Le recrutement dans la rue


En 2010, Peuples Solidaires a décidé de tester un nouveau moyen de se faire connaître et de recruter des signataires-don’acteurs : le recrutement dans la rue.

Dans ce cadre, une mission va se dérouler à Rennes, St Brieuc, Laval et St Malo du samedi 20 novembre au samedi 18 décembre.

Nous souhaitons informer les militants de cette opération en toute transparence et vous proposons un temps de rencontre et d’échange le samedi 20/11 à 10 h dans nos locaux à Rennes (10 quai de Richemont, Cliquez ici pour voir le plan d’accès). Nous serons heureux de vous accueillir pour vous présenter l’action et, à l’issue de nos échanges, vous pourrez – si vous le souhaitez – aller voir comment travaille concrètement l’équipe sur le terrain.

D’ici là, nous avons rassemblé quelques réponses aux questions les plus fréquemment posées sur le recrutement dans la rue et vous en souhaitons une bonne lecture.

Qu’est-ce qu’une action de recrutement dans la rue ?


C’est une action au cours de laquelle des « recruteurs » présentent une association aux passants et les invitent à la soutenir en devenant donateur régulier. Elle se déroule généralement en centre ville et dure plusieurs semaines.

Quel type d’engagement sera proposé par Peuples Solidaires ?

Lorsqu’une personne se montrera intéressée par nos actions et acceptera de nous soutenir, il lui sera proposé de devenir don’acteur régulier et signataire des Appels Urgents.

A qui s’adressent ces actions, qui sont les nouveaux signataires-don’acteurs ?

Les recruteurs s’adressent bien évidemment à tous les passants sans aucune « discrimination » d’âge, d’origine, de sexe, etc. Toutefois, l’expérience montre que les nouveaux membres ont majoritairement entre 18 et 35 ans, qu’ils se reconnaissent dans nos engagements altermondialistes mais n’ont pas, jusqu’à présent, fait de démarche active pour s’investir dans une association.

Ces actions ne s’adressent pas aux militants avertis qui n’ont pas « attendu » d’être interpellés dans la rue pour agir. L’objectif est davantage de toucher des personnes qui partagent nos valeurs mais n’ont pas encore pris l’initiative d’agir avec nous (parce qu’ils ne nous connaissent pas, par manque de disponibilité…) et de les inciter à franchir le pas !

Pourquoi mettre en place de telles opérations ?


Pour faire connaître les Appels Urgents et nos campagnes à un public plus large :

Depuis plusieurs années, Peuples Solidaires (ses équipes, ses instances, ses groupes locaux, ses militants) est confronté à un constat récurrent : il est extrêmement difficile d’élargir notre audience au-delà de certains cercles militants et de connaissances. Dès lors, comment peut-on s’adresser à des personnes qui ont peu de chances d’entendre parler de nous par ailleurs ? Aller à leur rencontre dans la rue est une des réponses.

Pour recruter de nouveaux signataires – don’acteurs réguliers afin d’accompagner notre développement :

Notre action associative repose avant tout sur le bénévolat : Peuples Solidaires n’existe que grâce à ses 70 groupes locaux et 10 000 signataires qui agissent tous bénévolement. Toutefois, nos actions reposent aussi sur nos moyens financiers. Qu’il s’agisse des frais logistiques, des déplacements, du temps de travail, de la Caisse de solidarité, du soutien aux partenaires du Sud… Notre potentiel de solidarité est strictement proportionnel aux moyens dont nous disposons.

Grâce au volontarisme des salariés et des militants, le nombre de nos membres et nos ressources ont progressé ces 10 dernières années. Mais nous sommes encore loin d’être à l’abri des accidents (nous avons par exemple connu un déficit important en 2008) et, surtout, trop souvent contraints de restreindre nos actions pour des raisons budgétaires. Pour être à la hauteur des enjeux qui nous attendent, faire grandir le nombre de signataires-donateurs réguliers plus vite qu’il ne croît actuellement est indispensable.

Parce que la régularité des dons est très importante pour agir sur le long terme

Quand on ne connait pas à l’avance l’argent sur lequel on peut compter, il devient très difficile de prévoir les actions que nous pourrons mener.  Or la nature même de nos interventions exige d’anticiper nos moyens car même si nos mobilisations ont un caractère urgent, nous accompagnons nos partenaires sur le long terme : qu’il s’agisse de faire libérer un syndicaliste, d’obtenir un accord dans une entreprise, de soutenir une lutte pour l’accès à la terre, les négociations peuvent durer longtemps, parfois des années.

Pour saisir l’opportunité que représente l’association avec ActionAid :

Mondialiser la solidarité, tel est notre objectif à travers le rapprochement avec l’ONG internationale ActionAid, présente dans une quarantaine de pays. Après la signature d’un accord d’association en 2009, nous préparons l’étape suivante, celle de l’affiliation.

