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Résultat d’ étude sur un poste d’eau autonome

FICHE TECHNIQUE E6
Résultat d’ étude sur un poste d’eau autonome

1- Nature du projet :
Un village du Burkina Faso de la sous-fédération du Passoré a bénéficié d’un poste d’eau autonome, dans le cadre du programme 7 ème FED. Ce projet qui selon les bénéficiaires aurait coûté plus de 36 millions a nécessité une mobilisation de l’ensemble du village et des parents à l’extérieur. Ce qui aurait permis au village d’apporter une contribution financière de la somme de 300 000 CFA.

Le poste d’eau commença à fonctionner en mars 1997 jusqu’en janvier 2001 où il s’arrêtera au désespoir du village.

Le comité qui saisi l’occasion de la visite d’un groupe de Peuples Solidaires en février, en fera une des priorités à partager avec leur partenaire.

Intéressé par la question, le groupe sollicitera notre appui pour mieux comprendre sur certains aspects du projet tel que la gestion.

C’est donc en réponse à ce souci que notre mission en a fait de l’étude de la situation du poste d’eau un volet spécifique.

2- La démarche :
Dans le cadre de cette étude les démarches suivantes ont été entreprises :
-   Recherche des données,
-   Préparation de guide d’entretien,
-   Entretien avec les bénéficiaires,
-   Capitalisation et analyse des données.

3- Situation actuelle
Au terme de ces démarches la situation actuelle du poste d’eau se présent comme suit : Le village est situé à environ 8 km de xxxx et compte plus de 2 000 habitants composés essentiellement de mossi avec quelques peuls.

C’est une population agricole qui fait face aux conséquences des problèmes environnementaux comme la désertification, la dégradation des sols, au manque d’eau etc....

Le poste d’eau vient combler le déficit en eau que connaît le village. Le projet a démarré en 1994 pour enfin commencer à fonctionner en mars 1997.

Le poste d’eau qui est une mini-adduction d’eau comptait quatre bornes-fontaines fonctionnelles qui desservaient les quartiers centraux du village en eau potable et permanent.

Chaque borne-fontaine dispose d’au moins 3 sorties d’eau permettant à plusieurs personnes d’avoir accès rapidement à l’eau.

4- L’environnement du projet
L’environnement du poste d’eau est marqué par l’existence de huit autres sources d’eau plus ou moins permanentes ( puits ).

5-L’organisation
Le poste d’eau est géré par un comité de gestion de sept membres dont une femme nommée pour s’occuper de l’aspect hygiène.

Ce comité a pour rôle de :
-   Prendre toutes décisions nécessaires au bon fonctionnement du point,
-   Percevoir les sommes provenant de la vente d’eau,
-   Régler l’ensemble des dépenses liées à l’exploitation, à l’entretien et au renouvellement du matériel nécessaire au fonctionnement du point d’eau.
-   Placer les excédents provenant des ventes d’eau sur un compte d’épargne ouvert à cet effet.

Il est à préciser que les mouvements de comptes se font sur la base de co-signature du président et du trésorier.

Le comité devrait se réunir une fois par mois et à chaque fois que de besoin.

Chaque fontaine dispose d’un vendeur qui assure la vente du matin au soir.

Suite à une tentative de vol enregistré en mars, 1998 soit un an après, le village s’est vu obligé de choisir un gardien afin d’assurer la sécurité des panneaux solaires.

En définitif, le poste d’eau emploie quatre ( 04 ) personnes de façon permanente.

Les relevés de compteur devraient se faire chaque matin avant le début de vente selon les participants.

6- L’utilisation de l’eau
L’eau est utilisée selon les bénéficiaires à l’usage courant (consommation domestique et quelques fois pour des constructions, puis occasionnellement pour les animaux ).

Le poste d’eau est utilisé devant le premier semestre de l’année civile.

Les relevés sur les quatre compteurs font un état total de production de 3428 m2 d’eau depuis le début du fonctionnement jusqu’à nos jours.

En partant d’un besoin minimum de 10 litres d’eau par habitant et par jour, nous estimons le besoin en eau du village à environ 21 900 m3 en trois ans. Ceci dit la quantité d’eau produite par le poste représenterait 15,65 % du besoin en eau du village. On estime aussi la consommation brute à environ 95 m3 par mois au niveau du poste d’eau.

