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300 - DOLE - LA LIBERTÉ SYNDICALE ÇA S’IMPOSE, ET ÇA SE RESPECTE !Appel n° 300 (du 2 novembre 2006 au 28 février 2007) Dole, numéro un mondial des fruits Success story... Dole c’est la « success story » d’une entreprise fondée au milieu du XIXe siècle pour la production d’ananas, devenue aujourd’hui une multinationale agroalimentaire qui vend plus de 200 variétés de fruits, légumes et fleurs à travers le monde et qui emploie 36 000 travailleurs permanents et 23 000 saisonniers. Cette multinationale est le leader mondial et le numéro trois en Europe pour la production et la commercialisation de bananes. Un marché qui lui rapporte plus d’un milliard d’euros par an. Dole est une compagnie privée passée en 2003 sous le contrôle de David H. Murdock, l’un des hommes les plus riches du monde. Ce milliardaire a aussi une longue histoire antisyndicale derrière lui. Il a été la cible d’une des plus importante campagne de syndicalisation de l’industrie textile américaine, dans l’entreprise Cannon Mills. Il a réussi cependant à se débarrasser du syndicat et a déclaré par la suite « j’ai combattu le syndicat et j’ai gagné... ». Contrôle de toute une filière Dole, comme ses deux principales rivales, Chiquita et Del Monte, est une entreprise intégrée verticalement. Cette intégration verticale lui permet d’absorber une plus grande partie de la valeur ajoutée totale du produit et de retirer des bénéfices des activités de services qui rapportent plus que l’activité de production en elle-même. Entreprise intégrée verticalement : entreprise qui contrôle les différentes étapes de la chaîne. En l’occurrence pour les multinationales de la banane, la production, l’emballage, l’expédition, le transport par bateau, l’importation et le mûrissage. On observe depuis quelques années un désengagement de Dole au stade de la production. Ce désengagement reflète un changement de rapport de force dans la filière : Il est devenu plus important de maîtriser l’extrémité de la chaîne, au plus près du consommateur, ce qui permet de se désengager de sa responsabilité sociale vis-à-vis des travailleurs des plantations. Dole se fournit en bananes dans ses propres plantations, dans celles où elle détient des parts et auprès de sous traitants au Costa Rica, au Guatemala, au Honduras, en Équateur, en Colombie, au Cameroun, en Côte d’ivoire et aux Philippines. Plantations de bananes : des syndicats purement virtuels « Dole verse des salaires [...] qui permettent aux travailleurs et leurs familles d’avoir un bon niveau de vie proportionnellement aux sociétés dans lesquelles ils vivent et travaillent [...] Dole respecte la liberté individuelle de chaque travailleur de rejoindre le syndicat de son choix ou de s’abstenir de toute affiliation. » Extrait de la partie « Politique salariale » de l’engagement de Dole en matière de RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise). Dans la réalité, Dole pratique et soutient une politique antisyndicale dans les plantations de banane et les droits d’organisation et de négociation collective ne sont pas mentionnés dans son Code de conduite. En parallèle, la multinationale continue de faire baisser les coûts de production ce qui signifie salaires bas et conditions de travail difficiles. Des trois multinationales bananières, Dole est celle qui compte le moins de syndicats en Amérique Latine. Deux pays sont devenus le centre de ses opérations dans le commerce de la banane : le Costa Rica et l’Équateur. Au Costa Rica Dole y possède environ trente plantations et se fournit auprès d’une trentaine de plantations indépendantes. Les conditions de travail dans les bananeraies sont très dures et cela est en grande partie lié à la politique antisyndicale mise en oeuvre par Dole et ses fournisseurs. Les salaires sont insuffisants pour couvrir les besoins élémentaires, les horaires sont extrêmement longs, le salaire est versé à la tâche et les heures supplémentaires ne sont, dans la réalité, jamais payées. Selon SITAGAH et UTRAL (syndicats des travailleurs de plantations des régions de Sarapiqui et Valle de Estrella), sept conventions collectives ont été signées avec Dole dans les années 80. Mais la multinationale s’est arrangée pour supprimer les syndicats dans ces plantations, se débarrasser des conventions et mettre en place un système en faveur des employeurs. En octobre 2000, au Costa Rica, Dole a licencié toute sa main d’oeuvre, puis a proposé de la réembaucher le jour suivant, à un salaire de 30 à 40 % plus bas. En 2005 et 2006, dans ses plantations Las Perlas, Dole s’est employé à désaffilier des membres du SITRAP (syndicat des travailleurs de plantations de la région de Siquirres), alors que celui-ci recrutait de nouveaux adhérents. Les syndiqués ont reçu la visite d’un promoteur du solidarisme. Avec les membres de leurs familles, ils ont été menacés de licenciements, d’inscription sur liste noire, de baisse de salaire. Ils ont été qualifiés « d’ennemis de la compagnie ». Un des travailleurs a eu sa journée de