Accompagner le développement de Peuples Solidaires figure au menu de ce processus. Pendant 4 ans, le secrétariat international d’ActionAid met donc chaque année une dotation financière à notre disposition afin de nous aider à développer notre collecte de fonds. Charge à nous de l’utiliser de la manière la plus pertinente possible.

Pourquoi travailler avec un prestataire au lieu de tout faire par nous-mêmes ?


Pour que la mission ne se fasse pas au détriment de nos autres actions

Organiser et réussir une action de recrutement dans la rue nécessite de mobiliser une équipe à plein temps sur plusieurs semaines. Seules quelques grosses organisations rompues à ce mode de recrutement ont les moyens de tout gérer par elles-mêmes, mais la plupart des ONG ont rapidement constaté qu’il était préférable de travailler avec des professionnels. Car même si ce travail est très stimulant, il est également très difficile et implique un grand investissement en temps de travail, du recrutement jusqu’à l’accompagnement logistique de l’équipe pendant tout le déroulement de la mission. Il représente donc un pic d’activité auquel nous pourrions difficilement faire face seuls sans compromettre nos autres activités.


Pour utiliser au mieux les compétences de chacun

S’il s’avère plus efficace de partager les tâches avec un prestataire expérimenté, c’est également parce que celui-ci nous fournit des conseils et un savoir-faire spécifique. Présenter une association de manière claire ne s’improvise pas ! Et nombre de militants le savent déjà : la bonne volonté ne suffit pas toujours… Après s’être imprégné de nos valeurs et de notre mission, le prestataire nous aide à construire la présentation orale de Peuples Solidaires. Il nous fait également partager son expérience de la rue sur de nombreux points, comme par exemple anticiper les questions que ne manqueront pas de poser les personnes intéressées.


Qui sont les recruteurs qui seront dans la rue ?

Même s’il n’existe pas de profil type, il s’agit souvent de jeunes gens qui sont en fin d’étude. Beaucoup sont militants, désireux de travailler dans le secteur associatif et recherchent des expériences professionnelles en lien avec le milieu des ONG. Il leur est parfois « reproché » de travailler un jour au service d’une association puis, quelques mois plus tard, au service d’une autre. Mais nombre d’entre nous sont membres de plusieurs associations sans que cela ne pose de problème ! Au contraire, ces jeunes enrichissent ainsi leur connaissance du milieu associatif en général et peuvent davantage comprendre les spécificités de chacune. En tout cas, ce travail demande une telle implication qu’ils ne le font que s’ils adhèrent aux valeurs de l’association qu’ils défendent.

Puis-je être recruteur ou proposer la candidature d’un de mes proches ?

Toutes les candidatures sont bienvenues !

L’offre d’emploi (CDD) se trouve sur : http://www.coordinationsud.org/Mediateurs-mediatrices-ONG-RENNES

La sélection aura lieu dans les 15 jours qui viennent. Il faut savoir que la mission nécessite beaucoup de disponibilité et une grande aisance relationnelle.

N’y a-t-il pas des risques d’abus (discours culpabilisant, exploitation de la faiblesse de personnes vulnérables…) ?


Le risque zéro n’existe pas

Nous ne sommes jamais à l’abri de vivre une mauvaise expérience avec une personne. Toutefois, nous formerons les recruteurs sur la manière dont ils doivent présenter nos missions et ceux-ci ont par ailleurs des consignes très claires sur les règles déontologiques qu’ils doivent respecter dans la rue. Nous faisons donc notre maximum pour que l’opération se déroule dans le respect de nos valeurs.

L’essentiel n’est pas le moyen, mais la façon de l’utiliser

Les débats que nous avons eus sur les différents moyens de recrutement nous ont amenés à considérer que ce qui compte, ce n’est pas tant le mode de recrutement que la manière de l’utiliser. Le recrutement dans la rue a l’avantage d’être construit autours d’une discussion, ce qui permet au recruteur d’expliquer la dimension militante du don et d’échanger avec lui sur cet aspect.
Au final, il est sans doute possible de faire du recrutement de rue agressif tout comme il l’est de concevoir des mailings culpabilisants et manipulateurs. Car c’est le message que nous décidons de transmettre qui prévaut. En l’occurrence, il n’est pas question – ni maintenant, ni dans quelque cadre que ce soit – de l’édulcorer ou de le travestir pour « séduire » : ceux qui nous rejoindront le feront en toute connaissance de cause.

Nous téléphonons aux nouveaux membres après leur recrutement pour « vérifier » qu’il n’y a pas de problème

Si une personne réalise après coup qu’elle a eu tort de s’engager, il lui est possible d’arrêter son engagement à n’importe quel moment par un simple coup de fil, un e-mail ou un courrier (statistiquement, environ 10 % des nouveaux signataires-don’acteurs se retrouvent dans cette situation).
Afin de prendre encore davantage de précautions, nous avons décidé d’ajouter une démarche supplémentaire : nous téléphonons à tous les nouveaux membres environ un mois après leur recrutement. Ceci permet de les remercier, de faire le point avec eux sur leur engagement (nombre d’appels souhaités, intérêt éventuel pour un groupe local…) mais aussi, le cas échéant, d’arrêter le prélèvement.

