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Accueil » Réseau-Solidarité » Historique des Appels » 268 - MEXIQUE - LE DROIT TOUJOURS MENACE

268 - MEXIQUE - LE DROIT TOUJOURS MENACE


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APPEL n°268 (29 janvier - 31 mars 2004)

Dans les zones franches d’Asie et d’Amérique latine il est difficile pour les ouvriers de créer des syndicats indépendants, capables de faire respecter les législations locales et les normes internationales de l’Organisation Internationale du Travail. Au Mexique, depuis plusieurs années des Organisations Non Gouvernementales et des associations de défense des Droits de l’Homme facilitent la création de ces nouveaux syndicats en leur apportant un appui juridique, une aide matérielle et un écho dans l’opinion internationale. Les patrons des entreprises locales ou multinationales n’apprécient guère ces nouveaux interlocuteurs. C’est pourquoi les membres de ces mouvements citoyens sont régulièrement menacés, agressés, voire parfois poursuivis à cause des activités qu’ils mènent. C’est le cas, actuellement, dans l’Etat de Puebla.

Martin Barrios est le coordinateur de la Commission des Droits de l’Homme et du Travail de la Vallée de Tehuacan. C’est dans sa propre maison qu’est installé le siège de l’association. Le 30 décembre 2003, à 9h30, en rentrant chez lui, Martin Barrios est brutalement agressé par un inconnu. Tout se passe très vite. Entendant une voix derrière lui, le militant des Droits de l’Homme se retourne et voit un homme avancer vers lui avec une brique. Il est frappé à la face et à la tête mais parvient à faire fuir l’agresseur qui rejoint un véhicule conduit par un complice. Martin Barrios souffre de plusieurs blessures au crâne.Il porte immédiatement plainte auprès des autorités compétentes.

Il apparaît clairement que l’agresseur attendait le retour de Martin Barrios pour s’en prendre à lui et que l’attaque avait été programmée. L’assaillant n’a cherché à aucun moment à entrer dans la maison ou à dérober quoique ce soit.La Commission des Droits de l’Homme et du Travail estime qu’il s’agit d’une tentative d’intimidation de ses membres et tout particulièrement de son responsable et de sa famille.

Les droits dans les zones franches

Au cours de l’année 2003, la Commission des Droits de l’Homme et du Travail de la vallée de Tehuacan a pris la défense de plusieurs centaines d’ouvriers qui avaient été injustement licenciés de plusieurs usines de blue jeans produisant pour la société américaine Tarrant, basée à Los Angeles, et par d’autres maquilas (voir encadré) moins importantes. La pression exercée sur les responsables des entreprises concernées a permis l’application de la loi mexicaine et le versement des primes légales dûes aux pertes d’emploi. Ce travail a été rendu possible par la collaboration de plusieurs organisations locales et internationales. Le CAT(1) (Centro de Apoyo al Trabajador), basé à Ajalpan, a soutenu l’émergence de syndicats libres dans les entreprises des zones franches et le MSN (Maquila Solidarity Network basé au Canada) a animé une campagne internationale d’interpellation de la société Tarrant.

Des voix qu’on veut faire taire

La Commission des Droits de l’Homme et du Travail, en collaboration avec le MSN a publié le rapport : Blue Jeans, Blue Waters and Workers Rights (Blue Jeans, Eaux Bleues et Droits des Travailleurs). Ce document, diffusé au Mexique, au Canada et aux Etats-Unis, relate les violations systématiques du droit du travail et des règles environnementales dans l’industrie textile de la vallée de Tehuacan.

La Commission des Droits de l’Homme et du Travail estime que l’agression qu’a subie Martin Barrios fait partie d’une campagne d’intimidation orchestrée par les propriétaires des maquilas pour faire taire ceux qui prennent la défense des ouvriers du textile. D’autres militants des droits de l’Homme ont été menacés ou agressés dans l’Etat de Puebla.Griselda Tirado Evangelio a même été assassinée le 6 août 2003 à Huehuetla(2). Il est donc important de demander aux autorités du Mexique que ceux qui oeuvrent à l’émergence d’organisations syndicales libres dans leur pays puissent travailler sans être constamment menacés.

(1) Le Comité d’Appui aux Travailleurs mexicains est une ONG qui s’est créée en réponse au conflit social dans l’entreprise Kuk Dong (cf Appel "Syndiqués KO à Kuk Dong" n°232 février 2001). Sa création visait à pallier l’absence d’organisation d’appui aux travailleurs du Mexique. Gabriela Cortes ; membre du CAT, a participé au Forum de Réseau-Solidarité en novembre 2001. Depuis plusieurs années, le CAT a facilité l’émergence de syndicats libre dans les maquilas de l’Etat de Puebla.

