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Une ex-ouvrière de Mattel témoigne de l’exploitation dont elle a été victime

 

Peuples Solidaires a organisé une conférence de presse à laquelle ont été invitées une représentante d’ONG chinoise et une ex-ouvrière de Mattel. Elles ont pu apporter leurs témoignages avant de participer à l’action de rue « Barbie fabriquée en enfer », en plein cœur de Paris.

 

« En tout je travaillais 11 à 12 heures par jour, six jours par semaine (…). Pour aller aux toilettes, nous devions présenter une carte aux contremaîtres : nous avions en tout et pour tout, une à deux cartes par ligne de production », témoigne Feng Yu, ex-ouvrière d’un sous-traitant de Mattel. Cette anecdote est représentative de ce que vivent les ouvrières dans leur vie professionnelle quotidienne : salaires de misère, heures supplémentaires impayées, non respect du seuil légal de temps de travail, absence de liberté syndicale.

 

Autant de faits sur lesquels les multinationales restent silencieuses, se cachant derrière la multiplication d’engagements soit disant « éthiques » – Code de bonne conduite, chartes, adhésion au CARE process (programme social) de la Fédération internationale des jouets etc. – engagements qui ne sont ni contrôlés de manière indépendante, ni appliqués de manière transparente.

 

Cette transparence pourtant, les Français-ses la demandent ! Selon les résultats d’un sondage publié par Peuples Solidaires, 83% d’entres elles-eux déclarent souhaiter en savoir davantage sur les conditions de production des jouets qu’ils achètent. Et 57% se déclarent prêt-e-s à acheter leurs jouets plus chers s’ils-elles ont l’assurance qu’ils ont été fabriqués de manière éthique. Face à la réticence des entreprises à produire des jouets éthiques – dont ils prétendent que cela leur coûterait plus cher – le sondage montre qu’au contraire, il existe une forte attente des consommateurs-trices.

 

Debby Chan (ci-contre), représentante de la SACOM*, perçoit véritablement les entreprises comme « un levier d’action important si l’on veut faire cesser ces multiples violations des droits des ouvrières ». Car leurs conditions de travail sont intimement liées aux contraintes imposées par les multinationales à leurs sous-traitants et leurs fournisseurs. Prix d’achat au rabais, délais de livraison trop courts : ce cocktail devient détonnant en amont de la période de Noël où, plus que jamais, la pression est mise sur les ouvrières pour produire, en un temps record, les millions de jouets qui seront écoulés dans le monde. Debby appelle les Français-ses à signer l’Appel Urgent que Peuples Solidaires a lancé dans le but de mettre tous les acteurs de la filière jouet autour de la table.

 

*SACOM : (Etudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises) ONG chinoise, partenaire de Peuples Solidaires, qui lutte pour l’amélioration des conditions de travail des ouvrier-ère-s en Chine et notamment dans l’industrie du jouet.

 

Retrouvez la vidéo de l’action en cliquant ici.