Ce recrutement n’entre-t-il pas en concurrence avec celui que font les groupes locaux ?


Des modes d’engagement complémentaires

En fonction de ses disponibilités, de ses ressources, de ses motivations, une personne peut être signataire (sans contribution financière), signataire-don’actrice (signataire avec contribution financière), membre d’un groupe local… Et son engagement peut évoluer dans le temps ! Nous pensons donc qu’il n’y a pas concurrence mais complémentarité entre les différents modes de soutien et que ceux-ci se renforcent mutuellement.

Toucher un public qui dépasse l’audience traditionnelle des groupes

Par ailleurs, l’expérience montre que ce n’est pas le même public qui est concerné. Généralement, les personnes recrutées dans la rue ne sont pas les mêmes que celles qui participent aux événements locaux. Et c’est bien là tout l’intérêt : parler à un public que nous n’arrivons pas à toucher d’habitude.


Une invitation permanente à rejoindre un groupe

Enfin, les nouveaux arrivants sont informés dès leur rencontre avec les recruteurs puis ultérieurement par téléphone (cf. ci-dessus) de la possibilité de s’investir dans le groupe local le plus proche de chez eux. Tout comme c’est déjà le cas actuellement, les groupes locaux ont par ailleurs accès aux coordonnées des signataires pour les inviter aux événements qu’ils organisent.

Pourquoi avoir choisi « la rue » plutôt que d’autres moyens ?


Le recrutement dans la rue ne se fait pas à la place de nos moyen de recrutement habituels mais en plus. Au cours de l’année 2009-2010, le Conseil National – qui réunit des représentants des groupes locaux et des adhérents individuels – a étudié les différents moyens (utilisés par les autres ONG) qui s’offraient à nous pour aller à la rencontre d’un nouveau public. Il a pris les décisions suivantes.

Actions à mettre en oeuvre :

  • accompagner et renforcer le recrutement de signataires-don’acteurs par les militants : car le bouche à oreille et l’action de proximité restent privilégiés. En 2010, deux actions d’envergure ont d’ailleurs été lancées pour soutenir tous-tes celles et ceux qui, au quotidien, font connaître nos actions : « 10 000 signataires en 2010 : les groupes recrutent » (avec mise à disposition d’un kit de recrutement incluant banderoles, documentations, photos…) et l’opération « Ensemble : opération de développement 2010″ à destination des signataires (avec mise à disposition d’outils de communication)
  • faire une tournée des festivals de musique, salons associatifs, foires bio… : Festival interceltique de Lorient (56), Fête de Montreuil (93), Fête de l’Huma, Solidays et salon Marjolaine à Paris, Planète en fête à Champéon (47), Forum des droits de l’Homme à Nantes (44)… Entre 2009 et 2010, les équipes de Peuples Solidaires aidées de nombreux bénévoles ont animé des stands sur pas moins de 14 événements
  • pérenniser et renforcer les partenariats associatifs : notamment avec les Amis de la Terre (par exemple autour prix Pinocchio), CyberActeurs (pétitions en ligne) et nos partenaires historiques que sont RITIMO (réseau de centres de documentation sur la solidarité internationale) et Artisans du Monde
  • tester des opérations de recrutement dans la rue :pour voir si elles fonctionnent et si elles peuvent être compatibles avec nos missions et nos valeurs.


Actions que nous ne souhaitons pas mettre en oeuvre :

  • la « prospection » par courrier : un moyen très utilisé par les ONG consiste à réaliser des mailings pour présenter leurs actions à des donateurs potentiels. Ce moyen de toucher le public a été écarté car les adresses des personnes concernées sont obtenues par « échange de fichier », c’est-à-dire en échange des adresses de nos propres membres ! Un procédé que nous refusons étant donné notre politique très stricte en matière de protection des données qui nous sont confiées.
  • la publicité dans les médias : pour des raisons budgétaires, présenter notre association par le biais d’annonces dans les journaux ou à la radio n’est pas envisageable.
  • le recrutement par téléphone : présenter les actions de l’association par le biais de contacts téléphoniques ne correspond pas à nos modes de communication actuels.

Comme toute méthode d’approche du public, le recrutement de rue présente des avantages et des inconvénients.
Vous souhaitez en savoir plus, poser vos questions en direct ?
Un temps de rencontres et d’échange aura lieu le samedi 20/11 à 10 h dans nos locaux à Rennes (10 quai de Richemont) en présence de notre équipe et de recruteurs.