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313 - BRÉSIL - LE COMBAT DES CUEILLEUSES DE BABASSUAppel n° 313 (du 26 décembre 2007 au 28 février 2008)
"Le palmier est une ressource indigène. Les grands propriétaires terriens n’achètent pas de babassu. Ils ne s’intéressent qu’au terrain", explique Antonia Vieria de Sousa, une cueilleuse de noix de quarante ans. Sa collègue, Domingas Fátima Freitas, de la communauté Jatobá dans l’Etat de Piauí, explique les implications de l’incinération du babassu : "Tout le monde est au chômage dans les endroits où l’on incinère les noix de babassu dans leur totalité. Seules six personnes engagées pour les récolter et les brûler ont du travail. Les femmes sont en train de se ruiner. Si les compagnies continuent à brûler le babassu, les femmes vont cesser d’être des briseuses de babassu et redeviendront de simples employées comme dans le passé. À cette époque, nous passions six heures à récolter 10 kg de babassu. Nous devions en donner cinq kilos au propriétaire du terrain pour gagner 26 dollars à la fin de la journée. À quoi ressemblera la forêt dans quelques années si les compagnies récupèrent toutes les coquilles de babassu pour les brûler ? Nous savons que nous devons préserver le babassu pour en vivre. Ça, les grandes compagnies s’en fichent". Le mouvement des briseuses de babassu Elles sont des centaines de milliers, dans les États de Maranhão, Piauí, Tocantins et Pará, à vivre sur de petites parcelles de terre et à se battre pour nourrir leur famille. Avec les noix de babassu, elles fabriquent de l’huile, du savon, de la farine, du charbon, des toits, des paniers, des éventails et d’autres objets d’artisanat local. Mais depuis quelques années, le babassu n’est plus une source de revenu accessible et abondante. La majorité des palmiers se trouvent en effet sur des terres privées et les femmes n’ont actuellement accès qu’à la moitié des noix qu’elles récoltaient auparavant. Leur commerce est devenu précaire et leur futur incertain. Encouragés par des pratiques gouvernementales injustes, les nouveaux propriétaires terriens arrachent les palmiers, pour y élever du bétail. En outre, ces dernières années, avec le développement de l’agrobusiness, de nouvelles menaces sont apparues, comme l’élimination des arbres babassu en faveur de la culture du soja ou de la production d’agro carburants. L’intérêt que l’industrie de la métallurgie porte aux coquilles de noix comme combustible végétal augmente également la demande de cette précieuse ressource naturelle. Or, l’incinération de la noix dans sa totalité restreint et empêche d’autres utilisations essentielles, comme la transformation en huile, savon ou farine. Et comme les coquilles ont désormais plus de valeur que la noix, les femmes sont, une fois de plus, écartées du marché. Après des années de conflit entre les fermiers et les grands propriétaires, les femmes ont toutefois osé se battre pour le babassu. Elles ont fondé des organisations qui représentent leurs intérêts, améliorent leurs conditions de travail et commercialisent leurs produits. Elles se sont également organisées pour lutter contre la pauvreté et défendre leurs droits. Ainsi, au début des années 90, elles ont organisé la première réunion interétatique de cueilleuses de noix de babassu et en 2001, elles ont créé le Mouvement interétatique des briseuses de babassu [1] . L’objectif de ce mouvement a d’abord été de reconnaître politiquement le travail des noix de babassu comme une activité économique à part entière, et en même temps, comme une source de pouvoir politique et personnel pour les femmes, ainsi qu’une lutte pour la protection de l’environnement. Aujourd’hui, en essayant de protéger ces arbres, ce mouvement défend le droit de ces femmes à vivre sur la terre de leurs ancêtres et par extension, leur droit à l’alimentation. Une loi pour protéger le babassu Ces cinq dernières années, des avancées ont ainsi été obtenues. Les femmes ont trouvé un moyen de contrer juridiquement les pratiques des grands propriétaires terriens, notamment par l’adoption d’une loi pour protéger le babassu. Cette loi permet aux cueilleuses de babassu d’accéder librement aux palmiers, même s’ils se trouvent dans une propriété privée. Elle garantit aux briseuses le droit d’utiliser librement ces noix pour nourrir leur famille et contribuer à l’économie de la communauté. Cette loi garantit également la préservation de l’arbre babassu, en