Ce faible taux de production pourrait s’expliquer par :

-  l’existence de prestation sociologique ( préjugé et goût ).
-  pouvoir d’achat des personnes directement concernées par l’approvisionnement en eau.

De façon générale en milieu rural certaines dépenses quotidiennes (condiments, frais de monture et la recherche de l’eau ) reviennent essentiellement à la charge de la femme. Cela s’est confirmé au cours de notre entretien d’où il ressort que c’était les femmes qui achetaient le plus l’eau.

Les hommes ne venaient prendre que pour ses animaux et dans le cas de certains travaux tels que les constructions.

L’achat de l’eau venant donc augmenter les charges financières des femmes, celles-ci n’y vont prendre l’eau que lorsqu’elles disposent d’un peu d’argent.

Acheter l’eau du village est considéré par certains comme un prestige.

Voilà donc les éléments qui justifient le niveau de consommation en eau.

L’existence d’autres sources d’eau .

Le poste d’eau est utilisé que six mois dont 18 mois durant les 3 ans de fonctionnement.

7- Au niveau de la gestion
Après la réalisation des ouvrages, un contrat de maintenance a été signé avec le fournisseur.

Sur la base de ce contrat le village devrait payer chaque année la somme de 130 000 Frs qui devrait permettre au fournisseur d’effectuer des visites périodiques pour assurer la maintenance et éventuelles réparations.

Le village n’ayant pu s’acquitter que d’un seul versement en 1997, alors cet accord s’est trouvé être résilié. 7-1 Les dispositions de la gestion : Le village dispose d’un compte bancaire ouvert dans une caisse actuellement fermée.

Ce compte était crédité de 300 000 CFA constitué de cotisation.

Le comité de gestion qui a été formé durant une semaine tenait régulièrement des fiches de gestion jusqu’en 1998, mais par la suite il n’y a plus eu de tenu de documents courant l’année 2000..

7-2 Situation financière
Au cours des 18 mois, il a été enregistré le montant total de cinq cent vingt deux mille six cent vingt francs ( 522 680 ) au titre des recettes contre la somme de trois cent quarante six mille six cent francs ( 346 600 ) au titre des dépenses avec un résultat positif de cent soixante seize mille vingt francs ( 176 020 ) brut.

Au niveau des recettes on peut relever les éléments suivants :

-   un montant de 130 000 CFA est constitué des cotisations organisées dans le cadre du contrat de maintenance signé avec l’entreprise ayant réalisée l’ouvrage. En déduisant cette somme, la part revenant à la vente d’eau sera de 392 620 CFA au cours des 18 mois d’utilisation.

-   les recettes élevées au cours des années 98 et 99 s’expliquent par les travaux de construction ayant eu lieu à l’école qui est estimé à 51 640 CFA.

Au niveau recette on peut ainsi dire que l’eau achetée au titre de la consommation du village serait de 340 980 CFA représentant le prix d’environ 1136.6 m3 d’eau consommée.

Au titre des dépenses on retiendra ce qui suit :

-  la première observation concerne le versement de la somme de 130 000 CFA dans le cadre du contrat de maintenance, elle représente 37,50 % des charges ;

-  Ensuite vient les frais de gardiennage d’un montant de 120 500 CFA représentant plus de 34,76 %.

_La rubrique frais de gardiennage de deux ( 02 ) années en elle seule a pris plus de 35 % des recettes réelles liées directement à la consommation du village pendant les trois saisons.

_Les indemnités des vendeurs ( fonteniers ) sont de la somme de 57 000 CFA durant les trois saisons et représentent un peu plus de 16 % des dépenses.

8- Observations
En partant de la capacité réelle de mobilisation de recette qui pourrait être vraisemblablement le montant de 340 980 Frs pour les trois années d’exercice on aura une moyenne de recette de 113 660 CFA par an.

En considérant comme charges fixes les 130 000 CFA ( contrat de maintenance ), 60 250 CFA ( gardiennage 1 an ) et 19 000 CFA ( indemnisation ) on pourrait estimé ces charges fixes annuelles à 209 250 CFA.

En rapprochant les deux situations on sortirait un résultat négatif de 95 590 CFA.

9- Questionnements

Comment s’est-il passé que les plaques solaires soient volées malgré le gardien ?

