Bienvenue

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte
Version texte
Photos aleatoires peuples solidaires
» PROGRAMMES EN COURS
» DONS EN LIGNE
» APPELS URGENTS
» PARTICIPEZ !
» ACTIONS DES GROUPES
» CATALOGUE
Accueil » Réseau-Solidarité » Historique des Appels » 304 - SRI LANKA - SYNDICALISTES AU PILORI

304 - SRI LANKA - SYNDICALISTES AU PILORI


--- Lien pièces-jointes Pièces-jointes ---

Appel n° 304 (du 21 mars au 30 mai 2007)

Ces derniers mois, le coût de la vie a énormément augmenté au Sri Lanka, provoquant un grand mécontentement chez les travailleurs. Pour répondre aux multiples menaces de grèves dans différents secteurs de l’économie, les autorités ont adopté de nombreuses mesures destinées à mettre un terme aux protestations. Dans ce contexte, la campagne de discrédit et de diabolisation lancée en février dernier à l’encontre d’un groupe de syndicalistes indépendants et qui vise à les associer à l’insurrection terroriste des Tigres tamouls [1] suscite une particulière inquiétude. Les menaces et intimidations dont ils sont victimes se sont en effet multipliées après qu’ils aient organisé une manifestation devant la gare du Fort de Colombo pour protester contre l’enlèvement de trois employés d’un journal syndical de cheminots, le 6 février dernier. Cette situation fait craindre une dérive répressive qui pourrait aboutir à la suppression systématique des libertés syndicales dans le pays. Une grave menace pèse aujourd’hui sur ces syndicalistes et si rien n’est fait pour entraver ce processus de discrédit mené par les autorités, c’est non seulement la liberté mais également la vie des syndicalistes qui seront menacées.

Anton Marcus, responsable du Syndicat des zones franches et des services généraux (FTZ-GSEU) et partenaire de longue date de Peuples Solidaires (cf. “En savoir plus”) compte parmi les dirigeants syndicaux ayant participé à la manifestation du 7 février. Il affirme qu’avec d’autres dirigeants syndicaux de premier plan, notamment Sman Ratnapriya et Ravi Kumudesh de l’Alliance syndicale du secteur de la santé (HSTUA) et Joseph Stalin du Syndicat des enseignants de Ceylon (CTU), ils courent actuellement le risque d’être kidnappés, arrêtés, voire même tués en raison des fausses accusations de terrorisme dont ils sont la cible [2] .

Tentatives de discrédit

Ce groupe de syndicalistes indépendants est en première ligne dans la lutte pour les libertés syndicales fondamentales. Ils ont récemment participé à des campagnes qui dénonçaient le rôle du gouvernement dans des atteintes au droit de grève et des réformes arbitraires de la législation du travail. Bénéficiant du soutien de nombreux travailleurs victimes d’exploitation, ils sont devenus une source de préoccupation pour les employeurs et pour le gouvernement...Bien qu’ils aient affirmé qu’ils n’avaient aucune intention de contrecarrer les plans du gouvernement pour maintenir l’ordre et le respect de la loi en matière de terrorisme, des avis de recherche portant leurs noms et les accusant d’être des terroristes ont été placardés aux quatre coins du pays, aux abords des zones franches, dans les transports publics, les hôpitaux etc. Il semblerait en outre que les médias nationaux se préparent à lancer une campagne de diabolisation des syndicats concernés. En jetant ainsi le discrédit sur les syndicats, cette campagne vise à semer le doute dans l’esprit des citoyens et des travailleurs et met en danger la vie de ces syndicalistes. Plusieurs menaces de mort ont déjà été proférées à l’encontre de militants syndicaux et il est à craindre que ceux-ci soient prochainement victimes d’enlèvements ou d’arrestations en raison de leur prétendue complicité avec le mouvement terroriste.

