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253 - SRI LANKA - CONTRE LE DUMPING SOCIAL

APPEL N° 253 NOVEMBRE 2003

Le Sri Lanka est le premier pays d’Asie du Sud a avoir réorienté son économie vers l’exportation et ouvert ses frontières aux investisseurs étrangers, avec pour arguments la promesse de bas salaires et l’absence de liberté syndicale. Les zones franches créées dans les années 70-80, ont constitué le socle fondateur de cette politique économique. Le Sri Lanka en compte aujourd’hui 3 ( Katunayake, Biyagama et Kogalla). Elles emploient plus de 100.000 ouvriers, pour l’essentiel dans l’industrie du textile et de l’habillement.

Le Free Trade Zone Workers Union (FTZWU), crée le 23 janvier 2000, après des années de travail pour organiser et former les travailleurs, est le premier syndicat sri lankais à s’être installé en zone franche. Bien que la liberté syndicale et le droit de négociation collective soient légalement reconnus dans l’ensemble du pays, y compris dans les zones franches, le FTZWU n’a toujours pas droit de cité dans les usines dans lesquelles il est implanté.

Aujourd’hui, plus de 100.000 ouvriers travaillent dans les 3 grandes zones franches du Sri Lanka. 75% d’entre eux sont des femmes qui ont entre 20 et 30 ans et viennent pour la plupart de zones rurales. Elles sont embauchées par les entreprises des zones franches de préférence à leurs collègues masculins pour des raisons très simples : elles sont considérées comme plus flexibles, facilement manipulables et moins enclines à exiger le respect de leurs droits.

Ces ouvrières se voient imposer des conditions de travail difficiles, illégales et souvent dangereuses pour leur santé. Leur salaire oscille entre 1 et 1,5 euros par jour, ce qui les place, selon les propres critères de la Banque Mondiale, à la limite du seuil de l’extrême pauvreté. Heures supplémentaires imposées et non payées au taux légal, pénalités financières abusives(1), absence de matériel de sécurité et de toute installation de protection des travailleurs, et harcèlement sexuel sont le lot quotidien de ces ouvrières.

MOBILISATION SYNDICALE ...

Dans ce contexte difficile, les travailleurs des zones franches se sont progressivement

organisés et ont créé le FTZWU. Composé en majorité de femmes, ce syndicat est le premier de son genre dans les zones franches du Sri Lanka.

Près de 3 ans après sa création, la majorité des sections du FTZWU (11 au total) n’est toujours pas reconnue par les directions des usines et par le Board of Investment (instance de régulation et de gestion des zones franches). Pourtant, le syndicat a respecté la procédure légale d’enregistrement et fonctionne de manière démocratique et indépendante.

La campagne nationale et internationale pour la liberté syndicale dans les zones franches, lancée il y plus d’un an(2) a permis à 2 sections du FTZWU, respectivement implantées dans l’usine Sky Pan Asia et Austin gloves, d’être enfin reconnues par les employeurs. Mais, d’autres sections ont été brisées ou sont menacées d’une possible fermeture de l’usine dans laquelle elles sont implantées.

Telle est le cas de la section syndicale du FTZWU dans l’entreprise Fine Lanka qui avait été "cassée" en mars 2000. La direction de l’entreprise a préféré fermer son usine et licencier ses 858 ouvriers dont 90% étaient syndiqués ... et en ouvrir une nouvelle en 2001, en embauchant du personnel non syndiqué ! Un an plus tard, il semblerait que la direction envisage à nouveau de fermer l’usine...

Le scénario est le même dans l’usine à capitaux coréano-sri lankains Cosmos Macky où la section syndicale milite pour sa reconnaissance.

Dans la zone franche de Biyagama, l’entreprise coréenne Dulon Zipper, qui fabrique des fermetures éclairs destinées à l’exportation et au marché local, refuse toujours de reconnaître le syndicat qui s’y est créé en décembre 2000, bien que 90% des travailleurs y adhèrent. Une plainte a été déposée auprès du Labour Commissionner. Aucune suite n’y a été donnée jusqu’à aujourd’hui.

... CONTRE LE DUMPING SOCIAL

La mobilisation du FTZWU s’inscrit dans une période difficile où le FMI, la Banque Mondiale, la Banque Asiatique du Développement et certaines multinationales réclament des mesures gouvernementales pour un travail plus "flexible" au Sri Lanka.

