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302 - PHILIPPINES - HALTE AUX VIOLENCESAppel n° 302 (du 26 février au 15 mars 2007) Aux Philippines, la violence politique perdure. En 2005, 151 militants politiques ont été assassinés. Parmi eux, 31 défenseurs des droits des travailleurs, responsables syndicaux et militants pour les droits des communautés urbaines pauvres [1] ... Et cette tempête répressive ne semble pas s’apaiser : ces derniers mois, des grévistes de la zone franche de la province de Cavite et leurs défenseurs ont fait l’objet d’une nouvelle vague d’agressions. Non seulement les autorités philippines n’interviennent pas pour mettre fin aux violations des droits syndicaux et de grève des travailleurs par les entreprises dans la zone, mais il semblerait qu’elles participent elles-mêmes aux intimidations en réprimant par la violence les grévistes et les militants. Le 3 octobre 2006, Mgr. Alberto Ramento, Evêque de la ville de Tarlac, président du Conseil d’administration du Workers’ Assistance Center (WAC, Centre d’assistance aux travailleurs) et militant pour les droits des travailleurs, est poignardé et tué dans son église. Selon nos informations, il figurait sur la liste militaire des hommes à abattre. Depuis 1998, cet "évêque des pauvres" comme on l’appelait chez lui, soutenait activement les travailleurs de la province de Cavite dans leur lutte pour la protection et la défense de leurs droits. Il exprimait avec détermination son opposition au gouvernement répressif de la présidente Gloria Macapagal-Arroyo et dénonçait fermement les multiples exécutions extrajudiciaires de militants. Meurtres et tentatives d’assassinats Deux mois plus tard, en décembre 2006, Jesus Buth Servida et Joel Sale, deux militants membres de l’ONG Solidarity of Cavite Workers (SCW) sont la cible de coups de feu alors qu’ils attendent dans leur véhicule, devant l’usine japonaise de matériel électronique Yazaki-EMI, à Imus, pour effectuer une livraison. Servida est tué sur le coup et Sale est sévèrement blessé. Un an plus tôt, ces deux hommes avaient été licenciés par la direction de l’entreprise, en raison du soutien qu’ils avaient fourni au syndicat soutenu par le WAC, face au syndicat qui avait l’appui du gouverneur de la province. Pour la police de Cavite, ce meurtre serait lié à une rivalité commerciale. Mais selon Marlene Gonzales, présidente du SCW, "il s’agit bien là d’un meurtre politique de militants défenseurs des droits des travailleurs à Cavite". Ce meurtre s’inscrit dans la droite ligne de "la politique anti-syndicale et anti-grève du gouverneur Ireneo Maliksi qui est en train de tuer un par un les défenseurs des travailleurs" ajoute-t-elle. En avril 2006 déjà, Gerardo Cristobal, un ex-syndicaliste de cette même usine et membre actif du SCW, qui avait été licencié en même temps que Servida et Sale, avait été la cible d’une tentative d’assassinat alors qu’il s’apprêtait à rejoindre une manifestation de travailleurs. Des hommes armés lui avaient tendu une embuscade et avaient tiré sur lui. Cristobal, lui aussi armé, avait répliqué [2]. Dans la fusillade, Cristobal et son agresseur avaient tous deux été blessés. A l’hôpital, Cristobal avait ensuite identifié son agresseur : il s’agissait d’un membre du service des renseignements de la police d’Imus... Connu pour son opposition à la politique menée par le gouverneur de la province de Cavite, Cristobal avait à plusieurs reprises fait l’objet de menaces de mort de la part de la police et des armées privées du gouverneur. Ces meurtres et tentatives d’assassinats n’ont jusqu’à aujourd’hui fait l’objet d’aucune enquête indépendante. Violences policières envers les travailleurs grévistes La violence des autorités publiques à l’égard des travailleurs philippins s’exprime également à travers la répression brutale des manifestations et des grèves. Les usines coréennes de Chong Won Fashion et de Phils Jeon Garments Inc., dans la zone franche de la province de Cavite, ont ainsi été la scène de violentes répressions de la part de la Philippine Economic Zone Authority (PEZA, police de l’Autorité des zones économiques spéciales philippines [3] ) , d’agents de sécurité privée et de la police locale. _En août et septembre 2006, suite au refus de la direction de ces deux usines d’entamer des négociations collectives avec les syndicats indépendants légalement élus en leur sein, et après le licenciement abusif de responsables syndicaux, des travailleurs montent des piquets de grève en face de leurs entreprises respectives. La police de la PEZA, des agents de sécurité privée de la zone et des agents de la police municipale de Rosario interviennent alors pour disperser les grévistes à coups de matraque, faisant au moins 50 blessés parmi les ouvriers syndiqués. La PEZA bloque en outre l’entrée de la zone, empêchant le ravitaillement en eau et en nourriture des grévistes, et interdisant aux travailleurs de venir rejoindre le piquet de grève. Fin septembre, en violation flagrante du droit du travail philippin, la direction de Chong Won licencie 116 grévistes. Enfin, en octobre, les deux usines démantèlent les abris précaires montés par les grévistes pour se protéger de la pluie et du soleil. Face à ces violences, nos partenaires se mobilisent et font appel à la solidarité internationale pour soutenir leur lutte. Ils réclament des autorités philippines des mesures pour mettre fin à la violence dans la zone franche de Cavite et pour assurer la sécurité des travailleurs et de leurs défenseurs dans la région. Ils demandent également la réalisation de toute urgence d’enquêtes indépendantes et impartiales sur les meurtres et tentatives d’assassinats de ces derniers mois. POUR EN SAVOIR PLUS : Nos partenaires sur cet appel
