Togo : manifestation de solidarité pour les travailleurs-euses de la zone franche de Lomé

02/05/2011 – Nouvelles de l’Appel Urgent 334 « Togo: zone franche, zone de non droit »


La mise en place d’une commission interministérielle par le gouvernement togolais n’a jusqu’à ce jour pas permis de trouver une solution au problème des 120 membres du personnel injustement licenciés par la direction de l’entreprise Sprukfield pour fait de grève. Face à cette impasse, le 16 avril 2011, près de 2000 travailleurs-euses de la zone franche de Lomé ont crié leur désarroi et demandé l’ouverture d’un véritable dialogue.

 

Selon le Collectif, depuis le licenciement massif des travailleurs-euses de Sprukfield, les conditions de vie et de travail des salarié-e-s de l’ensemble de la zone franche de Lomé se sont précarisées. Malgré la mise en place d’une commission interministérielle et en dépit de la promesse du Premier ministre de s’impliquer personnellement dans la résolution du conflit, le gouvernement togolais ne semble pas prendre au sérieux les revendications des victimes.

 

Le samedi 16 avril,  environ 2000 travailleurs-euses de la Zone franche industrielle de Lomé ont donc manifesté leur mécontentement vis-à-vis de leurs conditions de vie et de travail. Les manifestants ont notamment exigé la réintégration des 120 salariés licenciés depuis plus cinq mois. Réuni en Assemblée générale le même jour, le Collectif des syndicats des travailleurs de la zone franche – sous l’égide de notre partenaire, Solidarité Action pour un Développement Durable (SADD) et après analyse de leur condition de vie et de travail – a lancé à travers une déclaration commune un vibrant appel au gouvernement togolais à prendre des mesures adéquates pour que le travail décent devienne une réalité dans la zone franche et dans tous les secteurs d’activité au Togo.
La déclaration lue par M. Kodjovi Jean Agbanan, porte-parole du Collectif, indique que le Directeur de Sprukfield a orchestré une campagne de désinformation visant à faire croire à l’opinion nationale et internationale que les travailleurs-euses licencié-e-s ont volontairement renoncé à leur travail. La direction de l’entreprise a également procédé à la réintégration, sous des conditions jugées inacceptables par le Collectif, de certain-ne-s grévistes, ceci en violation des dispositions légales en vigueur.


« Malgré les actions multiformes des organisations syndicales et des droits de l’Homme, les rencontres avec la presse et les milliers de courriers de protestations envoyés de par le monde au Premier ministre, Le statu quo persiste », a indiqué le porte-parole et secrétaire général du Syndicat National des Travailleurs de la Zone franche.

 

Dans sa déclaration, le Collectif rappelle à la direction de Sprukfield que « les travailleurs-euses ne se laisseront pas distraire par quelques manœuvres que ce soient et que des protestations et des actions multiformes pour la réintégration sans conditions des 120 travailleurs-euses abusivement licencié-e-s se poursuivront jusqu’à obtenir satisfaction »


Parallèlement, Peuples Solidaires et l’ensemble des organisations de défense des droits de l’Homme et de solidarité internationale impliquées restent également mobilisées et soutiennent les actions de leurs partenaires au Togo.