Menaces d’enlèvement

Tout porte à croire que l’enlèvement, le 6 février dernier, de Nihal Serasinghe, Lalith Seneviratne et Sisira Priyankara, trois collaborateurs du journal syndical Akuna, constitue en réalité une mesure de répression syndicale. Ce secteur est en effet traditionnellement considéré comme l’un des plus actifs dans le monde syndical et les cheminots sont connus pour leur lutte obstinée en faveur des droits syndicaux. Peu de temps avant d’être kidnappé, Sisira Priyankara, le rédacteur du journal, avait d’ailleurs participé au dépôt de plusieurs plaintes auprès des tribunaux, concernant des augmentations salariales accordées de manière illicite à des hauts responsables du gouvernement. Sous la pression des syndicats qui menaçaient de lancer de nouvelles actions de protestation contre la multipliation des enlèvements, le gouvernement annonçait que les trois hommes avaient en fait été arrêtés par la police d’investigation criminelle, placés en garde à vue et soumis à des interrogatoires. Des vidéos montrant les trois militants confesser leurs " crimes " ont par la suite été présentées aux journalistes. On y voit Nihal Serasinghe ; Lalith Seneviratne et Sisira Priyankara décrire, chacun leur tour, leurs projets d’attentats et leur entraînement militaire chez les Tigres tamouls. Reporters sans frontières a dénoncé ces les méthodes de pression auxquelles la police criminelle a visiblement eu recours pour obtenir ces révélations, et a déclaré que " des confessions enregistrées dans un lieu inconnu, par des personnes inconnues, après une arrestation qui ressemble plus à un kidnapping, n’ont aucune valeur juridique".

Les autorités doivent réagir

Le 21 février, deux des syndicats visés par cette campagne de discrédit, le FTZ-GSEU et le HSTUA ont déposé plusieurs plaintes auprès de la police, pour demander d’une part que leur protection soit assurée et pour réclamer d’autre part, qu’une enquête soit menée sur cette campagne de désinformation qui met en péril leur liberté et leur vie. Mais les autorités chargées d’appliquer la loi n’ont jusqu’à présent pas pris les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des syndicalistes menacés.En tant que membre de l’Organisation internationale du travail et ayant ratifié la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical [3], ainsi que la Convention sur le droit d’organisation et de négociation collective [4], les autorités sri lankaises ont le devoir de prendre les mesures qui s’imposent pour protéger l’exercice des droits syndicaux et garantir la liberté d’association.

POUR EN SAVOIR PLUS

Anton Marcus, responsable du Syndicat des zones franches et des services (FTZ-GSEU) l’un des dirigeants syndicaux menacés par la campagne de discrédit menée par les autorités sri lankaises, a notamment participé aux travaux du séminaire international sur les Appels urgents que nous avons organisé en 2005. Il s’est également déplacé dans plusieurs villes de France afin d’apporter sa contribution à des événements organisés par des associations locales (groupes Peuples Solidaires, centres RITIMO, boutiques Artisans du Monde etc.)

La campagne qui vise à associer les syndicalistes à des terroristes a fait l’objet d’une dénonciation sans ambages de la part de nombreuses organisations :

-  L’ Asian Human Rights Commission (AHRC)(en anglais)

-  La Clean Clothes Campaign(en anglais)

-  La Confédération Syndicale Internationale

ÉCRIVEZ !

Par courrier électronique : gosl@presidentsl.org - Cc : ftzunion@wow.lk
Par lettre : vous pouvez copier le modèle de lettre ci-dessous ou le télécharger (pièce jointe en bas de cette page). N’oubliez pas de mettre vos coordonnées et de signer ! (Timbre : 0,85 €).
Coupon partenaire : pour que le FTZ-GSEU ait un aperçu concret des soutiens sur lesquels il peut s’appuyer, envoyez-lui un message de soutien.
Délai de réaction : dès réception, et jusqu’au 30 mai 2007.

MESSAGE DE PROTESTATION

The President, Democratic Socialist Republic of Sri Lanka His Excellency Mahinda Rajapakshe President’s House “Temple Tree” Colombo 3 SRI LANKA

Adresse électronique : gosl@presidentsl.org

Dear Mr President,

I have been informed by the Solidarity Network of Peuples Solidaires about the risks that trade unionists face while carrying out their legitimate activities in Sri Lanka. On 6 February, three collaborators of a trade union journal have been abducted in Colombo, and accused of collaboration with Liberation Tigers of Tamil Ealam insurgents. Key trade union activists who participated in a protest for the release of the abducted men are now being publicly accused of being covert terrorist operatives, and, as a result, seriously threatened. The FTZ-GSEU and the HSTUA lodged complaints with the police to seek protection for their trade union right and for their lives, but to date, the law enforcement authorities have failed to take constructive measures to guarantee their safety.The exercise of trade union rights is enshrined in ILO Conventions 87 and 98, to which your country is a signatory. I therefore urge you to take immediate measures in order to :
-  guarantee the safety of all trade unionists under threat, and ensure the free execise of trade union activities ;
-  investigate the complaints lodged by the aforesaid trade unionists and guarantee their safety ;
-  ensure the due process of law on all acts of threats and intimidation.