Lettre conjointe des entreprises clientes américaines à la Présidente Arroyo A l’initiative de la CCC, de l’International Labour Rights Fund (ILRF) et du Maquiladora Solidarity Network (MSN), les entreprises internationales se fournissant aux Philippines ont adressé une lettre conjointe à la Présidente philippine l’exhortant à prendre des mesures afin d’assurer la sécurité physique et la protection des droits des travailleurs et de leurs défenseurs. Disponible en anglais sur : http://www.maquilasolidarity.org/alerts/Company%20joint%20letter.pdf Plainte déposée auprès de la Commission des droits de l’Homme Le 23 octobre dernier, les syndicats des usines Chong Won et Phils Jeon ont déposé une plainte auprès du bureau régional de la Commission des droits de l’Homme, à l’encontre de différents agents de la PEZA et de la police municipale et nationale. ÉCRIVEZ ! Par courrier électronique :
Par lettre : Copiez le modèle de lettre ci-dessous ou téléchargez-le (en bas de cette page). Vous pouvez aussi le recopier en l’adaptant à votre style. N’oubliez pas de mettre vos coordonnées et de signer ! Timbre : 0,54€. Coupon partenaire : pour que la WAC ait un aperçu concret des soutiens sur lesquels elle peut s’appuyer, envoyez-lui le message de soutien. Timbre : 0,85€. Délai de réaction : dès réception, et jusqu’au 15 mars 2007. TEXTE DE LA LETTRE : Son Excellence Monsieur Jose A. ZAIDE
Monsieur l’Ambassadeur, J’ai été informé(e) par le Réseau-Solidarité de Peuples Solidaires des actes de violence exercés à l’encontre des défenseurs des droits des travailleurs et des grévistes de la zone franche de la province de Cavite aux Philippines. En particulier : la tentative d’assassinat de Gerardo Cristobal, ancien responsable syndical et membre du Solidarity of Cavite Workers (SCW) le 28 avril 2006 ; le meurtre de l’Evêque Alberto Ramento, président du conseil d’administration du Workers’ Assistance Center (WAC) le 3 octobre 2006 ; la violence continue exercée par les forces de police et des agents de la sécurité privée de la zone franche de Cavite envers les grévistes des usines de Chong Won et de Phils Jeon et l’assassinat le 11 décembre dernier de Jesus Buth Servida, membre du SCW. Je suis extrêmement préoccupé(e) par cette situation et particulièrement inquièt(e) de l’implication des autorités philippines dans ces répressions. J’exhorte votre gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour faire cesser la violence et assurer la sécurité et les droits des travailleurs et de leurs défenseurs dans la zone franche de Cavite. J’insiste également sur la nécessité d’une enquête indépendante et impartiale sur les meurtres et tentatives de meurtres de ces derniers mois. Puissiez-vous entendre cet appel, Monsieur l’Ambassadeur, et le transmettre au gouvernement philippin. MESSAGE DE SOLIDARITE : Workers’ Assistance Center, Inc. (WAC)
Dear friends of WAC, I have been informed by Réseau-Solidarité of the ongoing use of violence against trade unionists and labour rights activists in the Cavite Export Processing Zone (EPZ), in particular the violent attacks on striking workers and labour rights promoters, and most alarming, the murder of labour rights advocates. I support your action and sent a letter to the Philippines Ambassador to France requesting that he takes immediate action to implement your demands. With warm regards, TRADUCTION DU MESSAGE DE SOLIDARITE : Chers amis du WAC, J’ai été informé(e) par le Réseau-Solidarité de la violence continue exercée à l’encontre des syndicalistes et des militants pour les droits des travailleurs dans la zone franche de Cavite, en particulier des violentes attaques sur des grévistes et des défenseurs des droits des travailleurs, et plus inquiétant encore, du meurtre de défenseurs des droits des travailleurs. Je soutiens votre action et ai envoyé une lettre à l’Ambassadeur des Philippines en France, l’exhortant à répondre immédiatement à vos demandes. (Salutations) [1] Rapport de l’Ecumenical Institute for Labor Education and Research (cf. http://www.eilerinc.org/ ) [2] Le fait que Cristobal ait été armé peut paraître surprenant.. Toutefois, ceci s’explique en partie par le contexte de forte insécurité dans lequel il se trouvait [3] Agence de promotion de l’investissement, attachée au Département du commerce et de l’industrie qui octroie des avantages fiscaux et non fiscaux aux développeurs de la zone et aux exportateurs. --- Lettre 302
Appel 302
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