Appels urgents

338 – Chine : Carrefour, le négatif est de retour

Usine de Nanling à Shenzhen (Chine)

Dernières Nouvelles de l’Appel – 17/06/2010 : Carrefour répond

« Le positif est de retour » clame le slogan de Carrefour, deuxième groupe mondial du secteur de la grande distribution. Avec un chiffre d’affaires de 96 milliards d’euros, on veut bien croire que les dirigeants et actionnaires « positivent ».

Mais qu’en est-il de celles et ceux qui fabriquent les produits ? En Chine, des milliers d’ouvriers et ouvrières produisent des jouets pour le compte du mastodonte français. Or une enquête de l’ONG China Labor Watch, menée dans plusieurs usines, révèle de nombreuses violations des droits de l’Homme au travail. Une mobilisation internationale  est donc lancée pour demander à Carrefour d’être plus positif à l’égard… des droits des travailleurs chinois.


La grande majorité des jouets du monde sont produits dans la région de Shenzhen, en Chine. C’est là que le China Labor Watch a mené l’enquête sur les conditions de travail dans des usines fournissant Carrefour dont « Kiddieland Toys », « Shenzhen Nanling Toys » et « Xinlong ».


Le résultat de l’enquête est loin d’être « positif » : heures supplémentaires payées en dessous du taux légal, rétentions arbitraires de salaires, carence dans les équipements de protection, absence d’examens médicaux, d’assurance santé et de congé maladie, entrave au départ des salariés qui souhaitent démissionner… Autant de violations à la législation chinoise mais aussi au code de conduite de Carrefour.

Conditions de travail : pas de quoi positiver…

« En période de pic de production, l’usine de Xinlong n’accorde à ses ouvriers qu’un à deux jours de repos par mois, alors même qu’ils travaillent jusqu’à 13 heures par jour » explique l’un des enquêteurs. Un rythme de travail que les salariés sont contraints d’accepter pour gagner de quoi faire vivre leur famille et de peur de perdre leur emploi. « Même en faisant toutes ces heures supplémentaires et s’épuisant à la tâche, les employés de Xinlong  gagnent en moyenne seulement 1400 yuans par mois (environ 160 euros). Cela reste insuffisant pour vivre dignement » note Li Qiang, directeur du China Labor Watch.

A Kiddieland Toys, les conditions ne sont guère plus reluisantes. Les ouvriers sont exposés à des produits chimiques dangereux qu’ils manipulent sans aucune protection. Et aucun examen médical ne leur est proposé, ni avant ni après leur embauche. De plus, les ouvriers se voient infliger des amendes de manière totalement arbitraire et abusive : la fabrication d’une pièce défectueuse est par exemple punie d’une amende pouvant s’élever à 5,50 euros, une somme importante pour les travailleurs.

La situation est - comparativement - meilleure à Nanling. Toutefois, des problèmes ont tout de même été constatés, notamment en ce qui concerne la politique d’embauche, les horaires et les rémunérations.

Les violations constatées par China Labor Watch n’ont malheureusement rien d’exceptionnel. Elles sont largement répandues dans les usines du jouet sud-est de la Chine, là où se fournissent les multinationales européennes et nord-américaines.

Carrefour appelé à intervenir

Les autorités ont certes une part de responsabilité dans cette situation : elles ne font pas appliquer la législation et même les lois les plus basiques sont transgressées. Toutefois, on pourrait aussi attendre des multinationales - si pointilleuses lorsqu’il s’agit de délais, de prix ou de procédés de fabrication - qu’elles soient plus exigeantes en matière de respect des droits… D’autant  qu’elles n’hésitent pas à communiquer sur leur « éthique » et leur « responsabilité » en la matière.

Dans son « Rapport d’activité et de développement durable 2009 «, Carrefour dit contrôler « les conditions sociales de fabrication de ses produits (…) à travers le monde ». Et comme beaucoup d’entreprises, Carrefour fait réaliser des audits pour vérifier l’application de sa Charte sociale par ses fournisseurs. Comment expliquer, dès lors, que de telles violations aient toujours cours dans les usines chinoises ?

