C’est en présence d’Iris Munguia, syndicaliste latino-américaine, de Renwick Rose représentant de petits producteurs des Caraïbes, des membres des 4 organisations à l’initiative de la campagne Le Juste Fruit ! (Peuples Solidaires/ActionAid, Bananalink, Nazemi, Banafair) et des bénévoles que nous avons remis le 20 juin devant la Commission Européenne (CE) les 14 404 signatures recueillies depuis le lancement de la pétition STOP aux pratiques d’achat abusives des supermarchés : dignité au travail dans les plantations !
Ce sont les revendications de près de 60 000 travailleuses et travailleurs des plantations de banane et d’ananas qui ont été mises à l’honneur devant la CE. Un caddie géant renversé, représentant la grande distribution, emprisonnait une banane et un ananas en colère et sous l’emprise du pouvoir des supermarchés. Autour de ces fruits : des citoyen-ne-s, des représentant-e-s de la société civile venus soutenir le combat des travailleuses et des travailleurs pour défendre leurs droits et mettre fin aux violations des droits humains au travail persistantes dans les plantations.
«Si je suis ici aujourd’hui, c’est pour faire entendre la voix des travailleuses et des travailleurs syndiqué-e-s et non syndiqué-e-s et faire valoir leurs droits. La grande distribution est prête à tout pour faire baisser les prix et néglige ainsi la santé et les salaires de celles et ceux qui travaillent dans les plantations. Cela n’est plus acceptable ! La Commission Européenne doit prendre conscience des conditions de production des bananes et des ananas et agir pour empêcher les supermarchés d’abuser de leur pouvoir ! », Iris Munguia, Coordinatrice de la COLSIBA (Coordination latino-américaine des travailleuses et travailleurs de la banane et autres produits agro-industriels).
Les 14 404 signatures recueillies témoignent du réel intérêt porté par les citoyennes et les citoyens quant aux conditions de productions dans les filières banane et ananas. Les consommateurs-rices s’inquiètent des conséquences dramatiques (salaires bas, discriminations faites aux femmes, utilisation massive de pesticides entrainant des conséquences sur la santé de la main d’œuvre agricole et des populations, etc.) dues à la pression exercée par les supermarchés sur ses fournisseurs notamment pour baisser les prix.
La Commission Européenne a le pouvoir de réguler les pratiques d’achat abusives des supermarchés, c’est pourquoi nous souhaitons que le Code de conduite qui est en cours d’élaboration par la CE soit correctement appliqué et soumis au contrôle indépendant d’un médiateur. Nous demandons que ce code s’applique aux fournisseurs non-européens, mais aussi aux fournisseurs indirects de façon à leur permettre à eux aussi d’avoir un recours contre les pratiques abusives de la grande distribution.
Nous exhortons également la CE à engager une révision complète du droit de la concurrence pour mettre fin aux abus de pouvoir des supermarchés, qui nuisent aux travailleuses et travailleurs des pays producteurs. Il est temps pour l’Union européenne d’agir !
La remise des pétitions a été une vraie réussite puisque nous avons été officiellement reçus par M. Philippe Chauve de la direction générale de la concurrence qui a su montrer un réel intérêt pour nos revendications. L’après-midi de l’action, une réunion des partenaires de la campagne avec 15 eurodéputés ou leurs assistant-e-s, ainsi que la Direction générale de la concurrence et la Direction générale entrerpises et industrie s’est tenue et a permis d’engager une discussion de fond sur les enjeux du pouvoir de la grande distribution pour le commerce de la banane et de l’ananas.




