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305 - COSTA RICA - CHIQUITA : BANANES INDIGESTESAppel n° 305 (du 7 mai au 30 juin 2007) Avec 115 exploitations bananières et une présence dans les magasins de plus de 60 pays, Chiquita se place en tête du marché mondial de la banane, ex-aequo avec son principal concurrent, Dole. Sous la pression grandissante des consommateurs, Chiquita se vante désormais de promouvoir des produits qui répondent à des critères sociaux et environnementaux. Une banane propre, “cultivée sans pesticides, [...] soignée et cueillie par des travailleurs dont les droits auraient été pleinement respectés” [1] , voilà ce que Chiquita nous promet. Sur son site internet, la multinationale déclare : " nos bananes sont [...] cultivées dans le respect de l’environnement et de nos travailleurs sur les lieux de production" [2]]. Depuis 2005, les bananes Chiquita sont certifiées par l’organisation de protection de l’environnement Rainforest Alliance. Les plantations de la multinationale se prévalent en outre du standard social SA8000 qui recquiert notamment le respect des normes fondamentales de travail de l’OIT [3]. Pourtant, dans la plantation de Coyol [4] , au Costa Rica, la Compañia Bananera Atlántica Limitada (COBAL), succursale de Chiquita, met la santé de ses travailleurs en péril et viole leurs droits fondamentaux en toute impunité. Le 16 mars 2007, à 5 heures du matin, Alexander Reyes Zúñiga, Marco Gonzáles Borges et Jaime Blanco Juárez entament leur journée de travail dans la plantation de bananes de Coyol de la société COBAL de Chiquita. Cela fait près d’une heure qu’ils procèdent à la coupe et au ramassage des fruits dans la zone de la plantation à laquelle ils ont été affectés par leur supérieur, lorsqu’ils s’aperçoivent qu’une autre équipe est en train de procéder à une fumigation manuelle avec un nématocide, dans la même zone. Ce pesticide utilisé contre certains vers parasites qui constituent l’un des plus gros problèmes dans les plantations de bananes, est l’un des plus toxiques qui soient pour l’homme.
Graves irrégularités dans la procédure En dépit de preuves accablantes, et sans même prendre la peine de réaliser un examen médical sur les travailleurs affectés, Chiquita nie tout en bloc : l’empoisonnement des travailleurs de COBAL, ainsi que l’irrégularité de la procédure de licenciement. Les deux travailleurs à qui la faute est imputée n’ont pourtant eu aucune occasion de se défendre, et n’ont pas même été informés du contenu des témoignages qui auraient justifié leur licenciement. Qui plus est, alors que la procédure établie par le droit du travail costa ricain prévoit trois avertissements avant tout renvoi pour raison disciplinaire, Alexander Zúñiga et Marco Borges sont licenciés au terme de cette seule procédure. Intimidations envers les travailleurs L’attitude de l’entreprise est condamnée par le syndicat industriel des travailleurs agricoles et de l’élevage d’Heredia (SITAGAH [5]) et par la coordination des syndicats bananiers du Costa Rica (COSIBA-CR [6]) Ces deux organisations syndicales accusent l’entreprise de tenter de dissuader les travailleurs de dénoncer les atteintes dont ils sont victimes par des manoeuvres d’intimidation. Les syndicats dénoncent plus généralement le comportement abusif de COBAL qui recourt à ses services de sécurité privés pour intimider les travailleurs : leurs logements sont ainsi réquisitionnés sans autorisation officielle et les travailleurs migrants nicaraguayens sont menacés de dénonciation aux services de l’immigration. La sécurité de l’entreprise s’arroge même le droit de leur confisquer leurs papiers. Les travailleurs et les syndicats mettent également en cause l’utilisation imprudente des pesticides par la société bananière. Les atteintes à la santé des travailleurs sont en effet monnaie courante dans ces plantations : outre la fumigation dangereuse des sols avec des pesticides, la pratique d’épandage aérien de substances toxiques sur les lieux de travail est également dénoncée depuis des années par les syndicats. De nombreuses plaintes ont déjà été formulées à cet égard, mais l’entreprise continue de les ignorer. Bien qu’il existe un accord régional entre les syndicats et Chiquita [7] qui établit l’obligation à la charge de l’entreprise de répondre sous trois jours aux dénonciations qui lui sont communiquées, certaines de ces plaintes ont été déposées il y a déjà plus d’un an, et sont restées sans réponse... POUR EN SAVOIR PLUS Peuples Solidaires en mission dans les plantations en 2005
Euroban (European Banana Action Network)
La Déclaration de Berne
ECRIVEZ ! Par lettre : téléchargez le modèle au bas de cette page (pièce jointe) ou recopiez-le en l’adaptant à votre style. Envoyez-le au destinataire sans oublier d’inscrire vos coordonnées et de signer.
