APPEL N° 241 NOVEMBRE 2001
Depuis 1995, le collectif de l’éthique sur l’étiquette mène des campagnes qui ont pour objectifs de sensibiliser les consommateurs et aboutir à la création d’un label social. Elles ont permis d’obtenir des avancées significatives sur les engagements des entreprises en matière de respect des droits sociaux fondamentaux. Au cours de ces dernières années, les consommateurs ont été de plus en plus nombreux à se mobiliser. Afin de concrétiser les résultats obtenus et d’associer toujours plus d’entreprises à la construction d’un label social, le collectif a décidé de lancer la campagne exploiter n’est pas jouer. Le jouet est le thème retenu pour les deux ans à venir. Tout comme le textile ou la chaussure, ce secteur est fréquemment entaché par des violations des droits des travailleurs. Réseau-Solidarité qui participe aux travaux du collectif a décidé de s’associer à cette nouvelle campagne.
En 1999, la consommation française de jouets a représenté 18,6 milliards de francs. Une famille dépense en moyenne 1250 FRF par an pour les jouets de ses enfants. C’est un marché saisonnier puisque les ventes réalisées à Noël représentent plus de 60 % des ventes totales de jouets et jeux vidéos. Des objets de rêve et de bonheur ... sauf pour les ouvrières chinoises, thaïlandaises ou indonésiennes qui les fabriquent.
L’exemple de la Chine
Les jouets importés proviennent essentiellement d’Asie et plus particulièrement de Chine, un pays où la conjonction d’une répression politique féroce et d’un libéralisme économique débridé encourage l’implantation de tous les secteurs de la sous-traitance.
La plupart des travailleurs, en majorité des femmes, sont payés à la pièce. Leur salaire moyen varie entre 450 et 600 FRF par mois. Il inclue la rémunération, les heures supplémentaires, les primes de respect de quota, les primes de nuit. De ce salaire sont déduits les repas, les amendes, le logement, les médicaments. Autant dire qu’à la fin du mois il reste à peine de quoi faire vivre la famille.
Théoriquement, la réglementation chinoise prévoit que le salarié ne doit pas travailler plus de 8 heures par jour ou 44 heures par semaine. Dans les usines de jouets, la journée normale est effectivement de 8 heures, mais le quota des pièces à réaliser par heure est tel que les employés sont contraints de travailler entre 10 et 16 heures par jour, 6 à 7 jours par semaine. Comme la majorité des ouvriers sont payés à la pièce, ils ne perçoivent pas les heures supplémentaires.
Dans bien des cas, la santé et la sécurité des travailleurs est en danger. Beaucoup se plaignent des odeurs fortes et nocives dans les ateliers de peinture. Les problèmes respiratoires sont fréquents. Les ventilateurs sont souvent arrêtés en cas de pluie sous le prétexte d’éviter une altération des couleurs. La chaleur devient vite étouffante et provoque des évanouissements.
Les syndicats libres sont interdits. L’État chinois ne reconnaît qu’un seul syndicat, officiel, soumis à son autorité. Le travail est théoriquement interdit aux enfants de moins de 16 ans. Mais de très nombreuses enquêtes ont montré que les dirigeants d’entreprises ne sont pas très attentifs à l’âge réel de leurs salariés.
Les consommateurs peuvent agir
De plus en plus, les consommateurs réclament des informations sur la provenance et la qualité sociale des produits qu’ils achètent. Ils prennent conscience de leur pouvoir et deviennent consom’acteurs, solidaires des travailleurs de la sous-traitance textile et du jouet.
Mais même si certaines grandes enseignes, en adoptant des codes de conduite, commencent à se montrer sensibles à la qualité sociale des produits qu’ils vendent, la voie vers un label social est encore longue. C’est pourquoi le collectif de l’éthique sur l’étiquette relance régulièrement la mobilisation en organisant des campagnes de pétition auprès des acteurs de la grande distribution. Ceux-ci ont un poids important sur l’ensemble de la filière et, de plus en plus nombreux, ils possèdent des bureaux d’achat à l’étranger.
Depuis cinq ans, les pétitions du collectif ont connu des participations croissantes : 20.000 signatures en 1996, 140.000 en 1998. La campagne qui est lancée actuellement s’est fixé l’objectif de 200.000 signatures.
Réseau-Solidarité a décidé de s’y associer de manière active et de mobiliser l’ensemble de ses adhérents. L’enjeu est de taille. Il faut atteindre le nombre de signatures annoncé car cela donnera encore plus de poids et d’efficacité aux appels que nous lançons régulièrement sur le thème de la sous-traitance textile et du jouet.
1. Le collectif de l’éthique sur l’étiquette rassemble une cinquantaine d’associations de solidarité internationale, de consommateurs, d’éducation populaire et de syndicats.
Les campagnes menées par Réseau-Solidarité dans le domaine du jouet
Janvier 1996 / Thaïlande : fini de jouer !
Novembre 1996 / Drôles de jouets
Novembre 1998 / Chine : des jouets fabriqués dans la douleur
Novembre 1999 / Chine : contre l’oubli des ouvrières brûlées
Mai 2000 / Thaïlande : les ouvriers ne sont pas des jouets
Octobre 2000 / Chine : ça se passe comme ça ...
Janvier 2001 / Chine : vie dure à Vtech
Les informations reçues de la part des organisations asiatiques qui ont été à l’origine de ces campagnes (notamment l’Asia Monitor Ressource Center de Hong-Kong - voir au dos) ont été synthétisées dans le livre publié en novembre 1999 par Réseau-Solidarité.
Chine : des jouets fabriqués dans la douleur est le fruit d’une enquête menée auprès d’ouvrières chinoises. Il est complété par les résultats de certains appels menés par le Réseau. Enfin, il fait état du travail mené par des actionnaires de Mattel, lors des Assemblées Générales du numéro 1 mondial du jouet.
Outre la pétition diffusée dans ce courrier, le collectif de l’éthique sur l’étiquette a conçu d’autres outils :
des cartes postales qui permettront aux consommateurs d’interpeller directement les magasins de leur région en fonction du carnet de notes.
le carnet de notes, c’est-à-dire l’évaluation des distributeurs de jouets quant à leur comportement en matière de responsabilité sociale. Ce carnet permettra la comparaison des enseignes sur ce thème de l’éthique sociale
Pour vous procurer ces outils ou pour en savoir plus sur la campagne Exploiter n’est pas jouer
Collectif de l’éthique sur l’étiquette
c/o Fédération Artisans du Monde
3, rue Bouvier 75011 PARIS
01 43 72 37 37
01 43 72 36 37
Ethique@wanadoo.fr
www.ethique-sur-etiquette.org
Que faire ?
Avec ce document, vous avez reçu le texte de la pétition. Faîtes la remplir par vos amis, votre famille, vos collègues, vos voisins.
Une fois remplie, vous avez deux possibilités :
Vous pouvez retourner directement la pétition à l’adresse du collectif de l’étique sur l’étiquette. Elle sera regroupée avec les autres et adressée aux représentants de la grande distribution.
Vous pouvez aussi choisir de retourner la pétition à Réseau-Solidarité, nous la ferons parvenir au collectif dans les meilleurs délais. Dans ce cas, nous relèverons les noms des personnes qui auront signé et nous leur adresserons une proposition de participer à nos appels. Nous ne leur enverrons qu’un seul courrier et il est bien évident que nous ne les inscrirons sur notre fichier que s’ils en expriment le souhait.
Afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté, nous avons indiqué ce mode d’emploi sur la pétition elle-même.