Bienvenue

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte
Version texte
Photos aleatoires peuples solidaires
» PROGRAMMES EN COURS
» DONS EN LIGNE
» APPELS URGENTS
» PARTICIPEZ !
» ACTIONS DES GROUPES
» CATALOGUE
Accueil » Réseau-Solidarité » Historique des Appels » 277 - GHANA - L’ACCES A L’EAU MENACE

277 - GHANA - L’ACCES A L’EAU MENACE


--- Lien pièces-jointes Pièces-jointes ---

APPEL N°277 (du 3 décembre 2004 au 15 mars 2005)

GHANA - LES COMPAGNIES PRENNENT L’EAU

"L’eau n’est pas un bien marchand, mais un patrimoine commun de l’humanité", ont réaffirmé les associations de solidarité internationale françaises lors du G8 d’Evian en juin 2003(1). Le Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels n’a-t-il pas reconnu l’accès à l’eau et à l’assainissement comme un droit fondamental de l’être humain ? Pourtant, aujourd’hui encore, un milliard et demi de personnes dans le monde n’a pas accès à l’eau potable. Au-delà des contraintes techniques, c’est bien d’une question économique et politique dont il s’agit. Notamment lorsque les pays du Sud, sous la pression des Institutions financières internationales, privatisent la distribution de l’eau, sans tenir compte ni des besoins, ni des préoccupations exprimées par les citoyens. Ainsi, au Ghana, la Coalition nationale contre la privatisation de l’eau se mobilise contre le projet de confier à de grandes multinationales la gestion du service de l’eau en milieu urbain. Cette coalition a reçu le soutien de plus de 330 organisations à travers le monde. Et nous avons un rôle essentiel à jouer car des entreprises françaises pourraient se porter candidates à cet appel d’offres.

Au Ghana, plus de 50 % de la population vit avec moins d’un euro par jour. Un tiers des habitants n’a pas accès à une eau saine et 70 % n’a pas accès aux services d’assainissement. Une étude récente menée par le Ghana based Integrated Social Development Center (ISODEC) dans cinq quartiers de la capitale

Accra démontre que les ménages pauvres consacrent entre 18 et 25 % de leur revenu au seul paiement du service de l’eau. Dès lors, comment imaginer que, pour des raisons de rentabilité, l’eau devienne encore moins accessible ?

C’est pourtant ce qui risque d’arriver si le processus en cours se poursuit. Les premières "réformes" du secteur, et notamment la politique de "recouvrement des coûts" promue par la Banque mondiale, ont déjà entraîné le doublement des prix de l’eau en trois ans ! L’objectif clairement affiché est de privatiser la gestion du service. Quitte à ignorer l’avis et nier l’intérêt des premiers concernés, à savoir les consommateurs et citoyens ghanéens.

Une coalition nationale contre la privatisation

Pour mieux se faire entendre, les Ghanéens ont lancé une Coalition nationale du Ghana contre la privatisation en 2001. Cette coalition représente une grande diversité d’organisations de la société civile : syndicats, étudiants, organisations féminines, groupes écologistes, employés du secteur de la santé, associations communautaires... Elle est parvenue à rompre la passivité et à briser le silence qui entoure le processus de privatisation.

Dans un document intitulé "Pourquoi la privatisation au Ghana doit être stoppée", ces citoyens reconnaissent que le secteur public de l’eau doit être réformé d’urgence. Mais ils estiment que tout changement doit d’abord avoir pour objectif de garantir pleinement le droit à l’eau potable. Or le projet proposé par la Banque mondiale est jugé insatisfaisant pour quatre raisons. Premièrement, il résulte d’une vision étroite de la "réforme", vue sous le seul angle de la libéralisation, et cela sans avoir étudié les autres modes de gestion envisageables. Deuxièmement, il est largement imposé par des intérêts extérieurs à travers un processus opaque et en l’absence de tout débat démocratique. Troisièmement, il représente un mauvais choix financier car il alourdira la dette du pays (un prêt de 103millions de dollars est prévu), et technique car il néglige le système d’assainissement. Enfin, les conditions tarifaires envisagées risquent de priver les pauvres de l’accès à une eau saine.

Des précédents catastrophiques

Les exemples des effets néfastes de la privatisation de l’eau sur les populations ne manquent pourtant pas dans le monde.

Plusieurs multinationales ont déjà joué un rôle majeur dans ces privatisations : la française Suez - Lyonnaise des Eaux (en Argentine et aux Philippines), l’anglaise Biwater (en Afrique du Sud), la nord-américaine Bechtel (en Colombie)(2)... Au final, le prix de l’eau augmente, et ceux qui ne peuvent plus payer ne bénéficient plus du service.

Les Ghanéens savent donc ce qui les attend si le projet de privatisation dans leur pays aboutit. C’est pourquoi ils font appel à des réseaux internationaux pour appuyer leur lutte.

Plusieurs organisations demandent ainsi à la Banque mondiale de tenir enfin compte de l’avis des populations.

Il s’agit aussi de dissuader les multinationales de l’eau qui pourraient être candidates pour obtenir le contrat de gestion.

Une organisation basée en Grande Bretagne, le World Development Movement (WDM) se charge de contacter la firme anglaise Biwater.

