Appels urgents

321 – Chine: Bienvenue dans le monde (pas si) merveilleux de Disney

Comme des millions d’hommes et de femmes, Disney vous a sans doute fait rêver lorsque vous étiez enfant. Comme des millions de personnes, vous connaissez, et appréciez sans doute l’espiègle souris Mickey, ou encore Winnie, l’ourson gourmand. Le succès de l’entreprise Disney a aussi de quoi faire rêver :

  • Plus de 35 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2008,
  • Des milliers de produits de consommation (jouets, meubles, montres, stylos, livres, vêtements etc),
  • Des centaines de chaînes de télévision, des sites Internet, des services de téléphonie mobile, de labels musicaux, des jeux vidéo, des magazines, des films, etc.
  • 5 parcs d’attractions en Californie, en Floride, à Tokyo, à Paris et à Hong Kong.

Mais derrière la magie Disney, une ONG chinoise, la SACOM (Association des étudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises ) a découvert un autre univers en enquêtant en octobre et novembre 2007 chez deux fournisseurs de Disney situés dans la province du Guangdong, dans le Sud de la Chine.

Dans les usines de Tianyu Toys et Yonglida Toys, des centaines d’ouvriers chinois, majoritairement des femmes, fabriquent pour Disney des peluches et autres jouets à l’effigie des personnages de la marque, dans des conditions extrêmement dures et dangereuses.

• Jusqu’à 15 heures de travail par jour

Tianyu Toys impose une journée de travail de 12 à 15h. Il n’est pas rare que la journée finisse à minuit. Pendant la saison haute, lorsque les commandes affluent, les ouvriers ne sont même pas autorisés à prendre de jours de repos. Chez Yonglida,des conditions similairesont pu être observées, et les ouvriers manquent tous de sommeil.

• Des salaires de misère

Chez Tinayu Toys, une ouvrière en charge de la couture finale des peluches « Winnie l’ourson » gagne à peine 1 centime d’euro par pièce fabriquée. Pour atteindre des salaires à peu près soutena

bles, les ouvriers sont contraints de faire de nombreuses heures supplémentaires. La direction impose en outre des quotas de production, et si les ouvriers ne les atteignent pas, ils ne sont tout simplement pas payés.

« Pendant la saison basse, je gagne à peine 48 à58 euros par mois , ce qui est bien en dessous du salaire minimum légal qui est de 67 euros par mois .. L’hébergement et la nourriture me coûtent 12,6 euros , ce qui correspond à peu près à un quart de mon salaire, automatiquement déduit de ma paye. Le reste me suffit à peine pour vivre… ».

Ouvrière du département assemblage de Tianyu Toys

• Des conditions de travail dangereuses

Dans l’atelier « peinture » de Tianyu Toys, les ouvriers souffrent de la chaleur insoutenable qui règne dans les locaux. Les ventilateurs restent généralement éteints, pour « préserver

la qualité de la

peinture et du produit fini ». Les ouvriers disent souffrir de graves maux de tête et d’estomac tant ces odeurs sont insupportables

• Des dortoirs insalubres

Chez Yonglida, les ouvriers dorment dans des dortoirs exigus et surpeuplés. Chaque dortoir accueille ainsi entre 8 et 16 ouvriers. L’odeur dans les toilettes communes est abominable et les locaux sont infestés de rats et autres vermines.

Selon Disney, le respect des droits humains chez ses fournisseurs est au centre de ses préoccupations. À l’instar des autres grandes multinationales du jouet, Disney s’est dotée dès 1996 d’un Code de conduite, à destination des fabricants qui contient la liste des exigences de la société en matière notamment de droits de l’Homme au travail et qui couvre l’ensemble des droits fondamentaux des travailleurs. Il a été traduit en 50 langues, accompagné de milliers de formations, et de dizaines de milliers d’audits sociaux, réalisés dans plus de 50 pays à travers le monde, y compris en Chine.

Et pourtant, les enquêtes le prouvent, ces dispositions ne sont pas appliquées. Alors, d’où vient le problème ?

La Walt Disney Company s’engage à promouvoir et maintenir des pratiques internationales de travail responsables tout au long de sa chaîne d’approvisionnement (…) et partout dans le monde .

