Dans le cadre de la campagne C’est pas du jeu ! Peuples Solidaires a écrit à la Fédération internationale des industriels du jouet (International Council of Toy Industries – ICTI) pour exprimer sa préoccupation quant aux violations des droits des travailleurs au sein de plusieurs usines chinoises de fabrication de jouets.
Peuples Solidaires a co-signé cette lettre avec ses partenaires chinois de la SACOM (Students and Scholars against Corporate Misbehaviour), ses partenaires européens, la plate-forme allemande Aktion Fair Spielt et les associations suédoises Swedwatch, Fair Trade Center et Swedish Consumers’ Association.
La Fédération internationale des industriels du jouet représente les intérêts de 21 fédérations nationales des industriels du jouet et entend promouvoir les normes internationales de sécurité des jouets ainsi qu’une attitude responsable à l’égard de normes sociales et environnementales reconnues. Elle dispose à ce titre d’un processus de certification – CARE (Caring, Awareness, Responsible, Ethical) - qui vise à promouvoir un mode de production éthique respectueux des conditions de travail, de la santé et de la sécurité des ouvriers de l’industrie du jouet dans le monde entier, notamment en Chine où 80% des jouets sont produits.
L’ICTI doit respecter ses engagements
Dans leur lettre, Peuples Solidaires et ses partenaires reconnaissent les efforts réalisés par l’ICTI en vue de développer un code de conduite spécifique à l’industrie du jouet. Ils rappellent cependant que les violations des droits des travailleurs dans les usines chinoises de jouets demeurent extrêmement nombreuses, y compris au sein d’entreprises certifiées via le processus CARE.
En effet, les résultats des enquêtes menées par nos partenaires chinois au sein de deux usines participant au processus CARE de l’ICTI font état de nombreuses violations : heures supplémentaires imposées et rémunérées en dessous des minimums légaux, pas de protection sociales, pas d’équipement de sécurité adéquats…
Peuples Solidaire appelle en conséquence l’ICTI à respecter ses engagements et prendre toutes les mesures nécessaires afin de s’assurer que les violations des droits humains et des droits de travailleurs ne soient pas tolérées au sein des entreprises qu’elle certifie.
Demandes adressées à l’ICTI :
1) Intégrer l’ensemble de la chaine d’approvisionnement dans processus de certification de l’ICTI
2) Impliquer les travailleurs en :
- informant les ouvriers sur leurs droits.
- organisant une double procédure de plainte (auprès des usines concernées et du processus de certification de l’ICTI).
- délivrant des formations sur le droit du travail.
- fournissant un recours effectif aux travailleurs victimes d’abus.
3) Garantir un mécanisme de contrôle indépendant du processus de certification de l’ICTI, en intégrant notamment des représentants de syndicats et d’ONG.
4) Améliorer la qualité et l’indépendance des audits menés dans les usines.
5) AmÈliorer la transparence sur l’identitÈ des multinationales participantes au processus de certification de l’ICTI
6) S’assurer que le Code de l’ICTI se réfère aux normes fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en particulier la liberté d’association et le droit à la négociation collective.
Cliquer ici pour lire la lettre adressée à M. Hassenfield, Président de l’ICTI (en anglais)






