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50 000 PERSONNES A LA MARCHE D’OUVERTURE

La marche d'ouverture

Combien étaient-ils, tous ces hommes, toutes ces femmes, ces enfants venus du monde entier ce dimanche 5 février pour participer à Dakar, à la marche d’ouverture du Forum social mondial ? Plusieurs dizaines de milliers. Au moins 50 000, peut être plus. Un monde en marche, coloré, joyeux, qui chante et danse, un monde qui a soif de justice, de respect de ses droits, de paix, de liberté et de démocratie. Une foule immense et joyeuse, et au milieu, la délégation de Peuples solidaires entourant Irène Gunepin venue au FSM à vélo de Nancy.

L’Afrique organise, le Sénégal accueille

Les peuples africains étaient présents et majoritaires dans cette marche. Avec des délégations de tous les pays : Togo, Bénin, Gambie, Burkina où PSO compte de très nombreux partenaires, Côte d’Ivoire, Congo, Mali, Mauritanie, Maroc, Nigéria… Il était là, dans toute sa diversité, avec les matrones portant de larges et magnifiques boubous colorés, les écoliers du Sénégal en uniforme blanc et bleu, des jeunes en T shirts jaunes, noirs, rouges… Sous les caméras des médias du monde entier. Chaque délégation africaine avait sa chorale, son orchestre dominé par le rythme puissant, cadencé et énergique des Djembés, des sifflets, des tatoukaï, ces petits bâtons de bois que l’on entrechoque en cadence. Parfois, ils s’arrêtaient aux carrefours et produisaient un petit concert qui appuyait les slogans et les revendications lancées sur des pas de danse.

Un vivant cahier de doléances

Brésiliens dansant au rythme des sambas, Colombiens, et autres délégations venues en grande partie pour le rassemblement consacré à la théologie de la libération. Japonais, Australiens, Allemands, Belges, Français bien sûr, avec de nombreuses délégations, syndicalistes ouvriers et paysans, organisations de défense des droits de femmes, comités de salariés en lutte : Attac, Solidaires, Survie, PCF, CGT, lecteurs du journal la Vie, Artisans du Monde et Peuples Solidaires.

Les militants de Peuples Solidaires pendant la marche (à droite: André Perrot, Trésorier)

Cette marche fut un immense et vivant cahier de doléances des peuples du monde. Autour du slogan « Un autre monde est possible », décliné dans toutes les langues, la marche a porté les aspirations des peuples, leurs revendications légitimes, et rappelé leurs droits fondamentaux. Trois thèmes forts se sont distingués, autour de la terre, des migrants et des femmes. Autant de champs de lutte et d’espérance.

« La terre, c’est ma vie ! »

« Touche pas à notre terre ! » Derrière la banderole, des milliers de villageois et paysans venus de plusieurs pays d’Afrique et régions du Sénégal brandissent des dizaines de pancartes dénonçant avec courage l’accaparement ou la spoliation des terres de tel ou tel village, la corruption des élus locaux, la spéculation foncière, tandis que d’autres réclament le droit à disposer des semences fermières et à refuser les OGM. Ce n’est pas un hasard si ce thème est l’un des principaux du FSM et si Peuples Solidaires et ActionAid en font un cheval de bataille depuis plusieurs années. Il répond bien à une réelle préoccupation, voire une profonde inquiétude de très nombreux paysans du monde devant les prétentions, les exactions et le racket de certains pays, de fonds souverains ou de multinationales.

De nombreux calicots, slogans et banderoles réclament le droit à la liberté de circulation, une Afrique voire « un monde sans frontière » et la régularisation des sans papiers. Pas seulement en France et en Europe. Car la chasse aux immigrés n’est plus l’apanage des pays riches ou qui se prétendent « développés. » Les réfugiés Maliens et Mauritaniens protestent contre le sort qui leur est réservé au Sénégal. Au début de ce FSM, une Charte du migrant a été signée sur l’île de Goré, cette île d’où partaient les esclaves.

Les femmes en tête

« So-so-so solidarité avec les femmes du monde entier ». Tout au long de cette marche, les femmes ont été parmi les plus énergiques, les plus déterminées à défendre leurs droits, à dénoncer les violences qui leur sont faites, à réclamer l’abolition des discriminations dont elles sont victimes, à proclamer leur rôle essentiel pour la paix, l’éducation et la démocratie. A réclamer l’égalité. Elles ont mis de la joie, du chant, de la couleur dans cette marche. De la force aussi et du cœur ! Elles étaient notamment des milliers femmes à porter les revendications autour de l’accès à la terre, de sa préservation, et de l’agriculture familiale.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé !

Santé, éducation, démocratie

Outre ces trois revendications majeures, chacun avait à cœur de rappeler aux responsables politiques et économique de ce monde les besoins élémentaires de tout être humain, ses droits fondamentaux : le droit à la liberté, à la santé, à un logement correct, à la dignité de sa personne, au respect de son intégrité physique, à l’éducation, surtout pour les petites filles, au respect de ses droit économiques, sociaux et culturels, à l’indépendance et à la souveraineté des peuples, à la démocratie… Une belle illustration de l’universalité
Droits qui ne sont toujours pas respectés dans nombre de pays, et qui, dans d’autres, ayant été acquis de haute lutte par les peuples, leurs sont aujourd’hui contestés. C’est bien pour rappeler ces droits et dénoncer leurs violations que ces milliers de personnes, d’organisations et d’associations ont marché ce dimanche de février dans les rues de Dakar. Dans l’espoir d’un monde plus juste, plus fraternel et plus humain !