Les trois autres firmes potentiellement intéressées sont françaises : Suez (Lyonnaise des eaux), Véolia (ex-Vivendi environnement) et SAUR (Bouygues). Avec l’association Les Amis de la Terre, le Réseau-Solidarité de Peuples Solidaires se mobilise donc pour leur demander de ne pas s’engager dans un projet qui menace les droits économiques, sociaux et culturels des populations.

(1) Texte "Eau" rédigé lors du G8 d’Evian par les associations du Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID) : www.crid.asso.fr

(2) Cf. la campagne "Cochabamba, la guerre de l’eau n’est pas finie", lancée en 2002 par Agir ici pour un monde solidaire : www.agirici.org

POUR EN SAVOIR PLUS :

Campagne "Eau" des Amis de la terre :

La Banque mondiale contribue à environ 50% du total des projets de coopération internationale dans le secteur de l’eau. Elle exige souvent des Etats des réformes qui visent la rentabilité, laissant de côté les préoccupations des populations pauvres, et reléguant au second plan les questions liées à la qualité de l’eau.

Les Amis de la Terre :

-  dénoncent l’opacité qui entoure les contrats relatifs à l’eau ;

-  demandent que les projets se basent sur des processus démocratiques associant les citoyens à la gestion de leur eau ;

-  soulignent que l’argent public français, qui alimente la Banque mondiale, doit être consacré à des projets transparents ;

-  soutiennent leurs partenaires du Sud dans leurs combats par le biais de campagnes de sensibilisation et de pression sur les décideurs.

La prochaine campagne des Amis de la Terre sur l’eau démarre au printemps 2005. Des événements prévus à cette occasion permettront de débattre et de réfléchir ensemble aux alternatives que nous pouvons promouvoir.

Contact : www.amisdelaterre.org / majda.bouch... Tel : 01 48 51 32 22

Appel en lien avec :

World Development Movement : www.wdm.org.uk

Water for All campaign : www.wateractivist.org

COMMENT AGIR :

Délai de réaction : dès réception, mais pour donner plus d’ampleur à la campagne, vous pouvez la diffuser jusqu’à fin mars 2005.

Par lettre : vous pouvez copier le modèle ci-dessous ou le télécharger en cliquant ici.
Envoyez votre lettre à l’une des entreprises indiquées ci-dessous (ou à plusieurs si vous le pouvez). N’oubliez pas d’inscrire vos coordonnées et de signer.

Affranchissement : 0,50 €

Vous pouvez également envoyer un e-mail à ces compagnies.

Adresse des destinataires :

M. Henri PROGLIO, Président du Conseil d’Administration

VEOLIA ENVIRONNEMENT, 36-38 Av. KLEBER - 75116 PARIS

E-Mail : contactcom@veoliawater.com / Fax : 01 71 75 10 09

M. Jean-François TALBOT, PDG de SAUR International

SAUR, 1 Av. EUGENE FREYSSINET - 78064 STQUENTIN EN YVELINES CEDEX

E-Mail : directiongenerale@saur.fr / Fax : 01 30 60 27 89

M. Gérard MESTRALLET, Président-Directeur Général

SUEZ, 16 Rue de la VILLE-L’EVEQUE - 75383 PARIS CEDEX 08

Fax : 01 40 06 64 76

TEXTE DE LA LETTRE

Date :

Monsieur,

J’ai été informé par le Réseau-Solidarité (10 quai de Richemont - 35000 Rennes) et Les Amis de la Terre (2B rue Jules Ferry - 93100 Montreuil) des projets de privatisation de l’eau au Ghana.

Dans d’autres pays comme l’Argentine, la Bolivie, l’Afrique du Sud et les Philippines, ces procédés ont déjà eu des conséquences catastrophiques. Je m’inquiète donc des effets de cette privatisation pour la population, en particulier pour les plus démunis. Je constate aussi que les citoyens n’ont pas été entendus et que les autres modes de gestion n’ont pas été étudiés.

Considérant que l’accès à l’eau est un droit fondamental qui doit primer sur les intérêts privés, et que le processus en cours au Ghana n’est pas transparent, je vous demande de prendre en compte les revendications de la Coalition nationale du Ghana contre la privatisation de l’eau et de ne pas participer à l’appel d’offres concernant la gestion de l’eau dans ce pays.

Restant attentif aux réponses que vous apporterez à ce courrier, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

(signature)

-  - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

MISE A JOUR 30/09/2005

La consultation est en passe d’aboutir. Les entreprises Veolia et Saur sont toujours candidates.

Vous pouvez télécharger ci-dessous la dernière lettre reçue de Veolia.



--- Télécharger les pièces-jointes Télécharger les pièces-jointes ---






Appel 277




Réponse Veolia été 2005


A LA UNE
» Publication de "Fabriqué par des femmes"

« Les travailleurs dans l’industrie de l’habillement sont en majorité... des femmes » : c’est à partir de ce constat qu’est née l’idée du livre (...)

LIENS CONNEXES

» Water for All Campaign->www.citizen.org/cmep/Water

DANS LA MÊME RUBRIQUE

OUTILS

email du destinataire
votre email
votre nom
message optionnel


© 2005 - 2006 Copyright Peuples Solidaires Hosting:Globenet |  contact:Webmaster