Question qui était difficile à répondre vu les implications et responsabilités des uns et des autres. Néanmoins on finira par ressortir les éléments de réponses suivants :

-  Le gardien avait bougé et n’était plus à son poste depuis quelques temps parce que le comité n’honorait plus ses engagements pour au moins 3 mois.

-  Pourquoi cela ? Parce que les vendeurs avaient aussi abandonné, parce qu’ils n’étaient pas satisfaits du montant de 2 500 Frs qu’on leur payait. Alors donc, il y avait plus de recettes.

-  Pourquoi le retard pour le paiement des gardiens alors que la caisse disposait de quoi pouvoir le satisfaire ?

A cela il ressort que le comité de gestion connaissait un dysfonctionnement ( absence ou difficultés de se réunir etc ).

En analysant ce dernier point il est ressorti que les membres du bureau exécutif du comité de gestion étaient des personnes hyper chargées avec beaucoup de cumul de responsabilités dans de multiples organisations.

Un exemple : le secrétaire assure cette même fonction au niveau du groupement villageois, de l’association des parents d’élèves ; il est aussi président du comité de gestion de la SMI, il est animateur du comité et animateur CES de la sous-fédération.

Cet état de fait est donc une des sources principales des problèmes qui ont affecté la bonne marche du comité de gestion et partant de l’échec.

Du reste les tableaux en annexe mettent en évidence les autres aspects.

Le comité affirme disposer la somme de cent soixante-sept mille huit cent soixante francs CFA ( 167.860 ) en caisse.

Selon eux, cette somme se trouverait avec le trésorier. Mais pourquoi garder une telle somme chez quelqu’un ? On ouvrira un compte répondu les membres du comité présent.

9-1 Les difficultés

-   Disponibilité des membres des organes de gestion,
-   Insuffisance organisationnelle et du suivi,
-   Problèmes de rémunération des services rendus,
-   Maîtrise de coût de charge,
-   Gaspillage (pertes) d’eau,
-   Gardiennage,
-   Non maîtrise et /ou négligence sur la gestion,
-   L’instabilité des vendeurs.

9-2 Solutions

-   Renouvellement, formation en gestion et suivi de l’organe de gestion,
-   Rechercher d’autres formules ou mode adaptées de rémunération des services rendus en tenant compte des rendements,
-   Réfléchir à la possibilité de confier la gestion à des exploitants privés,
-   Rechercher la solution relative à la question de sécurisation des installations,
-   Réaliser un plan ou planning d’exploitation ( période et heure d’ouverture ).

En conclusion, nous relevons bien un enthousiasme autour du projet mais il nous semble que les personnes directement concernées ( femmes ) ne semble pas être suffisamment impliquées ni dans le processus ni dans la gestion du projet. Aucune femme n’a été conviée à notre rencontre. Nous avons eu des informations de leur côté qu’en privé.

Nous pensons aussi que la gestion des bornes-fontaines pourrait leur revenir après une bonne organisation et une formation à l’utilisation des outils.

Nous émettons des réserves quant à la reprise du projet sous forme de prêt vue le coût et pour cause le niveau de rendement actuel.

Néanmoins il faudra exclure une subvention à 100 %.

Toutefois dans le cas d’une éventuelle action, une préparation de la population pour une responsabilité sera nécessaire.

Cela pourra se faire à travers un programme d’information, de communication et d’éducation en matière de gestion des infrastructures hydraulique.

10- Bilan des trois années de fonctionnement

Recettes Montant (FCFA) Dépenses Montant (FCFA)
Vente d’eau 1997 (7 mois) 77 265 Fontenier 1997 19 500
Cotisation 130 000 Calculatrice 3 500
Vente d’eau 1998 127 880 Déplacement 2 500
Vente d’eau 1999 187 475 Versement Contrat de Maintenance 130 000
Fontenier 1998 15 000
Dépl. Police 6 200
Gardiennage 1998 55 500
Prêt à l’école 21 500
Brique 3 000
Torche 900
Autres frais 1 500
Gardiennage 1999 65 000
Fontenier 22 500
Total 522 620 Total 346 600
Marge 176 020

11 Contact : (pour plus d’informations s’adresser à....) :
Jean HENNION : 44, rue de la Planque 59710 PONT A MARCQ
Tél : 03 20 64 96 56
Mail : hennionjean@aol.com


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