Peuples Solidaires et ses partenaires l’ont mainte fois démontré : les audits ne permettent pas de faire progresser concrètement les conditions de travail. A fortiori, ils ne mettent pas fin aux violations dont sont victimes les ouvriers du jouet. Pour un fournisseur chinois, il est plus facile de dissimuler la réalité à quelques auditeurs – en poussant par exemple les employés à mentir – que de mettre en œuvre  les codes de conduite et autres chartes « éthiques » des multinationales,  qu’elles auraient de toute façon bien du mal à appliquer étant donné les prix pratiqués par leurs clients…

C’est donc la politique de responsabilité sociale de Carrefour dans son ensemble qui doit être réévaluée à la lumière des ces révélations.

En solidarité avec nos partenaires chinois, nous demandons à la multinationale de mettre rapidement et efficacement un terme aux violations constatées par China Labor Watch. Plus globalement, nous lui demandons également de faire évoluer ses pratiques d’achats (prix de commandes notamment) pour que celles-ci n’entrent pas en contradiction avec ses propres règles éthiques.

« Le positif est de retour » clame le nouveau slogan de Carrefour, deuxième groupe mondial du secteur de la grande distribution. Avec un chiffre d’affaires de 96 milliards d’euros en 2009, on veut bien croire que les dirigeants et actionnaires de la multinationale « positivent »… Mais qu’en est-il de celles et ceux qui fabriquent les produits ?

En Chine, des milliers d’ouvriers et ouvrières produisent des jouets pour le compte du mastodonte français. Or une enquête de l’ONG China Labor Watch, menée dans plusieurs usines, révèle de nombreuses violations des droits de l’Homme au travail.

Une mobilisation internationale est donc lancée pour demander à Carrefour d’être plus positif à l’égard… des droits des travailleurs chinois.

Conditions de travail : pas de quoi positiver…

La grande majorité des jouets du monde sont produits dans la région de Shenzhen, en Chine. C’est là que le China Labor Watch a mené l’enquête sur les conditions de travail dans trois usines fournissant Carrefour : « Kiddieland Toys », « Shenzhen Nanling Toys » et « Xinlong ».

Le résultat de l’enquête est loin d’être « positif » : heures supplémentaires payées en dessous du taux légal, rétentions arbitraires de salaires, carence dans les équipements de protection, absence d’examens médicaux, d’assurance santé et de congé maladie, entrave au départ des salariés qui souhaitent démissionner… Autant de violations à la législation chinoise mais aussi au code de conduite de Carrefour.

« En période de pic de production, l’usine de Xinlong n’accorde à ses ouvriers qu’un à deux jours de repos par mois, alors même qu’ils travaillent jusqu’à 13 heures par jour » explique l’un des enquêteurs. Un rythme de travail que les salariés sont contraints d’accepter pour gagner de quoi faire vivre leur famille et de peur de perdre leur emploi.

« Même en faisant toutes ces heures supplémentaires et s’épuisant à la tâche, les employés de Xinlong gagnent en moyenne seulement 1400 yuans par mois (environ 160 euros). Cela reste insuffisant pour vivre dignement » explique Li Qiang, directeur du China Labor Watch.

A Kiddieland Toys, les conditions ne sont guère plus reluisantes. Les ouvriers sont exposés à des produits chimiques dangereux qu’ils manipulent sans aucune protection. Et aucun examen médical ne leur est proposé, ni avant ni après leur embauche. De plus, les ouvriers se voient infliger des amendes de manière totalement arbitraire et abusive : la fabrication d’une pièce défectueuse est par exemple punie d’une amende pouvant s’élever à 5,50 euros, une somme importante pour les travailleurs.

La situation est - comparativement - meilleure à Nanling. Toutefois, des problèmes ont tout de même été constatés, notamment en ce qui concerne la politique d’embauche, les horaires et les rémunérations.

Les violations constatées par China Labor Watch n’ont malheureusement rien d’exceptionnel. Elles sont largement répandues dans les usines du jouet sud-est de la Chine, là où se fournissent les multinationales européennes et nord-américaines.

Carrefour appelé à intervenir

Les autorités ont certes une part de responsabilité dans cette situation : elles ne font pas appliquer la législation et même les lois les plus basiques sont transgressées. Toutefois, on pourrait aussi attendre des multinationales - si pointilleuses lorsqu’il s’agit de délais, de prix ou de procédés de fabrication - qu’elles soient plus exigeantes en matière de respect des droits… D’autant qu’elles n’hésitent pas à communiquer sur leur « éthique » et leur « responsabilité » en la matière.