travail payée avec ticket de bus et repas en échange de sa désaffiliation. Solidarisme : Créé par un groupuscule catholique conservateur, le solidarisme a bénéficié de l’aide du gouvernement du Costa Rica, qui a modifié la législation du travail pour favoriser son implantation et le transformer en « alternative » au syndicalisme, avec le soutien financier des multinationales Dole, Chiquita et Del Monte et du gouvernement des États-Unis. L’objectif du solidarisme est la « paix sociale ». Il ne défend pas les droits des travailleurs, ne négocie pas de conventions collectives. Le solidarisme a été condamné par l’OIT. En Équateur La plus grande partie des opérations commerciales et de production de bananes Dole est maintenant concentrée en Equateur. C’est aujourd’hui le pays d’Amérique Latine où les coûts de production de la banane sont les plus bas. Il existe peu de syndicats en Équateur chez les producteurs indépendants qui fournissent Dole et il n’en existe aucun dans les plantations appartenant à Dole puisque les tentatives d’organisation syndicale rencontrent le plus souvent l’opposition. De nombreuses et longues grèves ont été menées par les travailleurs de plantations qui fournissent Dole pour protester contre les persécutions de syndicalistes, la rapide dégradation de l’environnement, la répression exercée par des brigades paramilitaires embauchées par les propriétaires des plantations, le travail des enfants, la négation du droit à la couverture sociale, les menaces de licenciements, les délais dans le versement des salaires, les longues journées de travail et le refus de payer les heures supplémentaires et le harcèlement sexuel. Ces violations des droits humains et du droit du travail sont en totale contradiction avec le Code de conduite de la multinationale et avec la certification SA 8000 que Dole a obtenue dans presque toutes ses plantations. Dans la plantation Josefa, qui fournit Dole, 12 dirigeants syndicaux et quatre autres travailleurs se sont vus refuser l’entrée de la plantation en janvier 2006, bien qu’une convention collective provisoire ait été signée. Ils ont été priés d’aller chercher leur solde de tout compte. Il n’y a qu’au Honduras que les plantations de Dole ont des syndicats et des conventions collectives. Au Guatemala, la répression de toute tentative d’organisation syndicale est très sévère, surtout sur la côte pacifique où Dole se fournit en grande quantité de bananes. Ananas et fleurs, un air de déjà vu ! Les plantations de bananes ne sont pas des cas isolés des pratiques de Dole et de ses fournisseurs. Les mêmes problèmes de non respect de la liberté syndicale et de conditions de travail extrêmement dures, se retrouvent notamment dans les plantations d’ananas du Costa Rica et d’Equateur, et dans les plantations de fleurs en Colombie et en Équateur. « Dans le monde idéal de Dole, les travailleurs ont le droit de rejoindre le syndicat de leur choix, mais ils décident de ne pas exercer ce droit. » Ron Oswald, secrétaire général de l’Union internationale des travailleurs de l’agroalimentaire. Ananas Fruit et Pina Tica au Costa Rica Les travailleurs de ces deux compagnies, fournisseurs de Dole, ont décidé de fonder un syndicat afin de lutter entre autre, contre le travail des mineurs et des femmes dans des conditions inacceptables. Leurs conditions de travail sont exténuantes et les heures supplémentaires non rémunérées. Le syndicat SITRAPINA a été fondé le 4 décembre 2005. À compter de décembre 2005, la persécution a commencé, avec notamment le licenciement de deux ouvriers. Ensuite, c’est le président du syndicat qui est licencié et, fin janvier 2006, encore 10 autres affiliés. Dole, moins de communication et plus d’actions ! Certification SA8000, juste un exercice de communication ? La multinationale persiste à dire qu’elle est en cours de négociation avec les syndicats et maintient sa communication sur sa certification SA 8000. La multinationale utilise cette certification privée depuis longtemps comme une réponse aux interrogations sur le respect de la liberté syndicale dans les plantations et sur sa politique antisyndicale. Au début de l’année 2005, Dole avait fait certifié 79 % de ses plantations et annonçait un objectif de 100 % pour fin 2005. Pour les syndicats, cette certification ne garantit pas la liberté syndicale : pour preuve, le nombre de plantations qui ont reçu la certification alors même qu’aucun syndicat n’y existe et que tout est mis en œuvre pour qu’il n’y en ait pas. Par ailleurs, dans la plupart des cas, les travailleurs ne constatent pas d’améliorations de la situation ni dans le domaine de l’environnement, ni dans celui des conditions de travail. Peu d’engagements concrets, pas de changement sur le terrain Après plusieurs années de dialogue et de rencontres sans aucun résultat concret, COLSIBA, la Coordination latino-américaine des syndicats des plantations de bananes et EUROBAN (Réseau européen d’action sur la banane) ont décidé de publier un rapport, fruit de contributions de gens sur le terrain, de personnes