(2) Grisela Tirado était membre de l’Organisation Indépendante Totonaque, un mouvement qui oeuvre pour la défense des communautés indigènes du nord de l’Etat de Puebla.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Apparues au Mexique dans les années 60, les maquilas (de l’espagnol qui signifie "sous-traiter") sont des usines de sous-traitance étrangères installées dans les zones franches d’Amérique Latine. Les violations des droits humains y sont quotidiennes mais les gouvernements sont enclins à fermer les yeux, étant donné le poids de ces entreprises dans les économies locales. Au Mexique, elles sont la première source de recettes fiscales de l’Etat.

Appel en lien avec :

-  Clean Clothes Campaign (Europe) : www.cleanclothes.org

-  Campaign for labor rights (USA) : www.campaignforlaborrights.org

-  Maquila Solidarity Network (Canada) : www.maquilasolidarity.org

COMMENT AGIR ?

Délai de réaction : dès réception, mais pour donner plus d’ampleur à la campagne, vous pouvez la diffuser jusqu’à fin mars 2004.

Par lettre : Vous pouvez recopier le modèle ci-dessous ou le télécharger en cliquant ici

Par voie électronique : Il n’est pas possible d’envoyer directement un e-mail au gouverneur de l’Etat de Puebla. En revanche vous pouvez vous rendre sur son site et de lui laisser un message en ligne en cliquant sur le lien suivant : http://200.57.151.241/gobierno/escr...

Texte de la lettre :

Melquiades Morales Flores

Gobernador del Estado de Puebla

14 Oriente, N°1006

Colonia El Alto

Puebla Ciuadad

Puebla

MEXICO

(Inscrire vos coordonnées et la date)

Estimado Gobernador Morales Flores,

Por medio de la Red Solidaridad - Francia (Réseau-Solidarité, 10quai de Richemont 35000 RENNES - France) me enteré de que el 30 de diciembre 2003, a las 9:30 horas, Martin Barrios, dirigente de la Comisión de Derechos Humanos y Laborales, fue atacado por un asaltante desconocido frente a su casa en Tehuacán.

Como puede ser de su conocimiento, Barrios y la Comisión han desempeñado un rol muy importante en la defensa de los derechos de los trabajadores de la maquila en la región de Tehuacán.

Me preocupo sobremanera que este asalto pueda formar parte de una campaña más amplia para silenciar y castigar a Barrios, a miembros de su familia y a otros miembros de la Comisión.

Con el fin de asegurar que se haga justicia, y de que no haya más ataques a Barrios, miembros de su familia y/o otros miembros de la Comisión, quisiéro urgirle decididamente que realice las siguientes acciones :

1. Ordenar de inmediato una investigación plena sobre el ataque y las amenazas contra Barrios y asegurar que aquellos responsables, incluyendo a los autores intelectuales del delito, sean llevados a la justicia ; y

2. Ordenar a las autoridades locales a realizar medidas preventivas inmediatas para proteger la vida y la seguridad de Martín Amaru Barrios, su familia y otros miembros de la Comisión.

Quedo a la espera de recibir una pronta respuesta a esta carta.

Atentamente,

(Signature)

Traduction :

Monsieur le Gouverneur,

J’ai appris par Réseau-Solidarité (...) que le 30 décembre 2003, à 9h30, Martin Barrios, responsable de la Commission des Droits de l’Homme et du Travail a été agressé par un inconnu devant sa maison, à Tehuacán.

Comme vous le savez, Martin Barrios et la Commission ont joué un rôle très important pour la défense des droits des travailleurs des maquilas de la région de Tehuacán.

Je suis particulièrement inquiet que cette agression fasse partie d’une campagne plus importante pour faire taire Martin Marrios, les membres de sa famille et les autres membres de la commission. Afin d’assurer la sécurité et la justice et de mettre fin aux attaques, je vous demande instamment :

1. d’ordonner une enquête sur l’agression et les menaces à l’encontre de Martin Barrios et de vous assurer que les responsables, y compris ceux qui en ont donné l’ordre soient présentés à la justice.

2. d’ordonner aux autorités locales de mettre en oeuvre les moyens préventifs nécessaires à la protection de Martin Barrios, de sa famille et des autres membres de la Commission.

J’espère recevoir une réponse rapide de votre part, et je vous prie ....



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