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SOIGNONS LA PAC ! 5000 MANIFESTANTS A ANNECYCrise alimentaire et agricole : L’Europe aussi est responsable ! LES 20 ET 21 SEPTEMBRE 2008 derniers ! 5000 manifestants se sont mobilisés pour changer la PAC et une pétition a été remise au Ministre Barnier dans le cadre de la campagne "Soignons la PAC" lancée par Peuples Solidaires, Artisans du Monde, le CCFD, le CRID, la Confédération Paysanne, les Amis de la Terre, le CFSI et ATTAC.
Pétition La pétition de la campagne "Soignons la PAC" a été remise au ministre français de l’agriculture le 21 septembre dernier à l’occasion du conseil des ministres de l’agriculture d’Annecy du 23 septembre 2008. 5000 manifestants ont par ailleurs fait valoir leurs revendications pour une autre PAC. Alors que la crise alimentaire et agricole sévit dans de nombreux pays du Sud, la responsabilité de la France et de l’Union européenne doit être rappelée. La situation actuelle est le résultat de politiques de dérégulation des marchés agricoles qui ont conduit à la dépendance alimentaire des pays du Sud. La Politique Agricole Commune (PAC) et son impact sur le commerce mondial ont largement participé à ce mouvement. Cette crise doit donc être l’occasion pour l’Union européenne de redéfinir sa politique agricole : la PAC doit poursuivre un objectif de souveraineté alimentaire afin de garantir le droit des pays à se nourrir par eux mêmes et à protéger et soutenir leur agriculture. Mobilisez-vous en faveur de la souveraineté alimentaire ! La politique agricole que nous voulons doit :
Programme de la mobilisation d’Annecy :
Toutes les infos sur www.changeonslapac.org Pour aller plus loin L’agriculture est aujourd’hui confrontée à de multiples défis : le changement climatique est en marche et va avoir de nombreuses retombées sur le secteur agricole, l’épuisement des ressources fossiles nécessite des économies d’énergie, et tout cela alors que la croissance démographique se poursuit et qu’il faudra nourrir près de 9 milliards d’individus à l’horizon 2050. Parallèlement, force est de constater que la libéralisation des échanges agricoles dominés par une poignée de firmes agroalimentaires et de distribution n’a pas eu les effets escomptés par ses promoteurs : la faim continue à progresser et touche actuellement 856 millions de personnes dans le monde, les ¾ étant des ruraux qui dépendent de l’agriculture pour vivre. Dans les pays du Nord, le constat est également sévère : alimentation standardisée, disparition de millions d’agriculteurs, désertification des campagnes et appauvrissement du tissu rural, précarisation des revenus des agriculteurs, répartition inégale des soutiens entre agriculteurs et territoires, atteintes à l’environnement, concurrence déloyale vis-à-vis des pays du Sud... C’est pourquoi nous demandons la mise en place de politiques agricoles ambitieuses qui soient en mesure de répondre à tous ces enjeux décisifs et aux besoins des populations. Diagnostic : une PAC folle ? En Europe, la politique agricole commune (PAC) est née au lendemain de la seconde guerre mondiale afin d’assurer la sécurité alimentaire de la population au sein d’un marché protégé. Grâce à des mécanismes de prix garantis, les agriculteurs ont pu bénéficier de prix rémunérateurs et la production s’est accrue. A partir des années 70, la production européenne est même devenue excédentaire, à tel point qu’il a fallu trouver des moyens d’écouler les stocks. L’Union européenne (UE) a donc décidé de subventionner ses exportations par des mécanismes de « restitutions » pour vendre ses produits sur les marchés mondiaux à des prix bradés, nettement inférieurs aux coûts de production. Cette pratique de « dumping » a largement contribué à faire chuter les prix agricoles sur les marchés mondiaux et à concurrencer les agricultures vivrières des pays du Sud, dont les niveaux de productivité du travail sont beaucoup plus faibles. Parallèlement, l’UE a cherché à rapprocher les prix payés aux producteurs des cours mondiaux en compensant partiellement la baisse des prix par les mécanismes d’aides directes aux agriculteurs. Ces aides ont largement favorisé les agriculteurs ayant les surfaces les plus grandes ou les troupeaux les plus importants, et ont accéléré la concentration des exploitations. Avec la hausse de certains prix agricoles mondiaux (blé, soja...), cette question ne semble plus d’actualité. Toutefois, personne ne peut garantir qu’une telle situation sera stable, durable et concernera tous les produits, comme l’illustrent les problèmes des éleveurs de moutons et l’effondrement actuel des cours du porc. Les consommateurs ne doivent pas être les victimes de prix instables et trop élevés.