Message de soutien : pour que COSIBA CR ait un aperçu concret des soutiens sur lesquels il peut s’appuyer, envoyez-lui votre message de soutien (à télécharger au bas de cette page ou à recopier) !
Par e-mail : mlatouche@chiquita.com - Cc :cosibacr@racsa.co.cr Délai de réaction : dès réception, et jusqu’au 30 juin 2007 LETTRE DE PROTESTATION Marco La Touche
Estimado Señor La Touche, Me informó la asociación Pueblos Solidarios (10 quai de Richemont 35000 Rennes - France) de la intoxicación y del despido de trabajadores en la finca Coyol, propiedad de la empresa COBAL en Costa Rica.
Le ruego a usted que intervenga para que :
Seguimos en la espera de los trámites que le rogamos emprender mediante esta carta. Atentos saludos, MESSAGE DE SOUTIEN COSIBA-CR y SITAGAH
Estimados compañeros de COSIBA-CR y de SITAGAH, Me he enterado por Pueblos Solidarios del conflicto social entre Chiquita, los sindicatos COSIBA-CR y SITAGAH, y trabajadores de la finca Coyol, relacionado con la intoxicación con nematicida y el despido de los trabajadores Alexander Zúñiga et Marco Borges. Apoyo vuestra acción y he enviado una carta al Director de relaciones laborales de Chiquita instándolo a responder a sus demandas. Muy atentamente, Traductions : Lettre de protestation : Cher Monsieur La Touche, J’ai été informé-e par Peuples Solidaires, de l’empoisonnement et du licenciement de travailleurs dans la plantation de Coyol, propriété de l’entreprise COBAL au Costa Rica.
Je vous demande d’intervenir pour que :
Je resterai attentif-ve aux suites que vous donnerez à ma lettre. (Salutations) Lettre de soutien :
Chers amis de COSIBA-CR, J’ai été informé(e) par Peuples Solidaires du conflit social qui oppose Chiquita, les syndicats COSIBA-CR et SITAGAH, et des travailleurs de la plantation de Coyol, relatif à l’empoisonnement au nématocide et au licenciement des travailleurs Alexander Zúñiga et Marco Borges. Je soutiens votre action et j’ai envoyé une lettre au directeur des relations de travail de Chiquita le pressant de répondre à vos demandes. (Salutations) [1] François Meienberg, déclaration de Berne, Vers un Développement solidaire, n°191, avril 2007, p.2. [2] Voir site internet de Chiquita en français sur : [http://www.chiquitabananen.nl/befr/index.htm->http://www.chiquitabananen.nl/befr/index.htm [3] Organisation internationale du travail [4] La plantation de bananes de Coyol est située dans la région de Sarapiqui, qui se trouve dans la province de Heredia, au Nord du pays et à la frontière avec le Nicaragua. [5] Sindicato Industrial de Trabajadores Agrícolas, Ganaderos y Anexos de Heredia [6] Coordinadora de Sindicatos Bananeros de Costa Rica [7] L’union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA), Chiquita et COLSIBA (Coordinadora Latinoamericana de Sindicatos Bananeros) --- Appel 305 Costa Rica
Lettre 305
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