Extrait du Site internet de Disney

• Des ouvriers qui n’ont pas voix au chapitre

Chez Tianyu et Yonglida Toys, aucun des ouvriers interrogés par la SACOM n’avait jamais entendu parler du Code de Conduite Disney… pire, chez Tianyu Toys, l’enquête de la SACOM révèle que, en prévision des audits, la direction avait préparé une série de questions-réponses types à destination des travailleurs. Des sessions de formation destinées à leur apprendre comment répondre « correctement » aux questions des auditeurs ont même été organisées. Les employés étaient prévenus : « s’(ils) répond(aient) mal aux questions des auditeurs, (l’usine) perdrait des commandes et (ils) perdr(aient) leur emploi »…

En Chine, les travailleurs ne sont pas libres de former des syndicats de leur choix ou d’y adhérer, puisque le gouvernement n’a pas souscrit aux normes fondamentales de l’Organisation internationale du travail sur la liberté d’as

sociation et de négociation collective. Or, les organisations de la société civile le martèlent depuis des années : pour que les droits des travailleurs soient réellement respectés dans les pays producteurs, il faut avant tout que les travailleurs connaissent leurs droits et qu’ils soient en mesure de les défendre eux-mêmes
C’est pourquoi nous demandons au PDG de Disney:

  • de favoriser la création de mécanismes de représentation des travailleurs chez tous les fournisseurs de Disney ;
  • d’engager un dialogue sérieux avec Peuples Solidaires, la SACOM et les organisations syndicales internationales, en vue d’améliorer sa responsabilité sociale tout au long de sa chaîne d’approvisionnement en Chine et dans d’autres pays.

Des pratiques d’achat coupables

Certes, la responsabilité des bas salaires revient en tout premier lieu aux fournisseurs eux-mêmes, qui violent la législation de leur pays en même temps que les dispositions internationales et celles du Code de conduite de Disney. Mais les multinationales comme Disney doivent reconnaître que leurs pratiques d’achat, et en particulier, la pression exercée pour obtenir des prix toujours plus bas, constituent un obstacle majeur à l’amélioration des salaires dans les chaînes d’approvisionnement du secteur du jouet.
C’est pourquoi nous demandons au PDG de Disney:

  • d’augmenter le prix à la commande afin de permettre à ses fournisseurs de payer un salaire décent aux ouvriers

Comme des millions d’hommes et de femmes, Disney vous a sans doute fait rêver lorsque vous étiez enfant. Comme des millions de personnes, vous connaissez, et appréciez sans doute l’espiègle souris Mickey, ou encore Winnie, l’ourson gourmand. Le succès de l’entreprise Disney a aussi de quoi faire rêver :

- Plus de 35 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2008,

- Des milliers de produits de consommation (jouets, meubles, montres, stylos, livres, vêtements etc),

- Des centaines de chaînes de télévision, des sites Internet, des services de téléphonie mobile, de labels musicaux, des jeux vidéo, des magazines, des films, etc.

- 5 parcs d’attractions en Californie, en Floride, à Tokyo, à Paris et à Hong Kong.

Mais derrière la magie Disney, une ONG chinoise, la SACOM (Association des étudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises[1]) a découvert un autre univers en enquêtant en octobre et novembre 2007 chez deux fournisseurs de Disney situés dans la province du Guangdong, dans le Sud de la Chine.

Dans les usines de Tianyu Toys et Yonglida Toys, des centaines d’ouvriers chinois, majoritairement des femmes, fabriquent pour Disney des peluches et autres jouets à l’effigie des personnages de la marque, dans des conditions extrêmement dures et dangereuses.

  • Jusqu’à 15 heures de travail par jour

Tianyu Toys impose une journée de travail de 12 à 15h. Il n’est pas rare que la journée finisse à minuit. Pendant la saison haute, lorsque les commandes affluent, les ouvriers ne sont même pas autorisés à prendre de jours de repos. Chez Yonglida, des conditions similaires ont pu être observées, et les ouvriers manquent tous de sommeil.


[1] Students and Scholars Against Corporate Misbehaviour, http://sacom.hk/



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