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RETOUR SUR LA CAMPAGNE FaimZERO


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Dans le cadre de la campagne FaimZéro, Peuples Solidaires et ActionAid ont organisé deux événements :

Jeudi 12 juin , une soixante de personnes, à grande majorité des étudiants, ont participé à une Conférence/débat sur la crise alimentaire avec les artistes Tiken Jah Fakoly et Didier Awadi et des représentants d’ActionAid Sénégal et Peuples Solidaires, à la Maison des Initiatives Etudiantes, 50 rue des Tournelles,à Paris.

Vendredi 13 juin à 23h Tiken Jah Fakoly et Didier Awadi ont donné un concert au Festival 100 Contests de Cergy, en prenant la parole sur la crise alimentaire, tandis que dès 18h Peuples Solidaires et ActionAid délivraient des "visas pour le droit à l’alimentation" pour sensibiliser le public sur les revendications de la campagne.

Lisez l’interview des artistes dans le JDD

SIGNER LA PÉTITION EN LIGNE

Contexte et revendications

Cette mobilisation en faveur du droit à l’alimentation se situait dans le contexte de crise alimentaire mondiale et à la veille du début de la Présidence française de l’Union Européenne, le 1er juillet. Peuples Solidaires et ActionAid demandent au gouvernement français de respecter et appliquer le droit à l’alimentation en prenant des engagements clairs pour :

1. réformer la Politique Agricole Commune qui, en favoriser la grande distribution, l’industrie agro-alimentaire, les grandes exploitations agricoles et en encourageant les importations issues de la monoculture intensive dans le Sud, menace les petits paysans de ces pays qui ne peuvent plus vivre de leur travail et ont de moins en moins accès à la terre et aux ressources productives. Dans sa communication du 20 mai dernier sur le bilan de santé de la PAC, la Commission Européenne n’envisage aucune étude d’impact sur les agricultures du Sud, ne tient compte à aucun moment du contexte de crise alimentaire et confirme sa politique de dérégulation.

2. demander à la Commission européenne de cesser d’exercer une pression sur les gouvernements des pays ACP pour qu’ils signent les accords de libre-échange appelés APE (Accords de Partenariat Economique), qui vont affaiblir les efforts de production des petits paysans et l’agro-industrie naissante en favorisant la concurrence des produits importés. Les conclusions du rapport sur les APE que la Députée de Guyane Madame Taubira a remis au Président Sarkozy à la mi-juin convergent avec ces revendications.

Au Sénégal

ActionAid Sénégal a mené du 30 avril au 3 mai une semaine de sensibilisaion et de plaidoyer à Dakar dans le cadre de la campagne FaimZéro, en partenariat avec Peuples Solidaires.

Visualiser la vidéo et les photos du festival

Ecouter le titre Kaa Konko Kélé composé par le rappeur Didier Awadi, artiste engagé et ambassadeur de cette campagne.

La campagne FaimZéro

On dit beaucoup de choses sur la faim. Mais on ne dit pas assez que c’est un problème politique, et qu’il peut être résolu !

La solution : le respect et l’application du droit à l’alimentation. Dans les pays du Sud, organisations paysannes, associations et syndicats se mobilisent pour faire appliquer le droit à l’alimentation. A leurs côtés, ActionAid et Peuples Solidaires lancent la campagne FaimZERO.

Ses objectifs :
-  informer sur les vraies causes de la faim et le rôle du droit à l’alimentation
-  soutenir la mobilisation des populations du Sud et mettre les Etats et les entreprises face à leurs responsabilités
-  créer un réseau international de jeunes mobilisés dans les pays du Nord et les pays du Sud.

Peuples Solidaires est partenaire d’ActionAid, organisation internationale présente dans plus de 40 pays, en Afrique, Asie, Amérique latine, et qui travaille aux côtés des personnes défavorisées pour mettre fin à la pauvreté et l’injustice.

La Faim

La nourriture disponible sur la Terre permettrait de nourrir 2 fois l’équivalent de la planète. Pourtant, 17% de la population mondiale soit 854 millions de personnes, souffrent quotidiennement de la faim, et les ¾ de ces personnes sont des ruraux vivant de l’agriculture !

La question de la faim dans le monde est entourée de mythes tenaces qui nous éloignent des vraies causes et des vraies solutions. Parmi ces mythes : l’insuffisance alimentaire pour nourrir la population mondiale, le caractère naturel et fatal des causes de la faim, le libre-échange et la production intensive comme solutions.

Pour dissiper ces mythes, rappelons quelques faits. La faim chronique tue plus d’individus que les catastrophes naturelles, la maladie et la guerre. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les individus continuent d’avoir faim dans nos sociétés contemporaines. Tout d’abord, environ 70% des personnes souffrant de la faim vivent dans des régions rurales caractérisées par un accès insuffisant à la terre, à l’eau, aux engrais et aux semences. Cette situation est encore aggravée par la confiscation des terres, la privatisation et des pratiques injustes héritées du passé qui établissent une discrimination à l’encontre des femmes.

