Une vidéo sur les impacts des agrocarburants européens


L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) est une crainte récurrente pour l’avenir de notre planète, qui pousse les chercheurs à trouver des alternatives contre le changement climatique. Concernant la consommation de carburant pour les transports, la tendance actuelle est à la conversion des carburants fossiles en agrocarburants. D’ici 2020, l’Union Européenne prévoit de consommer des agrocarburants qui émettraient entre 35% et 50% de GES en moins que les carburants fossiles. Un bel objectif, mais parfaitement irréaliste et aux conséquences désastreuses pour les pays du Sud !

En effet, cette nouvelle politique de l’UE ne prend pas en compte un facteur essentiel pour considérer la diminution des émissions de GES : le changement d’affectation des sols indirects ou CASI. Ce phénomène correspondra à une conversion de terres d’un maximum de 69000 km2 d’ici 2020 pour la culture d’agrocarburants en Europe.  Cette surface, équivalente à deux fois la taille de la Belgique, n’est pas disponible en Europe ; il faudra donc aller accaparer des terres dans les pays du Sud, raison pour laquelle les populations directement concernées par ce phénomène sont les paysannes et les paysans de ces pays. Le changement d’affectation des sols entrainera l’accaparement des terres qu’elles-ils utilisent pour cultiver de la nourriture, et aura des conséquences dramatiques sur leur souveraineté alimentaire et leurs conditions de vie en général.

Image de prévisualisation YouTube

L’UE doit prendre en compte tous les facteurs !


Outre ces impacts sociaux, l’objectif principal de diminution des émissions de GES ne pourra être atteint. Une étude récente de l’IEPE (Institut Européen des Politiques Environnementales) démontre effectivement que les émissions induites par les CASI auraient un impact de 81% à 167% plus néfastes sur l’environnement que les carburants fossiles, ce qui équivaut à une émission maximale de 56 millions de tonnes de carbone supplémentaire par an ! Peuples Solidaires et d’autres associations déplorent ainsi que l’Union Européenne ne prenne pas en compte tous ces aspects : les conséquences des émissions de GES et les conséquences sur les populations dues au CASI par la filière agrocarburant devraient être prises en compte par l’Union Européenne dans la formulation de sa politique de lutte contre le changement climatique.