travaillant dans les plantations et de syndicalistes, qui dénonce les pratiques antisyndicales de la multinationale. En mai 2006, la publication du rapport « Dole, derrière l’écran de fumée » a été accompagnée de l’envoi au PDG de la compagnie d’une lettre ouverte signée par plus de 70 organisations en Europe et aux États-Unis. Depuis, et conformément à ses habitudes, peu d’engagements concrets ont été pris par la multinationale et les syndicats ne constatent pas de changement sur le terrain. « La multinationale n’a montré aucune volonté sérieuse d’apporter des réponses aux problèmes soulevés dans le rapport “Dole, derrière l’écran de fumée”, pas plus dans ses propres plantations que chez ses fournisseurs ». Anne-Claire Chambron, coordinatrice d’EUROBAN. En septembre 2006, le jour où Dole célébrait son 50e anniversaire au Costa Rica, un syndicaliste a été expulsé par les forces de police d’une plantation appartenant au groupe ACON, le plus important fournisseur de Dole dans ce pays. « Nous sommes toujours confrontés à la même rhétorique de la part de Dole . Il y a d’un côté ce que la compagnie déclare aux médias et de l’autre ce qui se passe réellement dans les plantations ». Gilberth Bermudez, secrétaire général du syndicat SITRAP au Costa Rica. Pour en savoir plus : Le rapport « Dole, derrière l’écran de fumée », à consulter sur le site de Peuples Solidaires : http://www.peuples-solidaires.org/IMG/pdf/Rapport_Dole.pdf Pour plus d’informations sur le sujet, vous pouvez consulter le site de Peuples Solidaires : www.peuples-solidaires.org/rubrique160.html D’autres outils pédagogiques, ouvrages et jeux sur le commerce de la banane et les multinationales sont disponibles auprès de Orcades :
CGT
Pour nous soutenir : Si vous souhaitez faire un don pour soutenir financièrement la campagne, ou bien si vous souhaitez recevoir des documents de campagne pour les diffuser, vous pouvez télécharger et compléter le coupon au bas de cette page et nous le renvoyer à l’adresse suivante : Réseau-Solidarité de Peuples Solidaires
Ecrivez ! Par courrier électronique : richard_dahl@na.dole.com
Important : Pour donner à COLSIBA un aperçu de votre solidarité, envoyez-lui le message de soutien ci-dessous, par lettre ou par courrier électronique : accion-urgente@colsiba.org Délai de réaction : dès réception, et jusqu’au 28 février 2007. Texte de la lettre de protestation : Mr. Richard J. Dahl
Dear Sir, At the request of trade unions in Latin America and throughout the world, I am writing to you to express my deep concern about the violation of labor rights on your plantations. Your company claims - mainly through its SA8000 certification - to fully observe workers’ rights (as recognized by international law) on your plantations and those of your suppliers. However, trade unions have provided extensive evidence of Dole’s opposition to the creation of independent and democratic unions. Thousands of workers on your banana, pineapple and flower plantations are thus denied the right to negotiate for better working conditions. I expect your company to take practical steps towards guaranteeing the observance of trade union rights, as recognized by ILO conventions, on all your plantations and those of your sub-contractors. I furthermore demand that you immediately put a stop to the violation of trade union rights, especially the right to form trade unions and to collective bargaining. Yours sincerely, Nom/Prénom :
Message de soutien à COLSIBA : COLSIBA
Estimados compañeros de COLSIBA, Acabo de escribir a Dole para pedir a esa compañía :
Con toda mi solidaridad por sus reivindicaciones y sus campañas, Nom/Prénom :
Traduction de la lettre de protestation : Monsieur, A la demande des syndicats en Amérique latine et à travers le monde, je vous écris pour exprimer ma profonde inquiétude. Votre société revendique, notamment par l’intermédiaire de sa certification SA8000, un total respect des droits des travailleurs (tels que reconnus par le droit international) dans ses plantations et celles de ses fournisseurs. Or, les syndicats ont fourni maintes preuves de l’opposition de Dole à la création de syndicats indépendants et démocratiques, niant ainsi le droit de milliers de travailleurs des plantations de bananes, d’ananas et de fleurs à négocier pour de meilleures conditions de travail. J’attends de votre société qu’elle s’engage dans la pratique, pour garantir le respect des droits syndicaux tels que reconnus par les conventions de l’OIT dans toutes ses plantations et celles de ses sous traitants. Je vous demande de mettre fin immédiatement aux violations des libertés syndicales, notamment le droit de former un syndicat et celui de négocier collectivement. (Salutations) Traduction du message de soutien : Chers amis de COLSIBA, Je viens d’écrire à Dole afin de demander à cette compagnie :
Je tiens à vous assurer de ma solidarité avec vos revendications et vos campagnes. --- Lettre 300
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Appel 300 Dole
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