Pour de nombreux gouvernements, l’agriculture n’est bien souvent qu’une marchandise : Les pays du Nord ont imposé la libéralisation du commerce agricole mondial au profit des pays exportateurs, des millions de petits paysans sont ruinés par la concurrence, et de nombreux pays du Sud se retrouvent dépendants des importations alimentaires. Ces pays reçoivent très peu d’aide pour investir dans le développement agricole local et tout ce qui permettrait de mieux distribuer la nourriture disponible d’un pays à l’autre.

Autres responsables, les entreprises multinationales de l’agro-alimentaire recherchent avant tout le profit : Elles chassent de leur terre les paysans pour développer des cultures d’exportation, au détriment des cultures permettant de nourrir la population. De plus en plus de paysans sont contraints de travailler pour ces entreprises dans des plantations où ils se retrouvent littéralement exploités. Au Sud comme au Nord, ces entreprises sont très puissantes et leurs pratiques très peu contrôlées par les gouvernements.

Il y a aujourd’hui plus de dix ans que les dirigeants mondiaux se sont engagés à réduire de moitié le nombre des individus affamés et malnutris dans le monde, à l’horizon 2015, dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Durant ces dix années, les progrès ont toutefois été plus lents qu’au cours des 20 années précédentes. Les tendances récentes sont particulièrement préoccupantes. Le travail satisfaisant effectué vers le milieu des années 1990 et qui avait débouché sur une réduction de 26 millions d’affamés, a été suivi par une augmentation de 23 millions durant la période allant jusqu’en 2003. Au lieu de s’atténuer, la faim dans le monde ne fait que s’aggraver.

Le droit à l’alimentation

Qu’est-ce que le droit à l’alimentation ?

En naissant, chaque individu sur cette terre a le droit de s’alimenter. Il s’agit du droit humain le plus fondamental et qui offre le plus de capacités à chacun. Sans aliments, nous ne pouvons grandir ni vivre. La faim affaiblit les capacités intellectuelles, freine le développement et abaisse la productivité. Des sociétés entières sont empêchées d’accomplir leurs potentialités. La faim est responsable de plus de morts, au niveau planétaire, que le sida, le paludisme et la tuberculose réunis. Depuis 1948, les Nations Unies (ONU) ont identifié l’accès à une alimentation suffisante comme étant à la fois un droit individuel et une responsabilité collective. L’article 25-1 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme stipule :

"Tout individu a droit à un niveau de vie adéquat pour sa santé et son bien-être personnel ainsi que celui de sa famille, y compris à la nourriture..."

Presque vingt ans après cette Déclaration initiale, la Convention internationale sur les Droits économiques, sociaux et culturels a repris ces idées en y ajoutant "le droit de chacun... à une alimentation adéquate", en stipulant que "le droit fondamental de chaque individu à être protégé contre la faim". Le droit à l’alimentation est également mentionné dans la Convention sur l’Elimination et la Discrimination à l’égard des Femmes (Articles 14 g/n) et dans la Convention sur les Droits de l’Enfant (article 24c).

Mais comment ce droit est-il respecté ?

Au niveau international, les normes relatives aux droits humains sont à la base même de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Il s’agit d’instruments juridiques internationaux que les Etats adoptent volontairement. Toutefois, lorsqu’ils ont signé, ces gouvernements SONT OBLIGÉS DE RESPECTER, PROTÉGER ET APPLIQUER ces droits. Il existe également toute une série de traités, déclarations, principes directeurs, conventions et codes qui établissent le cadre juridique international dans lequel le droit à l’alimentation est inscrit.

On peut donc recourir au droit à l’alimentation aux niveau international et national pour obtenir gain de cause. De nombreuses organisations du Sud l’ont compris et utilisent le droit à l’alimentation pour faire adopter des mesures par leurs gouvernements : adoption de lois pour réguler le commerce et les activités des entreprises, programmes de développement agricole, réforme agraire, etc.

Exemples :
-  En 2001, en Inde, le People’s Union for Civil Liberties (PUCL) a introduit avec succès une requête auprès de la Cour suprême sur le droit à l’alimentation. Le PUCL a fait valoir que les personnes victimes de la faim trop pauvres pour s’acheter de quoi manger devaient pouvoir accéder gratuitement aux stocks de nourriture du gouvernement, et que tout État était tenu de fournir de la nourriture aux personnes n’y ayant pas accès - en particulier pendant les périodes de sécheresse. La Cour suprême a reconnu formellement le droit à l’alimentation et ordonné aux gouvernements central et des États de prendre les mesures qui s’imposaient, à savoir : distribution de repas, conduite de programmes « travail contre nourriture » dans les régions frappées par les pénuries alimentaires, etc.

