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GUATEMALA - METTRE FIN A L’IMPUNITEAppel n° 315(du 21 mars au 31 mai 2008) Offrant une main-d’oeuvre bon marché et peu susceptible de faire valoir ses droits, le Guatemala est de plus en plus attractif pour les grandes sociétés fruitières. Pour ne pas avoir à assumer la responsabilité des conditions de travail dans leurs plantations, ces multinationales préfèrent en effet depuis plusieurs années se fournir auprès de sociétés locales guatémaltèques dont les pratiques antisyndicales répressives et violentes sont pourtant bien connues. En octobre dernier, nous dénoncions déjà le meurtre d’un syndicaliste chez un fournisseur de Del Monte au Guatemala. Deux mois plus tard, c’était un fournisseur de Chiquita qui éveillait nos inquiétudes en raison des menaces proférées à l’encontre du syndicat indépendant qui s’était formé dans la plantation Olga Maria. Depuis, aucune de ces violences n’a fait l’objet d’une enquête adéquate, comme nous le demandions. C’est donc dans un contexte d’impunité quasi totale, que le fournisseur de Chiquita a pu continuer de réprimer les travailleurs de sa plantation, ce qui a aboutit le 2 mars dernier, à un nouveau développement tragique : l’assassinat d’un syndicaliste. Le syndicat des travailleurs de la Bananeraie du Sud (SITRABANSUR) est fondé en juillet 2007, par un groupe de travailleurs de l’entreprise guatémaltèque Frutera Internacional, qui produit des bananes pour la marque Chiquita. Les ouvriers souhaitent s’organiser pour pouvoir négocier un accord collectif avec leur employeur. Ils revendiquent l’application du salaire minimum légal et veulent aussi en finir avec la succession de contrats précaires. Mais la direction de Frutera ne l’entend pas de cette oreille et sait qu’elle peut compter sur la passivité des autorités pour réprimer, en toute impunité, les tentatives de ses employés de faire valoir leurs droits. Harcèlement, menaces et assassinat d’un syndicaliste Sitôt informée de l’identité de ceux qui ont fondé le syndicat, Frutera s’emploie, par le biais de son service de sécurité privée, à les dissuader de poursuivre dans cette voie. Menaces, harcèlement, tentatives d’intimidations sur leurs lieux de travail mais aussi à leurs domiciles : l’entreprise ne recule devant rien pour faire tomber le syndicat. En novembre 2007, le propriétaire de la plantation, Fernando Bolaños, un homme bien connu pour ses pratiques antisyndicales agressives, réunit l’ensemble des travailleurs de la plantation, pour leur annoncer que si le syndicat venait à se maintenir, la plantation fermerait ses portes et ils perdraient tous leur emploi... Quelques jours plus tard, les travailleurs membres du syndicat sont retenus illégalement par des hommes armés. Menaces de licenciement, de fermeture pure et simple de la plantation ou encore versement de primes de 400 euros à ceux qui acceptent d’abandonner leur engagement syndical : tous les arguments sont avancés pour les inciter à renoncer à leur syndicat. Le directeur de la plantation lui-même finit par proférer des menaces on ne peut plus explicites, en déclarant : "si le syndicat ne renonce pas, on verra bientôt flotter des corps dans la rivière". Sous la pression ainsi exercée, certains acceptent de démissioner. D’autres tiennent bon, mais sont immédiatement licenciés. Ils auront beau tenter de faire valoir leurs droits, en affirmant à juste titre que la direction ne peut légalement les licencier pour avoir participé à la formation d’un syndicat, ils seront expulsés, sans ménagement, par la sécurité armée de l’entreprise. Le secrétaire général du syndicat, German Aguilar, est sequestré et brutalisé pendant toute une nuit. Ses agresseurs tentent de lui soutirer la liste des responsables de son syndicat, mais celui-ci refuse de céder. Il sera finalement contraint de démissionner. Le 2 février suivant, l’une de ses filles est