(place changée) Ainsi, si l’ensemble des mesures de la PAC ont permis dans un premier temps d’assurer l’autosuffisance alimentaire de l’Europe, on peut constater aujourd’hui l’étendue des dégâts économiques, sociaux et environnementaux qu’elles ont entraînés. Nos remèdes : soignons la PAC ! En 2008, un « bilan de santé » de la PAC est engagé afin d’évaluer les politiques en place et anticiper les évolutions pour la prochaine réforme de 2013. Dans ce contexte et dans le cadre de la présidence française de l’UE au deuxième semestre 2008, nous demandons un débat de fond sur les objectifs de la PAC. A l’heure actuelle, il est essentiel que la PAC permette :
Pour aller dans ce sens, la PAC doit poursuivre en priorité un objectif de souveraineté alimentaire . Cela signifie que l’agriculture doit donc avant tout assurer l’indépendance alimentaire de l’UE et que la PAC doit se concentrer sur l’approvisionnement de son marché intérieur. Cela va également dans le sens de la reconnaissance du droit des autres pays de se nourrir par eux-mêmes et implique l’abandon d’une politique agressive d’exportation et de dumping. Ce principe de souveraineté alimentaire doit être mis au service d’une agriculture durable et solidaire c’est-à-dire une agriculture diversifiée et de qualité, répartie sur tout le territoire , satisfaisant prioritairement les besoins des marchés locaux, créatrice d’emploi, respectueuse de l’environnement [et des territoires(enlevé)] ainsi qu’à forte valeur culturelle. Nous portons des revendications à trois niveaux : international, européen et national. ->Au niveau international Les Nations Unies doivent reconnaitre, élaborer et garantir le « droit de souveraineté alimentaire ». C’est-à-dire le droit des populations, de leurs Etats ou Unions à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping vis-à-vis des pays tiers. Ce droit devra être respecté par les autres Etats ainsi que par les organisations internationales, notamment dans le cadre des négociations commerciales bilatérales ou multilatérales, et toute violation doit être sanctionnée. ->Au niveau européen L’UE doit proposer une réorientation de la PAC vers une production agricole durable, de qualité et de proximité. Pour cela, il est nécessaire de : 1) Maintenir les outils de maîtrise de la production Alors que la CE veut largement y mettre fin, nous estimons au contraire que ces outils doivent être renforcés dans la mesure où ils jouent un rôle de « filet de sécurité » pour les agriculteurs. Il est donc important de maintenir les quotas laitiers ainsi que les aides au stockage. 2) Réorienter les aides de la PAC pour rendre légitime le soutien à l’agriculture, en visant des objectifs d’agriculture durable. Dans ce cadre là, nous proposons : • Un accompagnement de tous les agriculteurs qui le souhaitent vers l’agriculture durable par des mesures incitatives. • Favoriser l’agriculture biologique • Encourager la production de plantes légumineuses (pois, luzerne pour diminuer les importations d’aliments du bétail) • Une nouvelle distribution des aides qui soit conditionnée à de réelles pratiques environnementales et sociales. • Un plafonnement des aides octroyées : face au caractère inéquitable de la distribution des aides.... pour répartir les aides plus équitablement, il faut les plafonner par actif et par exploitation afin de favoriser l’emploi et éviter la concentration des exploitations. 3) Mettre fin aux pratiques de dumping, préjudiciables aux agricultures des pays du Sud. ->Au niveau national La réorientation de la PAC à l’échelle nationale doit aller dans le même sens qu’au niveau européen pour que les aides reçues par les agriculteurs français se dirigent vers une agriculture de qualité. La France dispose de moyens pour orienter les systèmes d’exploitation et mieux répartir les soutiens publics, elle doit les utiliser. Mobilisons-nous pour soigner la PAC ! Pour agir, nous vous invitons à signer notre pétition sur le site internet de la campagne Soignons la PAC. Ce site vous donnera également davantage d’informations sur notre mobilisation. Pour nous contacter : Benjamin Peyrot des Gachons 01 48 58 21 85 b.desgachons@peuples-solidaires.org Télécharger ci-dessous le Manuel de campagne --- Manuel Soignons la PAC
Communiqué de presse Soignons la PAC
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