Pour un développement solidaire de tous les peuples
Charte adoptée par l’assemblée générale le 7 octobre 1984, actualisée le 20 décembre 2004
LE MAL-DEVELOPPEMENT CONCERNE TOUS LES PEUPLES, ICI ET LA-BAS
Après quatre « décennies de développement », la faim dans le monde n’a pas, globalement, reculé. Dans la plupart des pays pauvres, les ressources alimentaires disponibles par habitant stagnent ou même diminuent. Un nombre croissant de paysans, dépossédés de leurs terres ou dans l’impossibilité d’en tirer une production suffisante, vont s’entasser dans des bidonvilles ou sont contraints d’émigrer vers les « pays riches ».
A la faveur de cette concentration de la propriété de la terre et d’une industrialisation souvent trop rapide et mal conçue, des minorités privilégiées s’enrichissent. Dans le même temps, l’endettement de la plupart des pays du Sud augmente et leur dépendance s’aggrave. Cet endettement et cette dépendance sont, pour une part importante dus aux achats d’armements. Les ressources naturelles des pays pauvres sont souvent surexploitées, voire gaspillées ou saccagées pour des profits, des objectifs ou des ambitions sans liens directs avec les besoins fondamentaux des populations. La multiplication des échanges internationaux, loin d’atténuer les inégalités, contribue à les accentuer, car, à ce jeu, les plus faibles sont toujours perdants.
Notre développement à l’occidentale peut d’autant moins être proposé comme modèle unique et parfait qu’il est lui-même, de façon évidente, source d’un autre mal-développement. Certes, l’apport de l’Occident dans le domaine des sciences et des techniques est indéniable. Mais les sociétés industrialisées sont en crise : chômage, apparition de nouvelles pauvretés, déséquilibre croissant des villes par rapport aux campagnes, concurrence exacerbée entre individus et entre groupes sociaux, montée des corporatismes, gaspillage des ressources naturelles, pollution, déséquilibres dans la consommation, croissance démesurée de la production et des ventes d’armes.
L’imitation globale d’un modèle ne peut conduire ces pays que dans l’impasse.


Charte