agressée et violée par des membres de la sécurité privée de Frutera, qui voulaient obtenir des informations sur les activités syndicales du secrétaire général. Un mois plus tard, jour pour jour, Miguel Ángel Ramírez, l’un des fondateurs du syndicat, est froidement assassiné à son domicile. Quelques jours après, un autre responsable du syndicat, Alberto Lopez Pérez, échappe de peu à ses agresseurs, entrés chez lui par effraction. In extremis, il réussit à leur échapper et se réfugie chez un ami. Les autorités publiques font la sourde oreille En décembre dernier, nous lancions une campagne de lettres à destination de Chiquita, lui demandant notamment d’assurer la sécurité des syndicalistes de la plantation Olga Maria. Trois mois plus tard, nos inquiétudes se sont concrétisées, mais Chiquita continue d’ignorer ses responsabilités. Dans cette affaire, Frutera, le fournisseur de Chiquita, sait donc qu’il peut compter sur la passivité de la multinationale d’un côté, et sur le silence des autorités publiques de l’autre. Dès sa création en effet, le syndicat a tenté de faire valoir ses droits auprès des différentes autorités compétentes, en vain. Lors de son enregistrement, celui-ci dépose une première liste de membres auprès du Bureau du ministère du Travail du département. Théoriquement confidentielle, cette liste se retrouve pourtant sur le bureau des dirigeants de Frutera dans les jours suivants. Immédiatement après les premières menaces, le syndicat informe officiellement les autorités judiciaires et le ministère du Travail des pressions dont il est victime. Non seulement ceux-ci n’interviennent pas, mais les informations qui leur sont communiquées sont quasi instantanément transmises à la direction de l’entreprise, qui intensifie les actes d’intimidation à l’égard des travailleurs de la plantation. Lorsque, très inquiet pour la sécurité de ses membres, le syndicat fait appel à l’inspection du Travail pour venir constater elle-même la situation, celle-ci refuse de se déplacer, arguant qu’elle n’a pas les moyens de payer l’essence... Enfin, lorsque le syndicat sollicite la police nationale pour assurer la sécurité des responsables syndicaux menacés, celle-ci refuse, faute de personnel disponible... Le président Álvaro Colóm, nouvellement élu, s’est récemment engagé publiquement à faire tout ce qui est possible pour éradiquer la violence contre les syndicalistes et en finir avec l’impunité au Guatemala [1]. Le moment est donc venu pour lui de démontrer que cette promesse ne restera pas lettre morte. C’est pourquoi Peuples Solidaires fait appel à la solidarité de tous pour demander au président guatémaltèque que justice soit faite et que les responsables de l’assassinat du syndicaliste Miguel Ángel Ramírez soient identifiés et jugés conformément à ce que prévoit la loi. POUR EN SAVOIR PLUS Appel en lien avec EUROBAN (European Banana Action Network)
Les engagements de Chiquita
Les Appels de Peuples Solidaires pour le Guatemala
La Confédération syndicale internationale (CSI) a publié un rapport intitulé “Guatemala : Les syndicats au coeur de la lutte contre l’impunité”. ECRIVEZ ! Envoyez automatiquement votre lettre de protestation au Président an cliquant ICI Par lettre : téléchargez les modèles de lettres au bas de cette page ou recopiez-les en les adaptant à votre style. Envoyez-la lettre de protestation au destinataire, sans oublier d’inscrire vos coordonnées et de signer. Timbre : 0,85 €
Lettre de protestation Presidente de La República de Guatemala
Señor Presidente :
Lettre de soutien UNSITRAGUA
Estimados amigos de UNSITRAGUA :
Traduction de la letrre de protestation
Traduction de la lettre de soutien
[1] Conférence de la CSI sur le rôle des organisations syndicales dans la lutte contre l’impunité, qui s’est tenue du 29 au 31 janvier dans la ville de Guatemala. --- Appel 315
Lettres 315
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