-  Aujourd’hui, au Sénégal, au nom du droit à l’alimentation et des engagements internationaux pris par le gouvernement sénégalais, ActionAid Sénégal et les organisations paysannes interpellent ce gouvernement en lui demandant d’investir et de réguler le secteur agricole. Ce secteur connaît des difficultés liées à la privatisation des industries agro-alimentaires et le désengagement de l’Etat et par suite au coût élevé des engrais et l’endettement croissant des populations rurales. Les revenus des paysans ne cessent de s’affaiblir les prenant au piège dans un cercle vicieux d’endettement et de pauvreté. Quant aux femmes qui sont majoritaires dans la population rurale, elles demandent des mesures gouvernementales pour améliorer l’accès aux ressources productives (terre, produits de la pêche) dès quelles elles tirent leur subistance. Ces revendications sont au coeur de la campagne FaimZERO au Sénégal.

La campagne FaimZERO

Qu’est-ce que c’est ? FaimZERO est une campagne lancée par ActionAid et Peuples Solidaires. En tant que campagne mondiale fondée sur les droits humains, FaimZERO demande aux gouvernements d’assumer leurs engagements afin de réduire de moitié le nombre des personnes souffrant de la faim à l’horizon 2015. La campagne exige également des Etats, des organisations intergouvernementales et des multinationales qu’elles mettent fin à la mortalité due à la faim, en assurant un accès adéquat et durable aux denrées alimentaires.

La campagne vise plus particulièrement trois objectifs majeurs :
-  Renforcer la mise en œuvre contraignante du droit à l’alimentation
-  Garantir le droit des femmes à la propriété de la terre et à l’accès aux ressources naturelles
-  Empêcher les entreprises, en particulier les multinationales, de provoquer la famine en détruisant les ressources et la santé des populations pauvres et en altérant leur mode de vie.

Afin d’atteindre ces objectifs, FaimZERO se propose d’utiliser une approche basée sur le droit à l’alimentation et les différents droits qui en découlent (droit à la terre, droit à la souveraineté alimentaire) et de créer un réseau unique de solidarité mondiale avec les partenaires et populations des pays du Sud (syndicats, organisations agricoles, communautés).

Quels sont nos moyens d’action ?

La campagne FaimZERO va développer plusieurs moyens d’action :

-  Campagnes de sensibilisation du public sur les causes de la faim et le droit à l’alimentation
-  Campagnes de plaidoyer en direction des institutions internationales et des gouvernements
-  Campagnes de solidarité avec des organisations du Sud dans des cas de violations concrètes du droit à l’alimentation, impliquant notamment les entreprises multinationales
-  Création d’un réseau de jeunes mobilisés dans les différents pays où se déroule la campagne. C’est notamment le cas entre Peuples Solidaires en France et ActionAid au Sénégal.

Le réseau international de Jeunes

C’est en 2007 qu’un réseau FaimZERO (HungerFREE en anglais) a vu le jour. Il a consisté à mettre en relation des jeunes du Brésil, de la Gambie, d’Italie, du Kenya, du Népal, du Nigéria, de Sierra Leone, de Thaïlande, du Royaume-Uni et de la Suède. Au programme : sensibilisation du grand public dans le cadre de festivals de musique, avec l’appui d’artistes originaires de ces différents pays ; animation de blogs et pétitions en ligne. Les étudiants, appuyés par les équipes d’ActionAid, se sont faits les porte-parole de la campagne FaimZERO. Une délégation représentant ce réseau a porté les nombreux messages de soutien et revendications recueillis dans ces 10 pays à New-York en septembre 2007 à l’occasion de l’Assemblée Générale des Nations Unies. En effet, figurait au programme de cette réunion l’adoption d’une nouvelle Résolution sur le Droit à l’Alimentation.

Ce premier réseau a donc vu le jour dans l’espace anglophone. En 2008, c’est à l’espace francophone et aux étudiants de France et du Sénégal de se mobiliser ! Peuples Solidaires et ActionAid Sénégal ont en effet décidé de mener ensemble la campagne FaimZERO.

Pour plus d’information concernant la campagne, contacter :

-  Benjamin Peyrot des Gachons, Peuples Solidaires

b.desgachons@peuples-solidaires.org 01 48 58 21 85

-  ActionAid International : www.actionaid.org

Télécharger ci-dessous la boîte à outils de la campagne et le rapport de Jean Ziegler, ancien Rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation.



--- Télécharger les pièces-jointes Télécharger les pièces-jointes ---


Boîte à outils FaimZERO




PowerpointFaimZERO




Rapport de Jean Ziegler au Conseil des DH de l’ONU 10janv08


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