---
![]() |
|
![]() |
»
CONTACTS
|
Accueil
» Appels Urgents
» Historique des Appels
» 306 - REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO : LES DIAMANTS DE LA MISERE
306 - REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO : LES DIAMANTS DE LA MISEREAppel n° 306 (du 25 mai au 15 juillet 2007) La République démocratique du Congo (RDC) dispose de ressources naturelles extrêmement riches, parmi lesquelles des diamants, la marchandise d’exportation la plus précieuse du pays [1]. Pourtant, le commerce du diamant n’a pas engendré les bénéfices significatifs que l’on aurait pu espérer pour la population congolaise. Ironie du sort, les habitants de la province du Kasaï oriental, région qui abrite l’essentiel des gisements du pays, comptent parmi les plus pauvres de la RDC... Et la situation ne va pas en s’arrangeant. Ainsi, depuis plusieurs mois, la Société minière de Bakwanga (MIBA), principale entreprise extractive de diamants du pays, est au bord de la faillite. Le retard dans le paiement des salaires de ses 6000 employés y est aujourd’hui de huit mois, et les rémunérations en vivres ne sont plus assurées depuis plus de quarante mois. Compte-tenu de l’importance de cette société pour l’économie de la région, ce sont les habitants de toute la province, et l’économie de tout le pays qui pâtissent des mauvais résultats de l’entreprise. Une gestion responsable constituerait indiscutablement la clé de la stabilité et de la croissance économique de la région. Mais les mesures proposées par le gouvernement face à la détresse des travailleurs et de leurs familles, restent insuffisantes. La MIBA, c’est le géant industriel et minier du Kasaï oriental. Cette entreprise créée en 1961 suite à la découverte des premiers diamants dans les gisements de la rivière Mbuji Mayi, s’étend sur une concession de 45 000 km2 et a produit pour les 5 dernières années une moyenne de 6 millions de carats de diamants par an. En plus de sa mission initiale qui consiste en l’exploitation de diamants, la MIBA, via ses écoles, ses hôpitaux, son système hydroélectrique et même ses habitations, joue un rôle central dans le développement socio-économique de la ville de Mbuji Mayi, du Kasaï oriental et même du pays dans son ensemble. Or, son capital est détenu à 80% par l’Etat, mais voilà : celui-ci doit 64 millions de dollars à la MIBA, la société étant elle-même endettée à hauteur de 140 millions de dollars... Mineurs en grève et syndicalistes réduits au silence Cela fait déjà plusieurs mois que les travailleurs de la société minière dénoncent la détérioration de leurs conditions de travail et de vie dans l’entreprise quand, après avoir déposé en vain plusieurs préavis de grève, avec l ’appui de l’intersyndicale impulsée par la FOSYCO (Force syndicale congolaise), ils décident de se mettre en grève le 23 avril dernier. Les sources de mécontentement sont nombreuses : vétusté de l’outil de travail, insécurité dans les carrières, retards considérables de paiement des salaires, suppression d’avantages sociaux comme la distribution mensuelle de vivres aux familles des employés, absence de soins médicaux et de moyens de transport pour se rendre sur leur lieu de travail, etc. Non seulement les conditions de travail des mineurs sont extrêmement difficiles et dangereuses, mais en plus ils sont aujourd’hui plongés dans la faim et la misère, et vivent comme " des clochards réduits à la mendicité " [2] . Mais, loin de voir leurs revendications prises en compte, une semaine après le début de la grève, les représentants syndicaux sont convoqués par le gouverneur de la province du Kasaï oriental, en présence et sous la pression des responsables de l’armée, de la police, des renseignements généraux et des dirigeants de la MIBA, et sont solennellement mis en garde contre la poursuite de la grève. Dans les jours qui suivent, les principaux dirigeants de la FOSYCO, considérés comme les initiateurs du conflit, reçoivent quotidiennement des menaces de mort (SMS, coups de téléphone anonymes ou menaces proférées par l’intermédiaire d’émissaires). Le 14 mai, des employés de la MIBA venus manifester leur indignation lors d’un rassemblement pacifique organisé devant le siège social de la société, sont brutalement réprimés par la police. Plusieurs manifestants seront gravement blessés. La presse locale, " aux ordres ", refuse de publier leurs communiqués... Le gouvernement appelé à protéger les intérêts du peuple Face à la détermination des grévistes, la ministre du Portefeuille, Jeanne Mabunda, reçoit finalement le lundi 7 mai 2007, une délégation syndicale à Kinshasa. L’après-midi même, le paiement d’une partie des arriérés de salaire débute sur les sites de production de la MIBA et le mercredi suivant, le travail reprend timidement après 16 jours de grève. De nombreux ouvriers refusent toutefois encore de regagner les carrières, exigeant comme préalable à la reprise, le départ du comité de gestion de la MIBA, jugé responsable du risque de faillite et incapable d’assurer la sécurité des mineurs dans les carrières. A l’issue d’une assemblée extraordinaire du conseil d’administration de la MIBA, la ministre du Portefeuille met finalement fin aux fonctions de tous les membres du comité de gestion. Une nouvelle équipe est nommée pour un mandat intérimaire de deux mois, mais est aussi contestée par les salariés. Pour répondre aux graves problèmes financiers de l’entreprise, le gouvernement aurait en outre contracté