notre famille a été obligée de quitter Adyar, lieu central pour nos activités quotidiennes, le travail et l’école de nos enfants. Nous avons dû emménager dans un complexe à multiples étages à Perumbakkam, à 20km d’Adyar, et avons perdu notre accès à l’emploi.

Après de longues recherches, j’ai trouvé un emploi en tant que travailleuse domestique à 1,5 km de la maison. Je marche une longue distance chaque jour. Ma rémunération mensuelle de 4500 Roupies indiennes [environ 62,5 euros] contribue à l’éducation de mes enfants car celle de mon mari est irrégulière en raison de son alcoolisme. Mais cet argent ne suffit pas.

Heureusement, avec le soutien d’ActionAid, CWM a organisé un programme de formation des travailleuses domestiques dans notre région. Les facilitateurs·rices nous ont aidées à nous interroger sur notre propre travail et les conditions dans lequel il s’exerce. Nous étions 120 personnes à se confronter aux mêmes problématiques de salaires bas, et à réaliser que nous ne bénéficions pas de temps de repos hebdomadaire, de congés payés, de primes, de services de santé et de dignité au travail. Nous avons ensemble priorisés nos problématiques et décidé de négocier des congés payés avec nos employeurs.     

Nous avons répété comment nous allions négocier avec nos employeurs.

j’ai pu négocier pour la première fois l’obtention de congés auprès de mon employeure.

Elle n’a pas du tout apprécié, m’a menacée de me virer et de me remplacer par une autre personne. Mais les autres travailleuses ont refusé de travailler pour elle et m’ont toutes soutenue. Finalement, la Dame a accepté de m’accorder trois jours de congés payés par mois. Les autres travailleuses ont aussi réussi à négocier et obtenir ce droit. Nous sommes heureuses d’avoir également obtenu un jour de repos hebdomadaire qui nous permet de nous remettre de notre épuisement." Des collectifs de travailleuses domestiques ont été formés pour défendre leurs droits et des salaires minimums au niveau régional et national. 

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