Dans son « Rapport d’activité et de développement durable 2009 «, Carrefour dit contrôler « les conditions sociales de fabrication de ses produits (…) à travers le monde ». Et comme beaucoup d’entreprises, Carrefour fait réaliser des audits pour vérifier l’application de sa Charte sociale par ses fournisseurs. Comment expliquer, dès lors, que de telles violations aient toujours cours dans les usines chinoises ?

Peuples Solidaires et ses partenaires l’ont mainte fois démontré : les audits ne permettent pas de faire progresser concrètement les conditions de travail. A fortiori, ils ne mettent pas fin aux violations dont sont victimes les ouvriers du jouet. Pour un fournisseur chinois, il est plus facile de dissimuler la réalité à quelques auditeurs – en poussant par exemple les employés à mentir – que de mettre en œuvre les codes de conduite et autres chartes « éthiques » des multinationales, qu’elles auraient de toute façon bien du mal à appliquer étant donné les prix pratiqués par leurs clients…

C’est donc la politique de responsabilité sociale de Carrefour dans son ensemble qui doit être réévaluée à la lumière des ces révélations.

En solidarité avec nos partenaires chinois, nous demandons à la multinationale de mettre rapidement et efficacement un terme aux violations constatées par China Labor Watch. Plus globalement, nous lui demandons également de faire évoluer ses pratiques d’achats (prix de commandes notamment) pour que celles-ci n’entrent pas en contradiction avec ses propres règles éthiques.

« C’est pas du jeu ! »

Campagne pour des conditions de travail décentes dans l’industrie du jouet, « C’est pas du jeu ! » se déroule simultanément dans plusieurs pays européens. Peuples Solidaires est le référent français de cette campagne.

www.peuples-solidaires.org

Notre partenaire, le China Labor Watch

L’organisation China Labor Watch milite pour la justice sociale et économique, la liberté syndicale, la dignité au travail et le droit à un salaire minimum vital. L’ONG est basée aux Etats-Unis pour échapper à la censure et à la répression des autorités chinoises, mais son travail s’appuie sur celui des équipes présentes sur le terrain.

China Labor Watch forme les travailleurs chinois et leur apporte une aide juridique. Elle effectue aussi des enquêtes dont elle publie les résultats pour attirer l’attention de l’opinion publique internationale, inciter les entreprises à respecter leurs engagements de responsabilité sociale et influencer le législateur chinois.

www.chinalaborwatch.org

Droits des travailleurs… Liquidation totale ?

En tant que membre du collectif Éthique sur l’étiquette, Peuples Solidaires soutient la campagne « Droits des travailleurs… Liquidation totale ? ». Déclinaison française d’une mobilisation internationale cette campagne demande aux entreprises Auchan, Carrefour, Casino et Leclerc de garantir le respect des droits humains fondamentaux des ouvrier(e)s dans les usines de confection qui les approvisionnent.

Pour plus d’information et pour signer la pétition :

http://www.ethique-sur-etiquette.org/

La présente publication a été élaborée avec le soutien de l’Union européenne. Le contenu de la publication relève de la seule responsabilité de Peuples Solidaires et ne peut aucunement être considéré comme reflétant le point de vue de l’Union Européenne.

Les ouvriers des usines de Kiddieland Toys, Shenzhen Nanling Toys et Xinlong ont besoin de notre solidarité internationale. En participant à cet Appel Urgent, vous faites pression sur l’entreprise Carrefour et les aidez à obtenir des améliorations.

Envoyez votre message de protestation à :

CARREFOUR

Vous pouvez envoyer la carte postale telle quelle (montant de l’affranchissement indiqué sur la carte), l’insérer dans une enveloppe ou la recopier en personnalisant votre courrier.

Envoyez votre message de soutien à :

China Labor Watch

Le message de soutien est important pour exprimer votre solidarité avec les travailleurs chinois et permettre à notre partenaire de mesurer l’ampleur de la mobilisation. Vous pouvez également envoyer la carte telle quelle ou la personnaliser.

Diffusez cet Appel Urgent autour de vous :

Nos meilleur(e)s ambassadrices et ambassadeurs sont les signataires eux-mêmes. En diffusant cet Appel Urgent à vos amis/es, votre famille, sur votre lieu de travail ou en toute autre occasion, vous renforcerez l’ampleur de cette mobilisation.

Vous pouvez participer à nos événements et aux actions que nous organisons dans certaines villes, rejoindre un de nos groupes locaux ou adhérer individuellement à la fédération. Plus d’informations sur notre site Internet (rubriques Agenda, Groupes locaux), par courrier, e-mail et téléphone.



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