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350 – Chine : Barbie persiste et signe

Les ouvrières de Grand Plastic Cement Products fabriquent des jouets Mattel sans équipement de sécurité adéquat

En juin dernier, suite au suicide sur son lieu de travail de Nianzhen Hu, ouvrière d’un fournisseur chinois de Mattel, nous lancions un Appel Urgent exhortant la multinationale à prendre ses responsabilités. Signé par plus de 7 000 personnes, cet Appel a permis l’ouverture d’un dialogue avec Mattel, mais les demandes d’indemnisation de la famille et d’amélioration des conditions de travail demeurent insatisfaites. La pression doit continuer ! Pour la campagne « C’est pas du jeu ! », la responsabilisation des industriels du jouet passe par l’instauration d’un dialogue avec l’ensemble des parties prenantes du secteur. Mattel est donc invité à venir écouter la voix des ouvrières chinoises lors d’une table ronde organisée en janvier 2012.  Soutenez cette initiative !

Les faits

En Europe, plus de 7 200 consommateurs-trices et citoyen-ne-s désirant voir Mattel prendre ses  responsabilités, ont adressé, en juin 2011, un message de protestation aux PDG de Mattel International et de Mattel France. En réponse à cette interpellation, Mattel affirme que le suicide de Nianzhen Hu chez son fournisseur Sturdy Product – Taiqiang serait un « événement isolé », sans lien avec son environnement professionnel. Or, cette conclusion va à l’encontre d’une enquête menée dans cette usine par notre  partenaire chinois la SACOM en août 2011. Cette enquête révèle de graves insuffisances dans le respect du droit du travail chinois, concernant notamment le niveau des salaires, la durée et la rémunération des heures supplémentaires ainsi que le travail des enfants. De son côté, le China Labour Watch, à l’origine de l’Appel Urgent lancé en juin 2011, vient de publier deux nouveaux rapports d’enquêtes réalisées chez deux autres fournisseurs de Mattel en Chine, Jida Toy et Dongguan Grand Plastic Cement Products. Les résultats de ces investigations confirment le nonrespect des droits des ouvrières1 chez plusieurs fournisseurs de Mattel.

Violations de droits à la chaîne

Entre 70 et 80 % de nos jouets sont « made in China ». En septembre 2011, en plein pic de production pour Noël, les ouvrières chinoises de Jida Toy ont travaillé 11 heures par jour, 6 jours sur 7, soit bien au-delà de la limite légale autorisée. En août, elles n’avaient déjà eu qu’une seule journée de repos. Les délais de livraison beaucoup trop courts imposés par Mattel à son fournisseur se répercutent ainsi en bout de chaîne, contraignant les ouvrières à un rythme de production inhumain. La concurrence entre les usines chinoises  pour attirer les investissements des entreprises du jouet fragilise encore davantage la situation des ouvrières. Ainsi, le prix des commandes passées par Mattel à ses fournisseurs Jida Toy
et Dongguan Grand Plastic Cement Products est trop bas pour que les ouvrières puissent percevoir un salaire décent. Les ouvrières de Dongguan Grand Plastic Cement Products sont également victimes de discriminations de genre. Nombre d’entre elles ont notamment confié aux enquêteurs subir différentes formes de harcèlement sexuel.

Mattel peut mieux faire

Il est inquiétant par ailleurs de constater que les 3 usines incriminées dans les rapports d’enquêtes de nos partenaires chinois sont toutes des usines  certifiées par la Fédération internationale des industries du jouet (ICTI), dont les limites du processus de certification sont dénoncées depuis de nombreuses années par les ONG. Outre l’absence totale de représentation des ouvrières, le manque de transparence et l’absence de prise en considération des pratiques d’approvisionnement des multinationales expliquent en partie l’inefficacité du système de contrôle de l’ICTI. L’usine dans laquelle travaillait Nianzhen Hu est certifiée par l’ICTI. Il est temps que Mattel assume ses propres responsabilités en indemnisant décemment la famille et en changeant ses pratiques d’approvisionnement afin de réduire la pression morale et physique subie par les ouvrières. En l’absence de liberté syndicale, il est extrêmement difficile pour les ouvrières de faire-valoir leurs droits. Elles ne sont représentées au sein d’aucune organisation visant à contrôler le respect de ces droits. Face à ce constat, les partenaires chinois et européens de la campagne « C’est pas du jeu ! » organisent le 12 janvier 2011 une table-ronde à laquelle participeront les différentes parties prenantes de l’industrie du jouet afin de promouvoir un dialogue ouvert sur les défis auxquels le secteur est confronté. Seront conviés à cette table ronde : multinationales, usines sous-traitantes, ONGs, organisations chinoises de défense des droits des travailleurs-ses,… La participation de Mattel à cette table ronde constituerait clairement un message de responsabilité à destination des autres entreprises de jouets dans le monde.