Un texte de réforme sur le nombre d’heures supplémentaires autorisées par la loi a déjà été adopté(3). Les réformes à venir, exigées par le FMI comme condition nécessaire au versement du dernier volet d’un prêt de plus de 250 millions d’euros, imposeront des restrictions au droit de grève et des privatisations. De plus, les motifs légaux de licenciement seront redéfinis ...

Sans reconnaissance officielle des directions d’usines, les sections syndicales du FTZWU ne bénéficient pas du droit de négociation collective et ne peuvent pas saisir la justice. Par ailleurs, le harcèlement, les pressions subies par les travailleurs ainsi que les menaces de licenciement (près de 1.500 travailleurs ont déjà perdu leur emploi) affaiblissent le syndicat.

La reconnaissance pleine et entière du FTZWU et de toutes ses sections est fondamentale pour les ouvriers des zones franches au moment où le pays subit de fortes pressions en faveur d’une régression de son droit social.

1) Des pénalités sont imposées pour retard, maladie, non-respect des quotas de production, refus d’heures supplémentaires, ...

2 ) Voir appel n°240 du 25 octobre 2001 : Zones Franches, zones de non droit.

3 ) Le nombre d’heures supplémentaires autorisé passe de 100 par an à 60 par mois, sans qu’en soit précisé le caractère volontaire.

Pour en savoir plus...

LE FMI AU SRI LANKA

Pour sortir de la crise économique le gouvernement a souscrit un prêt auprès du FMI pour un montant de 250 millions d’euros.

Les mesures d’austérité imposées aujourd’hui par le FMI pour débloquer la dernière partie du prêt sont les suivantes :

-  dévaluation de la monnaie

-  privatisations de 35 entreprises publiques afin de financer le remboursement de la dette

-  coupe dans les budgets de l’Education et de la Santé

-  réforme du droit social dans le sens d’une flexibilisation du travail

-  suppression de toutes les entraves à l’investissement direct étranger.

SOLIDARITE AVEC LE FTZWU

Le FTZWU poursuit sa campagne nationale pour le respect des droits syndicaux. La pétition qu’il diffusera et les manifestations qu’il organisera seront aussi l’occasion de manifester son opposition aux projets de réforme du droit social soutenu par le FMI et d’autres organisations.

L’équipe exécutive de Réseau-Solidarité a décidé de répondre à l’appel au soutien financier lancé par le FTZWU, en faisant un versement financier immédiat de 450€ . Vous pouvez vous y associer si vous le souhaitez.

Ecrire...

Par lettre : vous pouvez découper le modèle ci-joint, ou le recopier.

Ce texte vous est proposé à titre indicatif, vous pouvez l’adapter à votre propre style.

Dans tout les cas n’oubliez pas d’inscrire vos coordonnées et de signer.

Affranchissement : 0,75 €

Par fax : 94 1 588 950

M.Samarasinghe

Honorable Minister of Labour and Employement

Labour Secretariat

Kilula Road

COLOMBO 05-SRI LANKA

à le

Sir,

It has come to my attention through Solidarity Network (10, quai de Richemont - France) that workers rights in Sri Lanka’s Free Trade Zones have been violated.

I support the FTZWU’s claims and, as the Minister of Labour, I urge you to intervene and ensure that :

-  those who invest in and operate businesses in your country’s Free Trade Zones respect all workers rights, recognize trade unions and incorporate the worker’s demands immediatly

-  officers in your department uphold the labor laws

-  the working conditions in the Free Trade Zones and in the whole country be improved.

Sincerely

Signature

Traduction

Monsieur,

J’ai été informé(e) par Réseau Solidarité (...) des violations des droits des travailleurs dans les zones franches du Sri Lanka.

Je soutiens les revendications du FTZWU (Free Trade Zone Workers Union) et, en tant que Ministre du Travail, je vous demande instamment d’intervenir pour que :

-  ceux qui investissent et qui ont des interêts commerciaux dans les zones franches de votre pays respectent tous les droits des travailleurs, reconnaissent les syndicats et prennent en considération immédiatement les demandes des ouvriers

-  les agents de votre ministère défendent l’application du droit du travail

-  les conditions de travail dans les zones franches et dans l’ensemble du pays soient améliorées

Je vous prie ...


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