Pétition pour des conditions de travail décentes dans l’industrie du jouet : 13 000 signatures européen-ne-s !


 

13 000 citoyen-ne-s et consomateurs-trices europée-ne-s ont signé la pétition adressée à l'ICTI

La pétition lancée par Peuples Solidaires et ses partenaires européens en novembre 2010 et adressée à la Fédération internationale des industries du jouet a été signée par près de 13.000 citoyen-ne-s et consomateurs-trices europée-ne-s désireux-euses  de voir s’améliorer les conditions de travail des ouvriers-ères du jouet en Chine.

Peuples Solidaires accueille positivement la poursuite du dialogue engagé avec l’ICTI sur la base de cette pétition mais considère que les réponses apportées aux signataires ne sont pas satisfaisantes.

 

 

 


Le 12 avril 2011, les partenaires européens de la campagne «C’est pas du Jeu! », dont Peuples Solidaires, ont remis 12 794 pétitions signées au directeur de la Fondation « CARE » de l’ICTI,  chargée de superviser l’application du programme de certification des usines de jouets dit « CARE Process »
Peuples Solidaires remercie chaleureusement les 8 770 français-e-s qui ont participé à cet effort collectif et interpellé l’ICTI pour exiger l’amélioration des conditions de travail dans l’industrie du jouet.

 

Le directeur de la Fondation « CARE » de l’ICTI s’est dit impressionné par le nombre de signataires et a admis que les demandes formulées dans la pétition  méritaient d’être sérieusement prises en considération. Il a tenu a rappeler que la fondation CARE de l’ICTI travaillait déjà sur certaines des demandes de la campagne « C’est pas du jeu » et s’est engagé à s’assurer que des exemplaires de la pétition seraient remis au Bureau de l’ICTI afin que les points soulevés soient inscrits à l’ordre du jour de leur prochaine réunion en juin 2011.  Ces demandes devraient donc être discutées parmi les membres du Bureau de l’ICTI à cette occasion.

Concernant les quatre demandes de la Pétition

 

1) Pour que les ouvrier-ères reçoivent un salaire vital (plutôt qu’un salaire minimum)

L’ICTI dit comprendre la différence mais ne se sent pas légitime pour défendre le concept de salaire vital tant qu’il n’existe pas de définition reconnue par les autorités chinoise.

Peuples Solidaires considère que la  Responsabilité sociale des entreprises (RSE) consiste justement à appliquer des règles qui aillent au-delà de ce qu’exige la législation nationale, notamment lorsque celle-ci ne respecte pas les normes internationales du travail. Il est impératif que l’ICTI s’inscrive dans une démarche de progrès afin de permettre aux ouvriers-ères du jouet de toucher un salaire décent.

 

2) Pour que les ouvrier-ères ne travaillent pas plus d’heures que ce que prévoit la loi chinoise du travail

L’ICTI reconnait qu’il s’agit d’un défi mais considère qu’à partir du moment où ce sont les ouvriers-ères eux-elles-mêmes, et notamment les migrant-e-s, qui demandent à effectuer des heures supplémentaires, il est difficile de réguler davantage la question du temps de travail.

Le salaire minimum légal en Chine, lorsqu’il est respecté, ne permet pas aux ouvriers-ères de vivre décemment. L’ICTI devrait davantage tenir compte de cette réalité qui contraint les travaiilleurs-euses à effectuer des heures supplémentaires atteindre un niveau de salaire suffisant pour vivre.

 

3) Pour que les entreprises membres changent leurs pratiques d’approvisionnement en payant davantage et en prévoyant des délais plus longs pour la fabrication des jouets ;

L’ICTI reconnait la pression exercée par les multinationales du jouet sur leurs fournisseurs et admet que le rôle de sa Fondation consiste à s’assurer que cette pression ne se répercute pas sur les ouvriers-ères en bout de chaîne. Un programme pilote visant à sensibiliser les entreprises donneuses d’ordre des risques que leurs  pratiques d’approvisionnement font peser sur les droits des travailleurs est en cours.

Cette reconnaissance constitue clairement un pas en avant. Toutefois, il est paradoxal que l’ICTI, malgré cette reconnaissance,  ne prenne pas de mesures permettant un réel changement dans les pratiques d’approvisionnement des ses membres.

 

4) Pour que les violations des droits des travailleurs-ses ne soient tolérées à aucun niveau de la chaîne d’approvisionnement.

La Fondation CARE de l’ICTI  admet que les programmes de certification doivent également tenir compte des sous-traitants des fournisseurs afin que l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement soit considérée lorsqu’il s’agit d’améliorer les conditions de travail des ouvriers-ères.

Admettre ses faiblesses est une chose, en tirer les leçons en est une autre. Il est temps que l’ICTI joigne le geste à la parole !

 

Monsieur Nounours, ambassadeur de la pétition

Peuples Solidaires est heureux de constater que la Fondation CARE de l’ICTI considère les demandes qui lui ont été adressées via les 13 000 citoyen-ne-s europée-ne-s signataires de la Pétition. Nous regrettons toutefois  un engagement –  tant de l’ICTI que de sa Fondation – qui demeure limité et continuerons donc à nous mobiliser afin que soient respectés les droits des travailleurs-euses chinois-e-s de l’industrie du jouet.