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Peuples Solidaires/ActionAid aborde les enjeux agricoles avec les négociateurs du G20

Le 30 septembre, Peuples Solidaires/ActionAid participera à une rencontre entre la société civile et les négociateurs en chef du G20 (les « sherpas »), afin d’évoquer ses attentes s’agissant de l’agriculture et la lutte contre la faim.

Cette rencontre nous permettra d’influencer certains éléments, toujours en suspens, de la déclaration finale qui sera adoptée lors du Sommet de Cannes. C’est le cas par exemple de la réglementation des marchés de matières premières agricoles, indispensable aujourd’hui pour réduire la volatilité et l’augmentation des prix des produits agricoles, qui plongent dans la faim et la pauvreté des millions de personnes. Par ailleurs, nous souhaitons aborder les questions qui fâchent, et sur lesquelles les pays du G20 ne sont pas parvenus à se mettre d’accord. C’est le cas des agro-carburants, pourtant identifiés comme une cause importante de l’augmentation des prix agricoles par l’ensemble des organisations internationales qui se sont penchées sur cette question. En utilisant des produits agricoles pour fabriquer du carburant, on diminue la quantité de produits destinés à l’alimentation, ce qui contribue à augmenter leur prix. « Comme le G20 compte les principaux Etats producteurs et consommateurs d’agro-carburants, il a choisi l’inaction et le statu quo dans ce domaine. Pendant ce temps, les gens meurent de faim… », a conclu Antoine Bouhey, chargé de la souveraineté alimentaire chez Peuples Solidaires/ActionAid.

Une autre question qui ne fait pas consensus est celle des réserves alimentaires : si les pays du G20 se sont mis d’accord pour que des réserves alimentaires d’urgence soient établies en Afrique de l’Ouest pour pouvoir répondre à une crise alimentaire, ils n’ont pas pu se prononcer en faveur de réserves nationales et régionales permettant de stabiliser les prix et de soutenir les producteurs locaux en s’approvisionnant auprès d’eux. « Pourquoi ? Par crainte que de telles réserves distordent les règles de la concurrence et du libre commerce. Nous voulons leur rappeler que le droit à l’alimentation doit prévaloir sur ce type de considérations. Cette rencontre avec les sherpas en sera pour nous l’occasion », a ajouté Isabelle Brachet, chargée de la campagne G20 chez Peuples Solidaires/ActionAid.

Enfin, nous voulons inciter les Etats du G20, qui sont les pays les plus riches et les plus  puissants au monde, à consacrer davantage de ressources au soutien des petits producteurs dans les pays en développement. Il existe pour cela des canaux établis à l’initiative du G20 lui-même, tel le GAFSP. « Mais il faut aujourd’hui de l’argent, car le GAFSP manque cruellement de ressources. Le G20 porte une responsabilité particulière à cet égard », a conclu Antoine Bouhey, de Peuples Solidaires/ActionAid.