Promesses non tenues et incohérence entre les objectifs énoncés et les moyens mis en place : c’est ce qui aura caractérisé le G8 de Deauville.
Une quarantaine de représentants de la société civile ont été accrédités au Sommet du G8 à Deauville, les 26 et 27 mai. Peuples Solidaires et ActionAid ont ainsi pu accéder au centre des médias, d’où nos organisations ont suivi de près les discussions qui se tenaient entre les chefs d’Etat des huit pays concernés. Cela nous a permis de réagir immédiatement aux décisions prises lors de ce Sommet, d’en décrypter les enjeux et de partager nos points de vue avec les médias suivant ce Sommet.
Un ordre du jour touffu
L’agenda de ce Sommet allait du commerce mondial à la guerre en Libye, en passant par la lutte contre le terrorisme, la sûreté nucléaire, le changement climatique ou l’internet. Cependant, c’est le « printemps arabe » qui a capté le plus l’attention des médias, le G8 ayant décidé de soutenir ce mouvement pour les libertés et la justice sociale.
Des promesses non tenues
Dans ce contexte, les enjeux liés à la sécurité alimentaire et à l’aide au développement en général ont occupé une place marginale. Les pays du G8 avaient pris des engagements importants au titre de l’Initiative de l’Aquila pour la Sécurité Alimentaire, en Italie, en 2009. Force est de constater aujourd’hui que ces promesses n’ont pas été tenues.
Les dirigeants du G8 ont admis leur faiblesse dans la mise en œuvre de ces engagements, en concédant que seuls 22% des 22 milliards de dollars promis ont été dépensés, à seulement un an du terme de cette initiative. Bien que la déclaration finale du G8 réitère que l’ensemble des sommes promises sera versé dans le délai prévu (donc en principe d’ici 2012), les promesses non tenues à ce jour augurent mal de la suite…
Poussés par les ONG, et notamment Peuples Solidaires/ActionAid, les Etats du G8 se sont engagés dans la déclaration finale à améliorer la transparence et la qualité de leur reporting sur les actions financées au travers de l’initiative de L’Aquila, ainsi que sur leur impact. Ce sera l’année prochaine à la présidence américaine du G8 d’ouvrir ce chantier.
Printemps arabe : vieilles recettes aux relents nauséabonds
Quant au soutien au printemps arabe… Si l’objectif déclaré est louable, les solutions préconisées ont des relents nauséabonds : il s’agit de proposer à la Tunisie et à l’Egypte les vieilles recettes du G8 – des prêts qui endetteront encore davantage ces pays, assortis des conditions habituelles imposées par le FMI et la Banque mondiale, qui creusent les inégalités et laminent les droits sociaux. Le G8 ne s’est même pas engagé à effacer la dette de ces pays ! Un bémol toutefois : le G8 reconnaît expressément que la société civile de ces pays doit être impliquée dans la mise en œuvre des engagements pris à Deauville, reconnaissant par là que les gouvernements illégitimes ne peuvent plus être le seul interlocuteur. Toutefois, le fait que cette société civile n’a aucunement été consultée dans le cadre de la préparation des discussions relatives au printemps arabe jette une fois de plus un doute sérieux sur la sincérité de cet engagement.