I look forward to your timely intervention and response.

Yours respectfully,

MESSAGE DE SOUTIEN

Free Trade Zones & General Services Employees Union (FTZ-GSEU)
Reg : No 7223141,
Ananda Rajakaruna Mawatha
Colombo 10
SRI LANKA

Adresse électronique : ftzunion@wow.lk

Dear friends of FTZ-GSEU,

I have been informed by Peuples Solidaires about the risks that trade unionists face while carrying out their legitimate activities in Sri Lanka. I am alarmed by the campaign explicitly aimed at linking trade unionists with Liberation Tigers of Tamil Ealam insurgents and the serious threats that have been made against trade unionists as a result of this campaign. I support your action and sent a letter to the President of Sri Lanka, urging him to take immediate measures in order to implement your demands.

With warm regards,

TRADUCTION DES MESSAGES

Traduction du message de protestation :

Monsieur le Président,

J’ai été informé(e) par le Réseau-Solidarité des risques que courent les syndicalistes dans l’exercice de leur activité légitime au Sri Lanka. Le 6 février, trois collaborateurs d’un journal syndical ont été enlevés à Colombo et accusés de collaboration avec les insurgés des Tigres tamouls. Les principaux dirigeants syndicaux qui ont participé à une manifestation pour réclamer leur libération sont aujourd’hui publiquement accusés d’être des terroristes, et sont en conséquence victimes de graves menaces. Le FTZ-GSEU et le HSTUA ont déposé des plaintes auprès de la police réclamant la protection de leurs droits syndicaux et de leur vie, mais les autorités responsables n’ont, à ce jour, rien fait. Les droits syndicaux sont inscrits dans les Conventions 87 et 98 de l’OIT, ratifiées par votre pays. Je vous exhorte donc à prendre immédiatement les mesures nécessaires pour :
-  Veiller à la sécurité de tous les syndicalistes actuellement exposés à des menaces et garantir le libre exercice des activités syndicales ;
-  Ouvrir des enquêtes en règle sur la base des plaintes déposées par les syndicalistes ;
-  Veiller au respect de la garantie suffisante du droit pour tout cas de menace et d’intimidation. (Salutations)

Traduction du message de soutien :

Chers amis du FTZ-GSEU,

J’ai été informée par Peuples Solidaires des risques que courent les syndicalistes dans l’exercice de leur activité légitime au Sri Lanka. Je suis très préoccupé(e) par la campagne visant explicitement à associer les syndicalistes avec les insurgés et des graves menaces qui ont été proférées à votre encontre.

[1] Le mouvement des Tigres de libération de l’Eeaam Tamoul (LTTE-Liberation Tigers of Tamil Ealam) est une organisation indépendantiste tamoule du Sri Lanka fondée en 1976 et dont le but est la création d’un État, le Tamil Ealam, dans le nord-est de l’île. Ils prirent les armes en 1972 et furent le premier mouvement à utiliser l’attentat-suicide comme moyen d’action.

[2] Appel lancé par Anton Marcus disponible en anglais sur :http://www.labourbehindthelabel.org/images/stories/urgentappeals/docsandpdfs/07-02_ftzgseu_appeal.pdf

[3] Convention n°87 de 1948, ratifiée par le Sri Lanka en 1995.

[4] Convention n°98 de 1949, ratifiée par le Sri Lanka en 1972.



--- Télécharger les pièces-jointes Télécharger les pièces-jointes ---


Appel 304 Sri Lanka




Lettre 304 Sri Lanka


A LA UNE
» Publication de "Fabriqué par des femmes"

« Les travailleurs dans l’industrie de l’habillement sont en majorité... des femmes » : c’est à partir de ce constat qu’est née l’idée du livre (...)

DANS LA MÊME RUBRIQUE

OUTILS

email du destinataire
votre email
votre nom
message optionnel


© 2005 - 2006 Copyright Peuples Solidaires Hosting:Globenet |  contact:Webmaster