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Accueil » Réseau-Solidarité » Historique des Appels » 274 - BOLIVIE - COLOMBIE : LIBERTE POUR FRANCISCO CORTES

274 - BOLIVIE - COLOMBIE : LIBERTE POUR FRANCISCO CORTES


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Appel n°274 (7 octobre 2004 au 1er décembre 2004)

"Nous manifestons notre désaccord avec la politique de "sécurité démocratique" qui prétend nous impliquer dans le conflit armé et qui affecte le peuple colombien dans son ensemble. Nous sommes opposés à une politique qui a permis le massacre de syndicalistes en Arauca, la détention illicite de notre Maire et les massacres d’indigènes dans la Sierra Nevada, à Riosucio, à Betoyes, à Bahia Portete, à la frontière avec le Panama, à Corinto..." C’est par ces quelques phrases que commence la déclaration prononcée à l’occasion d’un rassemblement de 60.000 paysans et indiens colombiens dans le département d’Arauca, l’un des plus dangereux du pays. La Colombie est le pays qui compte, avec près de 3 millions de personnes, le plus grand nombre de réfugiés intérieurs, la plupart des paysans, qui ont dû fuir leur terre suite aux persécutions des diverses milices armées. Le nombre d’exilés est également très important.

Pour la seule année 2003, plus de 10 000 personnes se sont réfugiées dans les pays voisins, principalement en Equateur et au Venezuela. Un exil qui ne met pas systématiquement les responsables à l’abri de la répression, comme en témoigne le cas emblématique de Francisco Cortes.

Francisco Cortes dit Pacho, citoyen colombien, est en prison depuis 18 mois, en Bolivie. Il a été arrêté le 10 avril 2003 à El Alto, quartier pauvre de La Paz, la capitale. Militant infatigable pour les droits de l’Homme dans son pays, il s’est investi sans compter dans la défense des communautés paysannes et pour les droits des peuples indigènes. C’est cette activité qui lui vaut aujourd’hui d’être incarcéré.

L’implication de Francisco Cortes dans les mouvements ruraux remonte à l’année 1983. Il est alors un des responsables de l’association des usagers de la campagne (ANUC-UR) dans le département d’Arauca (Est de la Colombie). En 1987 il est élu au Congrès national de l’ANUC-UR et devient membre du Comité exécutif national.

En tant que responsable de son organisation paysanne, Francisco Cortes participe à l’organisation de nombreuses initiatives internationales visant à trouver une issue politique aux graves conflits qui secouent la Colombie et de nombreux autres pays d’Amérique latine. Une activité qui le met constamment en danger.

En 1989, il est victime d’une tentative d’assassinat. Sa ferme est bombardée par l’armée colombienne. Cette attaque l’oblige à fuir pour protéger la vie de sa femme et de leurs quatre enfants. Installé à Bogota, il y subit les persécutions continuelles de groupes paramilitaires et il est contraint de changer sans arrêt de lieu de résidence. Depuis 1997, sa qualité de membre de la coordination nationale de l’ANUC-UR lui a attiré des menaces de mort de plus en plus nombreuses. En mai 1999, il bénéficie du programme de protection des leaders du mouvement social mis en place par le gouvernement de son pays.

L’exil, pour se protéger

Au début de l’année 2003, les menaces se précisent et Francisco Cortes prend la décision de s’exiler et de partir avec sa famille pour s’installer en Bolivie. Il connaît le pays pour avoir travaillé avec des leaders paysans dans le cadre de rencontre de la Via campesina(1). Il sait qu’il pourra trouver des appuis, commencer une nouvelle vie, trouver un logement et un travail sans rompre avec ses engagements militants.

Mais le 10 avril 2003, Francisco Cortes et les responsables paysans boliviens chez qui il était hébergé sont arrêtés après un déploiement exceptionnel de forces de l’ordre et de journalistes, invités par l’ambassade des Etats-Unis. La presse et les médias les présentent comme de dangereux terroristes. Ils sont rapidement transférés vers un centre de détention de haute sécurité et placés à l’isolement. La détention de Francisco Cortes constitue un précédent très grave de l’application d’une politique de criminalisation du mouvement social imposé par la politique soi-disant anti-terroriste du gouvernement des Etats-Unis. Quarante-cinq leaders paysans boliviens ont été inculpés depuis. Bien que Francisco Cortes ait pu récemment changer de prison (voir ci-joint), ses conditions de détention ont eu de graves conséquences sur sa santé et il souffre de troubles gastriques et rénaux, de migraines et de troubles de la vision. Il a déjà perdu plus de 12 kilos.

Solidarité paysanne internationale

Du 7 au 10 juin 2004, une mission internationale paysanne pour la Justice et les Droits de l’Homme s’est rendue en Bolivie. Elle était composée de José Bové (porte-parole de Via campesina), Rafael Alegria (Secrétaire général de Via campesina), Jean-Marc Desfilhes (Confédération paysanne), Piedad Cordoba (Sénatrice - Colombie), Frei Sergio Gorjeen (Député PT - Brésil), Gloria Flores (Militante colombienne des Droits de l’Homme) et de Belen Torres, représentante de l’organisation paysanne colombienne ANUC-UR. Cette mission est intervenue pour que les pouvoirs publics mettent fin à la répression que subissent les mouvements paysans et leurs dirigeants et, au-delà, pour que cesse cette politique fortement marquée par l’empreinte des Etats-Unis et qui est en train de se mettre en place du Mexique à la Patagonie.

