17/05/2010 – Un an après l’accident qui avait entrainé, le 6 avril 2009, la mort d’un jeune ouvrier de 17 ans à l’usine de papeterie de Yiuwah, sous-traitant chinois de Disney, l’organisation China Labour Watch (CLW) publie les résultats d’une nouvelle enquête qui révèle de nettes améliorations, notamment en ce qui concerne le travail des enfants. D’importantes violations des droits des travailleurs demeurent toutefois, et Peuples Solidaires appelle Disney à tout faire pour y mettre un terme.
Rappel des faits
Le 6 avril 2009, Liu Pan, un jeune ouvrier de 17 ans employé par l’usine de papeterie chinoise de Yiuwah, sous-traitant de Disney, meurt écrasé par une machine sur laquelle il travaillait. Immédiatement relayée par les médias locaux, cette tragédie tourne au scandale. En effet, les médias révèlent non seulement que Liu Pan avait été embauché par l’usine à l’âge de 15 ans, alors que la limite d’âge légale à l’embauche est de 16 ans en Chine, mais également que l’accident a été causé par le mauvais fonctionnement de la machine.
Alertée par ces révélations, le China Labour Watch (CLW) décide alors de mener une enquête dans cette usine. Les résultats sont édifiants [Rapport d'enquête du CLW - Avril 2009]. L’accident de Liu Pan reflète de nombreux dysfonctionnements au sein de l’usine : Yiuwah recourt massivement au travail des enfants et le mauvais état des machines, conjugué au manque de formation des ouvriers, entraînent des problèmes de sécurité récurrents. Outre ces deux constats, le rapport d’enquête met également en évidence de graves violations des droits des travailleurs dans l’usine: absence de contrats de travail, heures supplémentaires obligatoires et payées en dessous des minimums légaux, salaires extrêmement bas, et des conditions d’hébergement des ouvriers totalement indignes.
Disney réagit et Yiuwah, son fournisseur, progresse
S’appuyant sur les résultats de l’enquête du CLW, Peuples Solidaires et le Consortium européen pour la campagne C’est pas du jeu! lançaient, le 8 juillet 2009, un Appel [Appel Urgent n°329 Chine: Disney veut fuir ses responsabilités] à la compagnie Disney l’exhortant à mettre un terme aux atteintes graves, systématiques et généralisées aux droits de l’Homme chez son fournisseur.
Quelques semaines plus tard, la compagnie Disney répondait en annonçant que suite à cette campagne, Disney avait fait faire une enquête chez ce fournisseur, et avait demandé à la direction de cette usine de mettre en place un plan d’amélioration des conditions de travail des ouvriers. Selon Disney, un certain nombre de progrès auraient ainsi été réalisés, notamment sur le respect de la limite d’âge légale à l’embauche, la formation à l’utilisation des machines dangereuses, les congés payés et l’assurance en cas d’accident du travail [Réponse de Disney du 30 juillet 2009].
Beaucoup reste à faire
Le CLW a conduit en avril 2010 de nouvelles enquêtes permettant de confirmer les propos de Disney et donc une certaine amélioration des conditions de travail dans cette usine, par exemple le respect de la limite d’âge légale à l’embauche et l’établissement de contrats de travail [Rapport d'enquête du CLW - Avril 2010].Cependant, des manquements graves au respect du droit des travailleurs demeurent et de nombreux progrès restent à faire.
Les enquêteurs du CLW ont notamment constaté que la direction de l’usine de Yiuwah n’avait pas réellement résolu les problèmes de sécurité au travail, pourtant directement à l’origine de l’accident d’avril 2009. De nouveaux accidents ont eu lieu. Selon les enquêteurs du CLW, « alors qu’elle travaillait sur une machine, une ouvrière s’est blessée en mars 2010 et a perdu une phalange, broyée par la machine. Cette employée n’a reçu aucun traitement approprié suite à cette blessure ». De plus, aucune amélioration n’a pu être relevée concernant les heures supplémentaires obligatoires (les ouvriers travaillent au moins 81 heures par semaine dont le samedi et parfois le dimanche), le niveau des salaires (les ouvriers sont payés 0,50 centimes d’euros par heure) et les conditions d’hébergement des ouvriers.
Pour que leurs rêves deviennent réalité
Le slogan de Disney est enchanteur: « Là où les rêves deviennent réalité ». Mais qu’en est- il des rêves des ouvriers chinois qui, pour honorer cette promesse, travaillent sans relâche ni garanties? Les ouvriers de Yiuwah revendiquent de meilleures conditions de travail. En tant qu’entreprise cliente de cette usine, Disney doit assumer sa part de responsabilité et intervenir à cet effet. Le CLW, Peuples Solidaires et le consortium européen pour la campagne C’est pas du jeu! encouragent la multinationale du jouet à répondre aux attentes de ces ouvriers en respectant leurs droits afin que leurs rêves à eux aussi deviennent réalité.
Yiuwah et ses entreprises clientes, telle que Disney, doivent aller plus loin et prendre des mesures concrètes afin que les conditions de travail des ouvriers du rêve soient enfin effectivement améliorées.








