---
![]() |
|
![]() |
»
CONTACTS
|
Accueil
» Appels Urgents
» Historique des Appels
» 308 - PHILIPPINES - LES VIOLENCES CONTINUENT
308 - PHILIPPINES - LES VIOLENCES CONTINUENTAppel n°308 (du 13 juillet au 1er septembre 2007)
Voilà près de neuf mois que dure la grève à C. Woo Trading. Après le refus de la direction coréenne en août et septembre 2006 d’entamer des négociations collectives avec le syndicat indépendant légalement élu et le licenciement abusif de deux de leurs responsables syndicaux, les travailleurs montent un piquet de grève en face de l’usine. La police de la zone franche, des agents de sécurité privée et des policiers municipaux de Rosario interviennent alors pour disperser les grévistes à coups de matraque, faisant au moins 50 blessés parmi les ouvriers syndiqués. La police bloque l’entrée de la zone, empêchant le ravitaillement en eau et en vivres des grévistes, et interdit aux travailleurs de rejoindre le piquet de grève. Fin septembre, en signe de représailles à l’encontre des grévistes et en violation flagrante du droit du travail philippin, la direction de l’entreprise licencie 116 ouvriers et en octobre, elle fait démonter les abris de fortune érigés par les grévistes pour se protéger de la pluie et du soleil. Tout cela n’empêche pas les travailleurs, déterminés à faire entendre leur voix, de poursuivre leur protestation. Mais en février et mai 2007, les grévistes subissent deux nouveaux revers : suite aux décisions du Département du travail philippin et du Comité national des relations de travail, le syndicat librement élu de C. Woo Trading est radié et la grève est déclarée illégale. Le licenciement des 116 travailleurs est donc ainsi avalisé par les autorités publiques... Nouvelles violences envers les grévistes Le 10 juin 2007, vers 20h30, neuf hommes armés de pieds-de-biche et de couteaux attaquent le piquet de grève. Certains menacent les grévistes pendant que d’autres démontent leurs abris. Ils jettent leurs effets personnels et leurs stocks de nourriture à la rue, détruisent leurs réserves d’eau potable et les menacent de les tuer tous un par un s’ils ne mettent pas un terme à la grève et s’ils ne quittent pas les lieux immédiatement. Le lendemain, à 3h30 du matin, une vingtaine d’hommes cagoulés et armés de fusils M-16 arrivent dans trois véhicules banalisés sur les lieux du piquet de grève. Ils regroupent les grévistes et leur ordonnent de s’allonger au sol, en pointant les canons de leurs fusils sur leurs têtes. Ils tentent de poignarder la secrétaire générale et la présidente du Syndicat Nagkakaisang Manggagawa SA Chong Won (Syndicat des travailleurs unis de Chong Won), Florencia Arevalo et Resureccion Ravelo, mais l’un d’entre eux interrompt l’agression, arguant que les deux responsables syndicales ne font pas "partie du contrat". Les deux femmes subiront tout de même des violences pendant l’attaque mais s’en sortiront avec des contusions et des blessures légères. "Ils ont menacé de nous éliminer si notre piquet de grève était encore là le lendemain matin. Ils nous ont aussi volé nos portables, nos appareils photo, nos sacs et tous nos effets personnels" rapporte Arevalo. "On nous a déjà privé de nos emplois et de nos droits. Maintenant ils veulent nous prendre nos vies !" ajoute-t-elle. Les autorités philippines impliquées dans ces attaques "Nous sommes payés deux millions de pesos [2] pour démolir votre grève" se serait vanté l’un des attaquants lorsque les grévistes lui ont demandé quelle autorité ils avaient pour démonter leur piquet de grève. Selon les victimes, leurs attaquants les auraient même mis au défi d’appeler la police, certains qu’elle ne viendrait pas à leur secours. Selon notre partenaire sur place, le Centre d’assistance aux travailleurs, il s’agirait du troisième acte de corruption de ce type depuis le début du conflit : un premier paiement de 50 000 pesos [3] aurait déjà été versé pour l’interdiction du syndicat et un deuxième de 300 000 pesos [4] pour que le Département du travail et de l’emploi déclare la grève illégale. Tous les indices semblent impliquer les autorités publiques philippines dans ces agressions. D’abord, selon Florencia Arevalo, les armes à feu utilisées pour la seconde attaque sont du type de celles utilisées par la police ou par les militaires. Ensuite, au lendemain des attaques du piquet de grève devant C. Woo Trading, la police de la zone franche s’est empressée d’installer deux nouveaux postes de contrôle pour empêcher le retour des grévistes. Enfin, les victimes des attaques n’ont, malgré leurs différentes tentatives, pas été autorisées à déposer de plainte auprès de la police. A la station de police de la zone franche, on leur a rétorqué que le lendemain était un jour férié et que par conséquent aucune enquête ne pourrait être menée. Les policiers municipaux de la station de Rosario leur ont, quant à eux, refusé toute forme d’assistance, prétendument pour absence de juridiction. Ces allégations sur la probable implication des autorités philippines dans ces attaques sont extrêmement inquiétantes. C’est pourquoi le Centre d’assistance aux travailleurs fait aujourd’hui à nouveau appel à votre solidarité et vous demande d’interpeller l’Ambassadeur des Philippines en France afin qu’il réclame aux autorités de son pays que toute la lumière soit faite sur ces attaques et que la sécurité des travailleurs en grève de C. Woo Trading soit enfin assurée. “Nous ne voulons pas que nos noms figurent sur la longue liste de meurtres extrajudiciaires aux Philippines” a déclaré Arevalo. POUR EN SAVOIR PLUS Le Workers’ Assistance Center (WAC - Centre d’assistance aux travailleurs) : Cette ONG philippine oeuvre depuis 1995 pour la défense des droits des travailleurs de la zone franche de Cavite. Elle aide en particulier les ouvriers à s’organiser, les soutient dans leurs initiatives syndicales, propose des formations, organise des campagnes internationales de sensibilisation et leur fournit une assistance juridique. La Clean Clothes Campaign (CCC) : L’organisation européenne soutient le WAC depuis de nombreuses années. C’est en tant que relais des appels urgents de la CCC en France que Peuples Solidaires poursuit son engagement aux côtés de son partenaire philippin. Merci pour vos messages de solidarité !
