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267 - INDE - LA TERRE D’ABORD


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APPEL N° 267 22 JANVIER - 1er MARS 2004

L’accès à la terre aura été l’une des grandes questions abordées au cours du quatrième Forum Social Mondial qui s’est tenu à Bombay entre le 16 et le 20 janvier 2004. Plusieurs séminaires y ont été consacrés et une rencontre spécifique s’est déroulée à l’initiative, notamment, du mouvement Ekta Parishad. Rompu aux actions de terrain dans la tradition gandhienne, le mouvement populaire non-violent indien a trouvé dans le FSM une occasion de rencontrer ses partenaires et ses homologues. Et pour clore le rassemblement, il a programmé une nouvelle marche dans l’Etat d’Orissa, comme celles qu’il a déjà organisées en 2000, 2001 et 2003 dans le Madhya Pradesh, le Bihar ou le Chhattisgarh(1). Objectifs inchangés : permettre aux populations locales de s’organiser pour faire valoir leurs droits et obtenir la mise en œuvre de la réforme agraire promise depuis des années. Après quelques belles avancées obtenues grâce à ces initiatives, la mobilisation se poursuit donc pour faire de l’accès à la terre une priorité nationale et internationale.

Depuis plus de 10 ans, le mouvement Ekta Parishad travaille dans 5 Etats indiens (Madhya Pradesh, Chhattisgarh, Bihar, Jarkhand et Orissa). Il a également développé des réseaux dans deux autres Etats (Tamilnadu et Kerala) et estime à 10 millions le nombre de personnes concernées par son activité. Le Mouvement travaille plus particulièrement avec les petits paysans, les dalits et les communautés tribales. A l’occasion du Forum Social Mondial, Ekta Parishad et le "National Committee on Land Rights" ont donc organisé un festival paysan : "la terre d’abord". Plus de 700 petits paysans, représentants des peuples autochtones, et des paysans sans terre ont eu l’occasion de partager leurs expériences, luttes et préoccupations dans des tables rondes, des conférences et des rencontres culturelles. Il y a été question des droits paysans face aux politiques nationales et internationales, des droits des peuples autochtones face aux projets de la Banque Mondiale et des stratégies à mettre en place par les organisations paysannes.

Droit de vivre et de travailler

En Inde, et notamment en Orissa, les petits propriétaires, les paysans sans terre et les dalits n’ont pas les revenus suffisants pour faire vivre leurs familles. La loi ne leur donne aucun droit et ils doivent faire face à des difficultés financières insupportables qui conduisent certains au suicide.En Orissa, les militants d’Ekta Parishad ont donc fort à faire. Ils travaillent particulièrement à Banpur, avec les populations tribales (40.000 familles) de la forêt de Barbara, harcelés par la police (Central Reserve Police Force) et l’administration. Plus loin, à Kalahandi, les populations ont été expulsées pour laisser la place aux sociétés minières. Il faut veiller avec elles à la conservation des eaux et des sols et à l’amélioration des cultures. Dans tout l’Etat, 60 à 75 % des paysans chassés de leurs terres par la construction de barrages hydro-électriques ou d’irrigation n’ont reçu aucune compensation matérielle ou financière.

MOBILISATION GENERALE

Après le festival paysan, les militants d’Ekta Parishad porteront donc leurs efforts sur l’Etat d’Orissa. Du 30 janvier au 25 février 2004, accompagnés de partenaires de nombreux pays, ils sillonneront les routes de l’Orissa pour rassembler, écouter et mobiliser toutes celles et ceux pour qui l’accès à la terre doit devenir une priorité nationale. Ils demanderont aux autorités de l’Etat qu’elles prennent enfin des mesures favorisant l’accès de tous aux ressources naturelles dans le respect des droits des populations et de l’environnement. Fidèles à la philosophie gandhienne, ils se fonderont sur le principe de l’action directe non violente.

Les marches de Ekta Parishad commencent généralement chaque matin par des cortèges composés des populations locales. Dans la journée, 5 à 6 réunions publiques sont organisées dans les villages et hameaux traversés. Ces rencontres, appelées "vérité et réconciliation" rassemblent en général environ 200 personnes. Autant que possible, l’administration locale et les responsables politiques sont invités pour entendre les problèmes des populations et leurs revendications. Tout est filmé, enregistré et retranscrit pour une synthèse finale. En 4 semaines, dans l’Orissa, c’est plus de 60.000 personnes qui auront l’occasion de se rencontrer et de s’exprimer.

