Nouvelles de l’Appel Urgent n°328: Le syndicat d’un fournisseur turc de Carrefour et Ikea dépose une plainte à l’OIT pour discrimination syndicale

20/09/10 – Nouvelles de l’Appel Urgent n°328 “Carrefour et Ikéa bradent les droits”


La Fédération nationale des syndicats de l’habillement turque TEKSIF a décidé de déposer une plainte auprès du Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail (OTI), contre l’Etat turc. TEKSIF, soutenu par la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC), accuse la Turquie d’avoir  manqué à son obligation de faire respecter le droit d’association et la négociation collective dans son pays, dans le conflit social opposant l’usine de linge de maison Menderes au syndicat TEKSIF.

Usine de Menderes Tekstil à Denizli, en Turquie

Le 18 mai 2009, Peuples Solidaires et le Collectif Éthique sur l’étiquette lançaient un Appel Urgent (Appel Urgent n°328 “Carrefour et Ikéa bradent les droits”) pour soutenir les travailleurs syndiqués de l’usine Menderes, fournisseur de linge de maison notamment pour Ikea et Carrefour. Les ouvriers qui s’étaient affiliés au syndicat TEKSIF après que des accidents – dont un mortel -  aient eu lieu, pour faire notamment valoir leurs revendications relatives à la sécurité au travail, étaient depuis plusieurs mois victimes de graves discriminations de la part de leur direction, et plusieurs d’entre eux avaient été abusivement licenciés.
Suite à la réception de milliers de messages de protestation, Carrefour a interrogé son fournisseur sur les accusations portées contre lui par TEKSIF. Réfutant la version de TEKSIF selon laquelle les licenciements étaient liés à l’activité syndicale des travailleurs concernés, Menderes a prétendu que des raisons strictement économiques avaient motivé les licenciements. Une explication dont Carrefour a semblé se contenter…
Carrefour dit en outre avoir contrôlé les conditions sociales de fabrication de ses produits chez Menderes en y menant des audits sociaux pour vérifier l’application de sa Charte sociale. Des audits qui n’ont visiblement pas permis de détecter les violations à la liberté syndicale dont sont victimes les employés de Menderes. Pourtant, le simple fait que Menderes s’obstine, malgré les demandes répétées de Peuples Solidaires et du Collectif Ethique sur l’étiquette, à refuser de rencontrer les représentants de TEKSIF, prouve sa mauvaise foi dans cette affaire.
Les différents échanges et rencontres ayant eu lieu entre Carrefour, Peuples Solidaires et le Collectif Éthique sur l’étiquette témoignent de l’ouverture de Carrefour à la discussion. En revanche, le refus sans concession de Menderes d’engager un dialogue avec son syndicat laisse penser que Carrefour ne se montre pas suffisamment exigeant à l’égard de son fournisseur.
Ikea n’a quant à elle pas répondu aux demandes qui lui ont été adressées par les milliers de citoyens et consommateurs français, et s’est contentée de nier l’ensemble des accusations portées à l’encontre de son fournisseur.