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Sommet de Rome sur la sécurité alimentaire

Du 11 au 16 octobre, la première réunion du Comité sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA) rénové a réuni autour de la table Etats, organisations internationales et représentants de la société civile (organisations paysannes, ONGs…) dans une ambiance studieuse et portée sur le dialogue. Peuples Solidaires était présent parmi les organisations pour défendre la souveraineté alimentaire et soutenir la voix des organisations qui défendent les droits des paysan-ne-s dans les pays du Sud.

Les efforts des différents pays dans leur lutte contre la faim ont été évalué par Peuples Solidaires et ses partenaires: les résultats sont très mauvais. La France n’obtient selon notre évaluation (disponible ici) qu’une note de 28/100 et se classe au 9ème rang parmi les pays de l’OCDE-CAD (Comité d’aide au développement). Malgré les effets d’annonce présidentiels, la politique française est loin d’être un modèle. Comme celle de nombreux pays riches, elle contribue plutôt à aggraver la crise alimentaire mondiale par des politiques insuffisantes et inadaptées. Cette pétition va donc contribuer à faire prendre conscience aux dirigeants français de leur responsabilité dans le cadre du sommet de Rome sur la sécurité alimentaire.

 

Le CSA, sorte de Conseil de sécurité des Nations Unies pour l’alimentation, a pour rôle de mettre en cohérence les politiques de tous les acteurs internationaux en matière agricole et alimentaire, et de se pencher sur les problèmes les plus urgents qui font qu’aujourd’hui encore, 1 milliard de personnes souffrent de la faim. Parmi ceux-ci, le CSA devait travailler sur les questions des accaparements de terres et de volatilité des prix de la nourriture, qui ont toutes les deux des impacts négatifs graves sur les agricultures paysannes et familiales. La communauté internationale a fait preuve d’une réelle volonté politique pour apporter des réponses rapides au fléau des accaparements de terres. Toutefois, des dissensions subsistent entre l’approche libérale qui favorise une agriculture intensive d’exportation au détriment des agricultures familiales et celle défendue par Peuples Solidaires et les organisations de la société civile. Après s’être réunies durant le week-end pour définir leurs positions, ces dernières ont proposé:

  • un moratoire sur les acquisitions de terres à grande échelle, qui ont un impact massif sur la sécurité alimentaire des plus pauvres, en particulier les femmes ;
  • un soutien clair du CSA sur le processus d’adoption des Directives volontaires sur la tenure de la terre (les Directives), et non aux Principes directeurs pour des  investissements responsables (les Principes) dans l’agriculture élaborés par la Banque mondiale et d’autres organisations internationales.
  • la prise en compte en matière foncière de la convention internationale ICAARD (Conférence internationale sur la réforme agraire et le développement rural) et des autres textes de droit international appropriés (IAASTD, Pacte international sur les Droits économiques sociaux et culturels), rejoignant les positions des gouvernements d’Amérique latine.
Parmi les tenants d’une approche bien plus libérale, les pays du golfe (Qatar, Arabie Saoudite) et les pays anglo-saxons (États Unis, Royaume-Uni) ont voulu faire du soutien aux investissements dans l’agriculture un axe primordial et ont plaidé pour la recherche de compromis « gagnant – gagnant » pour les communautés rurales et les investisseurs. Une expression séduisante qui cache mal l’asymétrie des forces en présence dans ce genre de contrats, comme le montrent nos récents appels urgents avec nos partenaires du Cameroun ou du Kenya.

Danses et défilé pour la campagne FaimZéro au Kenya à la journée mondiale de l’alimentation (16 octobre 2009 – Kenya © Riccardo Gangale/ActionAid)

La déclaration finale

Négociée par les gouvernements et les ONGs, dont Peuples Solidaires, jusqu’à tard dans la nuit, la déclaration finale du CSA signale de réelles avancées concernant les accaparements des terres, même si elle reste loin du moratoire que la société civile défendait. Elle permet tout d’abord de faire accélérer le travail sur les Directives, qui seront adoptées lors de la prochaine session du CSA en octobre 2011 à la suite d’une négociation inter-gouvernementale à laquelle la société civile pourra participier.
Les Principes seront quant à eux retravaillés par le CSA, à la demande des pays d’Afrique et d’Asie et suite aux doutes émis par la société civile quant à la pertinence de travailler dans le cadre défini par la Banque mondiale.
Le CSA a également mandaté un panel d’experts de haut niveau pour qu’ils déterminent les avantages sociaux, économiques, environnementaux et d’égalité hommes-femmes de l’agriculture paysanne et familiale face à l’agriculture intensive. De premiers pas que la société civile doit exploiter pour lutter partout contre les accaparements qui se font contre les intérêts des populations et la souveraineté alimentaire!

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