un prêt de 11 millions de dollars auprès d’une banque privée, accordé en échange de l’hypothèque des certificats miniers et des titres d’exploitation des gisements de l’entreprise. Or, non seulement cette somme est largement insuffisante pour assurer le paiement des arriérés de salaire dus par l’entreprise, qui s’élève aujourd’hui à plus de 20 millions de dollars, mais en plus, dans l’hypothèse plus que probable où la MIBA ne serait pas en mesure de rembourser sa dette, celle-ci risque un véritable démembrement, avec un transfert de son contrôle à des intérêts privés [3] . Les représentants de la FOSYCO craignent que le gouvernement ne soit en train d’essayer de " brader cette entreprise, comme il l’a déjà fait avec d’autres ", disent-ils. Ils font appel à la solidarité internationale pour " empêcher un tel transfert de propriété et exiger une solution qui tienne compte des intérêts de tous". POUR EN SAVOIR PLUS La mobilisation sociale des travailleurs de la MIBA est soutenue par les 12 organisations les plus représentatives du pays, y compris la FOSYCO (Force syndicale congolaise), la CTP (Confédération des travailleurs et paysans), la CDT (Confédération démocratique du travail) et l’UNTC (Union nationale des travailleurs du Congo). En France, c’est la CGT qui a relayé l’appel de ses partenaires de la FOSYCO. La CGT assure de son soutien les dirigeants et militants de toutes les organisations syndicales de RDC qui agissent courageusement et dans l’unité pour satisfaire les justes revendications des salariés.Elle se joint à l’action de Peuples Solidaires et appelle ses structures à écrire au Premier ministre de RDC via l’Ambassadeur de RDC en France. L’association Global Witness, dans un rapport publié en juin 2006 et intitulé " La réforme du secteur du diamant en RDC ". fait la lumière sur les raisons de la faillite d’entreprises diamantifères telles que la MIBA. Ainsi, ce rapport indique que “la MIBA (...) ne dégage aucune marge bénéficiaire, et des millions de dollars disparaissent en raison de la corruption, de la fraude et du vol”. Voir le site internet de Globall Witness : www.globalwitness.org ECRIVEZ ! Par lettre : découpez le modèle ci-contre ou recopiez-le en l’adaptant à votre style. Envoyez-le au destinataire (adresse au verso), sans oublier d’inscrire vos coordonnées et de signer. Timbre : 0,54 euros.
LETTRE DE PROTESTATION Ambassade de la République démocratique du Congo en France
Monsieur l’Ambassadeur, Je vous saurais gré de faire parvenir le message ci-dessous à son Excellence Monsieur le Premier ministre de RDC. Monsieur le Premier ministre, J’ai été informé(e) par le Réseau-Solidarité de Peuples Solidaires de la grave détérioration des conditions de travail et de vie des employés de la MIBA et notamment des retards considérables de salaires accumulés par l’entreprise. Après la grève d’avril dernier, des représentants des travailleurs ont été menacés à plusieurs reprises et seul un mois de salaire a été versé. L’Etat aurait contracté un prêt de 11 millions de dollars en hypothéquant auprès d’une banque privée les certificats miniers et des titres d’exploitation des gisements de l’entreprise. Je suis extrêmement préoccupé(e) par la situation des travailleurs de la MIBA et j’exhorte les autorités de votre pays à :
Je vous prie d’agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de ma très haute considération. MESSAGE DE SOUTIEN A LA FOSYCO : Peuples Solidaires
pour la FOSYCO
Chers amis de la FOSYCO, J’ai été informé(e) par le Réseau-Solidarité de Peuples Solidaires de la grave détérioration des conditions de travail et de vie des travailleurs de la MIBA et notamment des retards considérables de salaires accumulés par l’entreprise. J’ai également été alerté(e) des menaces proférées à votre encontre après le début de la grève en avril dernier et du risque de démembrement de la MIBA. Je soutiens votre action et ai envoyé une lettre au Premier ministre de RDC via l’Ambassadeur de RDC en France, l’exhortant à répondre immédiatement à vos demandes. Solidairement, PRECISION : REMARQUE SUR L’ENVOI DE VOTRE COURRIER : L’acheminement du courrier jusqu’en RDC étant particulièrement long, et s’agissant ici d’une action urgente, les représentants de la FOSYCO vous demandent de bien vouloir adresser vos lettres de protestation à l’Ambassadeur de RDC en France, qui se chargera de transmettre vos courriers au Premier ministre congolais. Pour les mêmes raisons, nous vous demandons de bien vouloir envoyer vos messages de solidarité à Peuples Solidaires (10, quai de Richemont 35000 RENNES). Nous nous chargerons à notre tour de faire parvenir ces messages à nos amis de la FOSYCO. [1] Avec 9,1 millions de carats produits en 2003, soit 16,5 % de la production mondiale, la RDC se place en troisième position des plus grands producteurs de diamants industriels du monde, derrière l’Australie et la Russie (chiffres de 2003, source : L’état du monde 2005). [2] Article publié dans le journal La Prospérité (Kinshasa), 9 mai 2007. [3] A l’instar de ce qui est arrivé à un autre géant minier, la Générale des carrières et des mines (Gecamines) --- Appel 306 RDC
Lettres 306 RDC
|
» Publication de "Fabriqué par des femmes" « Les travailleurs dans l’industrie de l’habillement sont en majorité... des femmes » : c’est à partir de ce constat qu’est née l’idée du livre (...) » Imprimer
|
| © 2005 - 2006 Copyright Peuples Solidaires | Hosting:Globenet | contact:Webmaster | ||