Dans ce contexte, la libération de Francisco Cortes serait un signe positif pour les droits économiques sociaux et culturels dans toute la région. Notre mobilisation est donc importante après ces dix-huit mois d’emprisonnement.

(1) Via Campesina est un mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de femmes rurales, de communautés indigènes d’Asie, d’Amérique, d’Europe et d’Afrique. Via campesina est un mouvement indépendant de toute organisation politique, économique ou religieuse. Via Campesina est structurée en sept régions : Europe, Asie du nord-est et du Sud-est, Asie du Sud, Amérique du Nord, Caraïbes, Amérique centrale et Amérique du sud. En France, le représentant de Via Campesina est la Confédération Paysanne

POUR EN SAVOIR PLUS

La prison de San Pedro au cœur de La Paz

Le centre pénitentiaire de San Pedro représente la logique libérale en milieu carcéral. Les détenus sont propriétaires de leurs propres cellules qu’ils peuvent améliorer en fonction de leurs moyens financiers. Les pauvres couchent dehors dans la cour à 3800 mètres d’altitude, pendant que les détenus riches se font construire des duplex. Les gardiens contrôlent uniquement les entrées et les sorties et perçoivent une taxe. La sécurité à l’intérieur est à la charge des propres prisonniers.

Près de 200 enfants habitent dans ce lieu avec leurs pères. Ils ne sont pas scolarisés et vivent, pour la plupart, d’expédients.

Dès son arrivée à San Pedro, Pacho Cortes s’est joint aux différents comités qui gèrent le quotidien de la prison pour améliorer la vie de chacun.

Appel en lien avec :

Via campesina : www.viacampesina.org

Campagne Pacho Cortes

Association "Dos Mundos Images"

10 rue Victor Letalle

75020 Paris

Cette campagne rassemble les dons pour couvrir les frais de Pacho Cortes, et de ses co-détenus à l’intérieur de la prison (achats de produits alimentaires et de produits d’entretien), pour soutenir leur famille et pour financer leur défense.

COMMENT AGIR ?

Par lettre : vous pouvez recopier le modèle ci-dessous en l’adaptant à votre style, ou le télécharger en cliquant ici.

Envoyez votre courrier au destinataire (adresse indiquée dans la lettre) sans oublier d’indiquer vos coordonnées et de signer.

Affranchissement : 0,90 € (ou enveloppe internationale 8,40 € les 10)

Délai de réaction : dès réception, mais pour donner plus d’ampleur à la campagne, vous pouvez la diffuser jusqu’à début décembre 2004.

TEXTE DE LA LETTRE :

Sr Don Carlos MESA

Presidente de la República de Bolivia

Palacio Quemado

La Paz

Bolivia

el / /2004

Señor Presidente,

Por medio de la Red Solidaridad - Francia (Réseau-Solidarité, 10 quai de Richemont, 35000 RENNES - France) me enteré que el próximo 10 de octubre, se cumplen 18 meses de detención injusta del dirigente campesino y defensor de derechos humanos colombiano Francisco CORTES AGUILAR, quien fué detenido de manera ilegal el 10 de abril de 2003 en la ciudad de La Paz junto con dirigentes sociales bolivianos.

Conociendo las leyes que rigen el procedimiento de la justicia boliviana, el señor Francisco CORTES AGUILAR cumple 18 meses de detención preventiva sin que haya sido llamado a jucio lo que le confiere el derecho de obtener su libertad por vencimiento de los términos jurídicos contemplados en el codigo de procedimiento penal de Bolivia.

Nos dirigimos a Ustedes para solicitar :

-  el cumplimiento estricto de la ley concediéndo la libertad inmediata a Francisco CORTES AGUILAR ;

-  la garantia de un proceso transparente e indepediente de intereses políticos nacionales o internacionales ;

-  la revisión y superación de las irregularidades que la defensa del detenido han podido demostrar ;

-  la suspensión de procesos penales vinculados a este caso sobre dirigentes sociales bolivianos como Carmelo PEÑARANDA, Claudio RAMIRES, Leonida ZURITA entre otros.

Atentamente,

Traduction :

Monsieur le Président,

J’ai appris par Réseau-Solidarité (...) que le 10 octobre prochain, cela fera 18 mois que FranciscoCORTES AGUILAR est en détention préventive, sans qu’il ait été présenté devant la justice, ce qui lui confère le droit d’obtenir sa libération en référence aux dispositions du code de procédure pénale de Bolivie.

Nous nous adressons à vous pour obtenir :

-  la stricte application de la loi en accordant la libération immédiate de FranciscoCORTES AGUILAR ;

-  la garantie d’un procès transparent et indépendant des intérêts politiques nationaux et internationaux ;

-  le contrôle et la reconnaissance des irrégularités que la défense du détenu a pu démontrer ;

-  la suspension des procédures pénales liées à ce cas contre les dirigeants sociaux boliviens comme Carmelo PEÑARANDA, Claudio RAMIRES, Leonida ZURITA entre autres.



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