interdisant la déforestation, l’utilisation de pesticides et l’exploitation de cultures qui lui sont néfastes. Cette loi est actuellement en vigueur dans 13 municipalités, dans trois des cinq États où pousse la babassu (Maranhão, Tocantins et Pará). Mais, faute d’accord au niveau national, elle ne garantit pas suffisamment sa protection. Ce que réclament les briseuses de babassu brésiliennes, c’est donc que cette loi soit garantie dans toutes les municipalités et dans tous les États concernés, par le biais d’une législation nationale. Une proposition de loi nationale a été présentée au Congrès. Soutenez les briseuses de babassu en demandant aux autorités brésiliennes son adoption. POUR EN SAVOIR PLUS Appel réalisé en lien avec : ActionAid Brésil dans le cadre de la campagne HungerFree Rosana Heringer en France : Coordinatrice du programme « droits des femmes » chez ActionAid Brésil, Rosana nous a rendu visite en novembre dernier, à l’occasion de la Semaine de la solidarité internationale, et a effectué une tournée qui lui a permis de rencontrer différents groupes locaux de Peuples Solidaires. Movimiento Interestadual das Quebraderas de Coco Babaçu (MIQCB)
ÉCRIVEZ ! Par lettre : téléchargez le modèle au bas de cette page ou recopiez-le en l’adaptant à votre style. Envoyez au destinataire, sans oublier d’inscrire vos coordonnées et de signer. Timbre : 0,85 €
LETTRE DE PROTESTATION : Sr. Arlindo Chinaglia
Sr. Arlindo Chinaglia, Estoy escrevendo para solicitar a imediata discussão e aprovação da lei destinada à proteção das palmeiras de babaçu no Brasil e à proteção dos trabalhadores e das trabalhadoras, na sua maioria mulheres, que colhem e quebram o coco babaçu para garantir sua sobrevivência. Trata-se do projeto de lei numero 231/2007, referente à chamada Lei do Babaçu Livre, apresentado pelo Deputado Domingos Dutra (PT/MA). Eu apóio os esforços do Movimento Interestadual de Quebradeiras de Coco Babaçu (MIQCB), que luta ha muitos anos pela proteção das palmeiras e pelo seu direito ao trabalho.Espero que o Congresso Nacional brasileiro dê prioridade à discussão e aprovação desta lei que vai beneficiar 400.000 mulheres nas regiões Norte do Brasil. Atenciosamente, LETTRE DE SOUTIEN : MIQCB
Estimadas companheiras da MIQCB, Escrevi à Arlindo Chinaglia, Presidente da Câmara dos Deputados do Brasil, para solicitar a imediata discussão e aprovação da lei destinada à proteção das palmeiras de babaçu no Brasil e à proteção dos trabalhadores e das trabalhadoras. Eu apóio os esforços do Movimento Interestadual de Quebradeiras de Coco Babaçu (MIQCB), que luta ha muitos anos pela proteção das palmeiras e pelo seu direito ao trabalho. Em solidaridariedade, TRADUCTIONS : Lettre de protestation : Cher Mr. Chinaglia, Je vous écris pour vous demander de discuter et approuver immédiatement la législation pour la protection des palmiers babassu au Brésil et la protection des travailleurs, en majorité des femmes, qui récoltent et brisent les noix de babassu pour assurer leur survie. Il s’agit de la proposition de loi numéro 231/2007, appellée “Loi sur le babassu libre”, actuellement présentée par le député Domingos Dutra (PT/MA). Je soutiens les luttes du Mouvement interétatique des briseuses de babassu (MIQCB), qui demande la protection des palmiers et le respect de leur droit au travail depuis de nombreuses années. Nous espérons que le Congrès brésilien donnera priorité à la discussion et à l’approbation de cette législation qui bénéficiera à 400 000 femmes dans le Nord du Brésil. (Salutations) Lettre de soutien : Chères amies du MIQCB, J’ai écrit à Arlindo Chinaglia, président de la Chambre des députés brésilienne, pour lui demander de discuter et approuver immédiatement la législation pour la protection des palmiers babassu et la protection des briseuses de babassu au Brésil. Je soutiens les luttes du Mouvement interétatique des briseuses de babassu (MIQCB), qui demande la protection des palmiers et le respect de leur droit au travail depuis de nombreuses années. (Salutations) [1] Movimiento Interestadual das Quebraderas de Coco Babaçu (MIQCB) --- Appel 313 Brésil
Lettre 313 Brésil
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» Publication de "Fabriqué par des femmes" « Les travailleurs dans l’industrie de l’habillement sont en majorité... des femmes » : c’est à partir de ce constat qu’est née l’idée du livre (...) » Imprimer
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