Campagne FaimZéro

Campagne internationale pour le droit à l’alimentation

Peuples Solidaires, en partenariat avec ActionAid

Depuis sa création, Peuples Solidaires se mobilise auprès des organisations du Sud pour défendre les droits économiques, sociaux et culturels, parmi lesquels le droit à l’alimentation, le droit à la terre et aux ressources et le droit à la souveraineté alimentaire.

Avec ActionAid International, Peuples Solidaires s’implique désormais dans la campagne FaimZéro

Autres articles à consulter :

- Campagne pour un moratoire sur la production des agrocarburants industriels

- Action du 16 octobre 2009 (sommet de la FAO)

- Dix idées reçues au sujet de la Faim dans le monde

Vidéo :

- Une minute de bruit contre la FaimImage de prévisualisation YouTube

La Faim : un scandale qui dure

Un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde.  Ceci représente 17% de la population mondiale soit un être humain sur six.

Pourtant les moyens de nourrir la planète sont nombreux – deux fois plus qu’il n’en faut pour nourrir chaque habitant de la planète.  Mais tout le monde n’a pas accès aux aliments ou aux ressources de base nécessaires à la survie de chaque individu et de sa famille.

Conséquences :

  • Près de 16.000 enfants meurent chaque jour de faim et de problèmes connexes, soit un décès d’enfant toutes les cinq secondes.
  • Dans les pays en développement, un individu sur cinq souffre de malnutrition chronique.
  • La malnutrition chronique tue plus d’individus que les catastrophes naturelles, la maladie et la guerre.

Il y a plus de dix ans, les dirigeants de la planète se sont engagés à réduire de moitié le nombre des personnes souffrant de la faim et mal nourris dans le monde à l’horizon 2015.  Depuis dix ans, les progrès enregistrés ont toutefois été moins nombreux qu’au cours des 20 années précédentes. Les tendances récentes sont particulièrement préoccupantes. Au lieu de diminuer, la faim dans le monde ne fait que s’aggraver.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les individus continuent d’avoir faim dans nos sociétés contemporaines.  Tout d’abord, environ 70% des personnes souffrant de la faim vivent dans des régions rurales où les populations souffrent d’un accès insuffisant à la terre, à l’eau, aux engrais et aux semences.  A cela s’ajoutent des accaparements de terres, des règles commerciales injustes, la répartition des subventions et le dumping sur les prix des produits alimentaires, qui contribuent à affaiblir l’agriculture locale et sapent la sécurité alimentaire.  Plus grave encore, il n’existe aucun système qui oblige les gouvernements à remplir leurs obligations de RESPECTER, PROTEGER et APPLIQUER le DROIT A L’ALIMENTATION.

Cette situation DOIT changer.

Le Droit à l’Alimentation

« Tout individu a droit à un niveau de vie adéquat pour sa santé et son bien-être personnel ainsi que celui de sa famille, y compris à la nourriture… » (Article 25-1 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948)

En naissant, chaque individu sur cette terre a le droit de s’alimenter.  Sans aliments, nous ne pouvons grandir ni vivre.  La faim affaiblit les capacités intellectuelles, freine le développement et abaisse la productivité.  Des sociétés entières sont empêchées d’accomplir leurs potentialités.  La faim est responsable de plus de morts, au niveau planétaire, que le sida, le paludisme et la tuberculose réunis.

Depuis 1948, les Nations Unies (ONU) ont identifié l’accès à une alimentation suffisante comme étant à la fois un droit individuel et une responsabilité collective. Presque vingt ans après cette Déclaration initiale, la Convention internationale sur les Droits économiques, sociaux et culturels a repris ces idées en y ajoutant « le droit de chacun… à une alimentation adéquate » et « le droit fondamental de chaque individu à être protégé contre la faim ».  Le droit à l’alimentation est également mentionné dans la Convention sur l’Elimination et la Discrimination à l’égard des Femmes (Articles 14 g/n) et dans la Convention sur les Droits de l’Enfant (article 24c).

Il existe encore d’autres traités, déclarations, principes directeurs, conventions et codes qui établissent le cadre juridique international dans lequel le droit à l’alimentation est inscrit. Dans la pratique, les Etats qui ont adopté ces conventions sont obligés de respecter, protéger et appliquer le Droit à l’Alimentation :

  • RESPECT : les Etats doivent s’abstenir de violer le droit à l’alimentation (par exemple par le biais d’une discrimination à l’égard des femmes ou des déplacements forcés de population à partir de leurs terres).  Les gouvernements des pays industrialisés doivent aussi s’abstenir de violer consciemment ce droit fondamental (par exemple par le biais de réglementations commerciales, subventions internes, dumping) ;

  • PROTECTION : les tiers tels que multinationales ou armées doivent s’abstenir de violer les droits alimentaires ;  les gouvernements ont pour devoir de les en empêcher ;

  • APPLICATION : les Etats doivent adopter des actions concrètes afin de matérialiser le droit à l’alimentation pour tous.

La campagne FaimZéro en actions

En tant que campagne mondiale fondée sur les droits humains, FaimZERO exige des gouvernements qu’ils assument leurs engagements visant à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici 2015.

La campagne exige également des Etats, des organisations intergouvernementales et des multinationales qu’elles mettent fin à la mortalité due à la faim, en assurant un accès adéquat et durable aux denrées alimentaires.

La campagne vise plus particulièrement les objectifs suivants :

  • Renforcer la mise en œuvre contraignante du droit à l’alimentation

  • Garantir le droit des femmes à la propriété de la terre et à l’accès aux ressources naturelles

  • Empêcher les entreprises, en particulier les multinationales, de provoquer la famine en détruisant les ressources et la santé des populations pauvres et en altérant leur mode de vie.

Afin d’atteindre ces objectifs, FaimZero s’appuie sur une démarche fondée sur les droits humains et cherche à créer un réseau unique de solidarité internationale. ActionAid soutiendra activement toutes les pressions exercées au niveau politique afin de matérialiser le droit à l’alimentation pour un nombre croissant de citoyens du monde.

Les domaines d’action ciblés avec les partenaires, les communautés à la base et les soutiens au niveau national et international incluront notamment:

Pour le renforcement du droit à l’alimentation :

  • Actions en faveur de l’entrée en vigueur d’un Protocole facultatif au Pacte international sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC)

  • Campagnes pour la mise au point d’un traité international juridiquement contraignant relatif au droit à l’alimentation basé sur les principes directeurs volontaires de la FAO.

  • Campagnes au niveau national en faveur d’un droit contraignant à l’alimentation.

Pour une réforme législative et une réglementation relative au droit à la propriété de la terre et aux ressources naturelles en ce qui concerne les femmes :

  • Travail de promotion, d’éducation et organisation de campagnes afin d’assurer le respect, la protection et l’exécution du droit à la propriété de la terre par les femmes.

  • Garantir plus de terres agricoles en faveur des femmes grâce à des campagnes de réforme foncière y compris l’allocation de fonds publics pour l’acquisition et la redistribution des terres.

Pour un traité international contraignant en matière de droits humains afin de réglementer les activités des multinationales :

  • Etudier la problématique de certains secteurs commerciaux tels que les supermarchés, l’agro-alimentaire et les industries extractives afin d’identifier les abus commis à l’égard du droit à l’alimentation par les multinationales.

  • Recherche d’un accès à la justice et à la détermination des responsabilités des acteurs économiques. Recours à des stratégies de règlement des litiges et éradication des abus perpétrés par les multinationales vis-à-vis du droit à l’alimentation.



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