VERS DE NOUVELLES RELATIONS DE SOLIDARITE
Face à l’accroissement des inégalités entre peuples riches et peuples pauvres, comme entre classes sociales d’un même pays, face à ces oppressions et à ces désordres graves, la justice et le bien commun imposent d’aller au-delà de la pitié et de la bienfaisance pour aborder la dimension politique du développement solidaire des peuples. C’est à dire : réfléchir, informer et agir sur les causes du mal-développement dans notre pays comme dans les pays du Sud, rechercher et promouvoir des solutions politiques à l’échelle internationale.
La possibilité pour chacun de participer à la création des richesses et la redistribution équitable de celles-ci entre tous les hommes passent par l’émergence de pouvoirs à la base (coopératives, syndicats ruraux, organisations de travailleurs, associations...) qui soient à même de contrebalancer les pouvoirs étatiques, bureaucratiques et économiques.
Cette transformation des relations entre les hommes suppose aussi de profonds changements dans les mentalités, les modes de vie et les structures socio-économiques, en particulier au sein de nos sociétés industrialisées.
Elle exige de nouvelles relations entre les peuples, fondées sur la mise en place d’un nouvel ordre économique et politique qui soit réellement au service des populations.
SOLIDARITE NE VEUT PAS DIRE INTEGRATION
Les tentatives « rattrapage » des pays industrialisés par les pays pauvres se sont, le plus souvent, soldées par des échecs, qu’il s’agisse de régimes à économie libérale ou de régime à économie planifiée.
Ceci laisse à penser que la voie d’un vrai développement de ces peuples ne passe pas par une croissance économique calquée sur celle du monde industrialisé et nécessairement liée à elle.
Elle ne passe pas non plus par une intégration toujours plus poussée des économies du Sud au marché mondial, contrairement à ce qu’affirment les partisans d’un libre-échange sans frein.
Enfin, elle ne passe pas davantage par la priorité donnée au « productivisme » qui met l’accent sur le développement d’une production marchande, à grand renfort de capitaux et de technologies modernes, aux dépens de l’emploi. De fait, le problème majeur des pays pauvres aujourd’hui est d’assurer un revenu, donc du travail, à la population, afin que soient couverts les besoins essentiels de chacun. Ainsi seraient limitées les causes de l’exode rural et de la prolifération anarchique des agglomérations urbaines.


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