Les trois premières semaines, le parcours sera effectué en véhicules tout terrain qui traverseront 7 provinces. La dernière portion de marche rassemblera environ 200 personnes. Elle sera effectuée à pieds, sur 160 kilomètres et se terminera à Bhubaneshwar par un rassemblement au cours duquel les 5000 participants attendus porteront leurs revendications aux autorités.

Les campagnes de lettres auxquelles nous sommes invités à participer ont pour objet d’exprimer une solidarité au delà des frontières, d’éviter les provocations violentes et d’encourager les autorités locales à porter attention aux revendications formulées. Nous souhaitons bonne route aux militants d’Ekta Parishad qui poursuivent leur long voyage pour le droit à la terre en Inde.

(1) appel 218 Inde : 3000 kilomètres pour le droit à la terre (février 2000), appel 238 Inde : solidarité au kilomètre (août 2001) et appel 256 Inde : illégaux sur leurs propres terres (janvier 2003)

(2) Ces initiatives ont permis la création de commissions paritaires locales pour la redistribution des terres dans le Madhya Pradesh

POUR EN SAVOIR PLUS

Les européens solidaires !

Depuis quelques années, plusieurs organisations européennes (allemandes, anglaises, françaises, italiennes, suisses) ont décidé de se concerter pour améliorer l’appui qu’elles apportent à l’activité d’Ekta Parishad et plus généralement aux paysans indiens sans-terre. Chacun y apporte ses compétences pour appuyer les initiatives prises par notre partenaire indien.

Sur la toile

Le site de l’organisation indienne Ekta Parishad, pour plus d’informations sur ses activités en faveur de l’accès aux ressources naturelles

www.ekta-parishad.org

Dans la presse

Sous le titre "Rajagoapal P.V. voix des sans-terre au nom de Gandhi", le journal "Le Monde", daté du 17/01/04 a publié un portrait du fondateur et principal animateur du mouvement Ekta Parishad

ECRIVEZ !

Vous pouvez recopier le modèle de lettre ci-dessous ou le télécharger en cliquant ici.

Vous pouvez également envoyer directement un mail : cmo@ori.nic.in

N’hésitez pas à personnaliser votre courrier si vous le souhaitez.

Envoyez votre courrier au destinataire (adresse indiquée dans la lettre), sans oublier d’inscrire vos coordonnées et de signer.

Affranchissement : 0,90 € Délai de réaction : dès réception, mais pour donner plus d’ampleur à la campagne, vous pouvez la diffuser jusqu’au début du mois de mars.

PROPOSITION DE LETTRE

Shri Naveen Patnaik

Chief Minister Government of Orissa

Naveen Nivas, Aerodrome Road

Bhubaneshwar

India

/ /2004

Dear Chief Minister,

I have been informed, through Réseau Solidarité (10 quai de Richemont - 35000 Rennes France) of the issue of eviction of the tribals from their natural habitat in the state of Orissa. There are many cases of documented repressions wherein the forest officials are aiding and abetting this situation. I have also been informed that many of the industries are pressuring for land conversion. Several industries have acquired much land in the state where, at the same time, high levels of landlessness are recorded. I strongly support the land rights Satyagraha Yatra organized in Orissa by Ekta Parishad and I request that you :·

-  take the necessary preventive measures to immediately stop these evictions·

-  stop land conversions and to set up a monitoring system in which lease land can be returned to the government. The state should also ensure the local people’s participation in developing a task force for solving the land irregularities.

Yours Sincerely

TRADUCTION

Monsieur le Ministre,

J’ai été informé(e) par Réseau Solidarité (10 Quai de ...) des nombreuses expulsions de tribaux de leur habitat naturel. De nombreux cas de répression soutenue et encouragée par des agents de l’Office des Forêts ont été relevés. J’ai aussi été informé(e) du fait que de nombreuses entreprises exercent des pressions afin d’obtenir des terres. Certaines d’entre elles ont acquis beaucoup de terrains alors que dans le même temps, on recense beaucoup de " sans terre ". Je soutiens fermement la mobilisation pour le droit à la terre organisée dans l’Orissa par Ekta Parishad et je vous demande :· de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour mettre fin à ces expulsions· de stopper le développement de l’utilisation des terres à des fins industrielles et de mettre en place un système de contrôle permettant à l’Etat de récupérer ces terres . L’Etat devrait aussi assurer la participation des populations locales à la mise en œuvre d’un comité d’action chargé de régler les irrégularités de distribution et de gestion des terres.



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