ECRIVEZ ! Par lettre : téléchargez la lettre au bas de cette page ou recopiez le modèle ci-dessous en l’adaptant à votre style. Envoyez-le au destinataire sans oublier d’inscrire vos coordonnées et de signer. Timbre : 0,54€
LETTRE DE PROTESTATION Son Excellence Monsieur Jose A. ZAIDE
Monsieur l’Ambassadeur, J’ai été informé(e) par le Réseau-Solidarité de Peuples Solidaires des attaques violentes dont ont été victimes, les 10 et 11 juin 2007, les grévistes de l’usine Chong Won, aujourd’hui appelée C. Woo Trading, située dans la zone franche de la province de Cavite, aux Philippines. Je suis extrêmement préoccupé(e) pour la sécurité de ces travailleurs et particulièrement inquièt(e) de l’apparente implication des autorités philippines dans ces répressions. J’exhorte les autorités de votre pays à :
Je vous prie d’agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de ma très haute considération. LETTRE DE SOUTIEN Workers’ Assistance Center, Inc. (WAC)
Dear friends of WAC, I have been informed by Peuples Solidaires of the violent attacks and death threats on striking workers and trade unionists in front of Chong Won (C. Woo Trading) on June 10 and 11, 2007, in the Cavite Export Processing Zone. I am extremely concerned about the safety of the C. Woo Trading strikers and of labor rights advocates providing them with support. I support your action and sent a letter to the Philippines Ambassador to France requesting that he takes immediate action to implement your demands. With warm regards, Traduction du message de soutien : Chers amis du WAC, J’ai été informé(e) par Peuples Solidaires des violentes attaques et des menaces de mort à l’encontre des grévistes et des syndicalistes de l’usine de Chong Won (C. Woo Trading) les 10 et 11 juin 2007, dans la zone franche de Cavite. Je suis très inquièt(e) pour la sécurité des travailleurs en grève de C. Woo Trading et des défenseurs de droits des travailleurs qui les soutiennent. Je soutiens votre action et ai envoyé une lettre à l’Ambassadeur des Philippines en France, l’exhortant à répondre immédiatement à vos demandes. (Salutations) [1] Voir rubrique “En savoir plus” [2] Soit environ 32 000 euros. [3] Soit environ 800 euros. [4] Soit environ 4800 euros. --- Appel 308 Philippines
Lettres 308 Philippines
|
» PUBLICATION DE LA CHARTE DU FORUM INTERNATIONAL SUR L’ACCES A LA TERRE Dans le cadre de la journée mondiale des luttes paysannes (17 avril) et de la campagne FaimZéro, Peuples Solidaires et la Confédération Paysanne ont organisé un Forum (...) » 2009 : DOLE AVANCE, MAIS DOIT FAIRE PLUS DOLE MONTRE DES OUVERTURES, MAIS DOIT FAIRE BEAUCOUP PLUS Communiqué publié par EUROBAN (European Banana Network, dont Peuples Solidaires est membre) COLSIBA (Coordination (...) » Peuples Solidaires signe l’appel issu du Forum Social Mondial 2009 : "Mettons la finance à sa place ! "" La crise financière est une crise systémique qui s’inscrit dans le contexte de crises globales multiples (climatique, alimentaire, énergétique, sociale...) et d’un (...) » Imprimer
|
| © 2005 - 2006 Copyright Peuples Solidaires | Hosting:Globenet | contact:Webmaster | ||