Le 8 août 2007 - La Campagne PlayFair 2008 [1] constate avec satisfaction que le Comité d’organisation des JO de Pékin (BOCOG), ainsi que les autorités chinoises, ont tenu compte du rapport d’enquête publié par la Campagne le 7 juin dernier [2] qui dénonçait des violations flagrantes des droits des travailleurs chez plusieurs fabricants chinois accrédités pour les JO. La Campagne regrette toutefois que le BOCOG ne reconnaisse qu’une partie des violations dénoncées dans son rapport.
Le BOCOG a en effet confirmé la violation de lois du travail par les quatre usines chinoises accréditées de la licence olympique et mises en cause dans ce rapport [3] . Il a notamment reconnu que trois de ces usines imposaient des volumes horaires excessifs à leurs employés, et que l’autre avait bien eu recours au travail d’enfants [4]. Mais le BOCOG n’a pas mentionné les autres violations dénoncées dans la rapport PlayFair 2008, notamment les salaires inférieurs de moitié au salaire minimum légal, les conditions de travail dangereuses et insalubres, contraires aux législations en vigueur, les pratiques d’embauche douteuses, le refus d’accorder des congés maternités comme le prévoit la loi ou les lacunes structurelles qui empêchent les ouvriers de rapporter les violations dont ils sont victimes.
La Campagne PlayFair précise que les quatre usines mises en cause dans son rapport ne constituent que la partie visible de l’iceberg, et que les violations observées ne se limitent pas aux usines mentionnées, ni à la Chine. Elle appelle le BOCOG à publier intégralement le résultat de son enquête et à envisager, ensemble avec le Comité international olympique (CIO), des actions pour améliorer véritablement les conditions de travail des ouvriers qui fabriquent des produits portant le logo olympique.
La Campagne PlayFair désapprouve la décision du BOCOG de rompre son contrat de licence avec l’une des usines mises en causes dans la Rapport PlayFair. Elle appelle le BOCOG à revenir sur cette décision et à travailler avec cette entreprise et la Campagne PlayFair à l’amélioration de la situation. Concernant les trois autres usines, le BOCOG a décidé de suspendre l’approbation de la conception de tous les produits olympiques, et exigé qu’ « elles rectifient immédiatement leur comportement en conformité avec les exigences des départements du travail locaux » [5] . Le BOCOG ne précise toutefois pas en quoi consistent ces exigences, ou comment les travailleurs eux-mêmes seront capables d’y prendre part de manière effective, de manière à pouvoir bénéficier des mesures prises en leur nom.
La Campagne PlayFair réaffirme enfin qu’il est à ses yeux primordial que les travailleurs eux-mêmes soient impliqués dans les efforts entrepris pour améliorer leurs conditions de travail. Il est pour cela impératif qu’il existe des moyens confidentiels et accessibles pour que les travailleurs puissent faire état des violations dont ils sont victimes, et être informés de leurs droits. Des améliorations durables dans les chaînes d’approvisionnement ne seront envisageables que si les travailleurs sont en mesure de représenter librement leurs propres intérêts, par le biais de syndicats indépendants. Faute de reconnaissance et de respect des libertés d’association et de négociation collective, de nouvelles violations des droits des travailleurs semblent inévitables.
Contact : Fanny Gallois, Peuples Solidaires, + 33 (0)2 99 30 60 53
EN SAVOIR PLUS
COMMUNIQUE du 11/06/2007 : Jeux Olympiques de Pékin : Le CIO interpellé pour mettre fin à l’exploitation des travailleurs chez ses fournisseurs
Rapport PLAYFAIR 2008 - "Pas de médaille ‘droits des travailleurs’ pour les Jeux Olympiques"
Toutes les informations sur le site de la Campagne PLAYFAIR 2008


COMMUNIQUE - Face aux violations des droits des travailleurs, le Comité d’organisation des JO de Pékin doit mieux faire