La mobilisation des membres de Peuples Solidaires a poussé Carrefour à enquêter au sein de sa chaîne d’approvisionnement. Décryptage…
Suite au lancement de notre Appel Urgent n°338 « Chine : le négatif est de retour », la multinationale française de grande distribution nous a répondu. Elle dit prendre au sérieux le rapport d’enquête de notre partenaire le China Labor Watch et avoir réalisé une enquête interne. D’après elle, deux des usines ne sont pas ou plus ses fournisseurs et ses audits n’ont pas détecté de violations des droits des travailleurs au sein de la troisième. Des informations qui ne correspondent pas à celles que nos partenaires ont recueillies sur place et qui ne règlent pas le problème de la méthode à utiliser pour améliorer les droits de l’Homme dans la chaîne d’approvisionnement.
Xinlong Factory
L’enquête interne de Carrefour conclut à l’absence de relation commerciale entre Carrefour et Xinlong Factory, première usine mise en cause dans notre Appel. Pourtant, d’après le China Labor Watch, la direction de Xinlong Factory a elle-même confirmé que l’usine produisait pour Carrefour et en a d’ailleurs fait publiquement état dans ses annonces de recrutement.
Nanling Toys
En ce qui concerne Nanling Toys, deuxième usine mise en cause, l’enquête de Carrefour a conclu à l’absence de relation commerciale entre Carrefour et cette entreprise depuis 2008. Or, selon le China Labor Watch, Nanling Toys a confirmé travailler pour Carrefour en janvier 2010.
Kiddieland Toys
Troisième usine concernée par notre Appel, Kiddieland Toys ne présenterait, selon les résultats d’audits menés par Carrefour, « aucune non-conformité critique ». Pour le China Labor Watch et Peuples Solidaires, il est inquiétant de constater une nouvelle fois que les contraventions aux législations locales du travail et au code de conduite de Carrefour ne sont pas détectées par les audits que mène pourtant régulièrement le Groupe. Cette situation étant une constante du secteur, nous mettons depuis plusieurs années l’accent sur l’inefficacité de cette méthode pour améliorer la dignité au travail dans les filières d’approvisionnement des multinationales.
Si nous reconnaissons la bonne volonté exprimée par le groupe Carrefour, qui a doublé le nombre de ses audits en Chine depuis 2008, il nous semble toutefois d’autant plus urgent et important d’identifier les causes des lacunes constatées et d’en tirer des conséquences.
De manière générale, nos partenaires à travers le monde mettent en cause les pratiques d’approvisionnement des entreprises donneuses d’ordre, en particulier les prix à la commande bien trop bas pour permettre des conditions de travail dignes en bout de chaîne.
Si l’entreprise Carrefour souhaite effectivement que la dignité au travail soit respectée dans sa chaine d’approvisionnement en Chine, elle doit donc aller au-delà des simples enquêtes internes et contacter le China Labor Watch pour discuter des mesures à prendre afin d’améliorer son système de vérification des conditions de travail et ses pratiques d’approvisionnement.








